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Barbarie.Avril.2011 .pdf



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Avril 2011

Master Affaires européennes - Paris-Sorbonne IV

© Ponts Formation Edition

L' Europe sera-t-elle
plus verte en 2011 ?
• L' UE et les révolutions arabes
• Nationalism on the rise
• L'inégalité salariale : un échec de la politique européenne ?

Sommaire

Edito
Le printemps, signe de renouveau au MAES !

Compte-rendu de conférence
- Faut-il croire en l'Europe ?
Dossier - L'Europe sera-t-elle plus verte en 2011 ?
• Un souffle d'optimisme à mi-chemin entre Cancun et Durban
Hambourg, l'hyperactive propre
• Interview
Brendan Coolsaet, représentant de la jeunesse flamande pour
le changement climatique
• Remise en cause du nucléaire en Europe ?
Eurêka! La crise économique rend l'Espagne écolo
• Le gaz de schiste : une fausse bonne idée en Europe
Politique
- UE et révolutions arabes : "Nain politique tu es, asticot militaire tu
demeureras"

De nouveaux barbares ont pris le contrôle du Master Affaires Européennes de la Sorbonne. Jeunes
pousses intéressées de près ou de loin au journalisme et à l’actualité européenne, ils vous ont
concocté avec soins et tâtonnements ce premier numéro de Barbarie promo 2012.
Hasard de l’actualité, sur fond de révolutions arabes et catastrophe naturelle au Japon, les
jeunes barbares que nous sommes ont commencé à s’atteler à cette tâche passionnante qu’est la
transmission de l’actualité au niveau communautaire au moment où, pour le meilleur ou pour le
pire, l’information a subi des transformations tant dans sa forme que dans son fond et sa finalité.
En effet, alors que les médias sont depuis toujours vecteurs d’idées nouvelles, ils ont cet hiver
franchi un nouveau pas qualitatif en terme de vitesse de transmission d’images et de messages
qui
a
eu
d’importantes
conséquences
pour
le
monde.
La première arme des révolutionnaires tunisiens et égyptiens n’était-elle pas twitter ? Une des
mesures promises par le dictateur syrien Baschar el-Hassad n’était-elle pas d’autoriser son peuple
à utiliser facebook afin de montrer la libéralisation politique de son pays ? Les images du
tremblement de terre suivi du tsunami japonais filmées en direct par des professionnels ont elles
alimenté
YouTube
et
le
combat
des
écologistes
contre
le
nucléaire.
Bref, comme l’information, Barbarie a un peu changé. Notre promotion s’est appropriée le travail
effectué il y a un an par nos aînés et nous les remercions d’avoir créé ce journal. En attendant
que nos successeurs vous proposent une version de Barbarie entièrement numérisée et digne de la
génération
2.0
que
nous
sommes,
bonne
lecture
!
Maud Koetschet

- L'inégalité salariale : un échec de la politique européenne?
- Nationalism on the rise
Economie
- Un semestre pour repenser la gouvernance économique européenne
Culture
- Agenda d'Avril
- Cinéma - "We want sex equality"

Rédactrice en chef
Equipe permanente de rédaction
Ont collaboré à ce numéro
Barbarie - Journal du Master Affaires européennes de Paris-IV
www.affaireseuropeennes.eu

1

2

Compte-rendu de conférence
par Marion Lecoq

Faut-il croire
en l’Europe ?
Conférence-débat tenue le 12 Mars 2011 à
l’ESCP Europe, 11ème arrondissement - Paris.
A l’occasion des portes ouvertes de l’ESCP
Europe, l’association étudiante Tribunes a
invité
Thomas
Houdaille,
secrétaire
général d’EuropaNova, et Emilie Louis,
rédactrice en chef du site Internet
Touteleurope.eu, pour une conférencedébat sur la crise de confiance que connait
l’Europe
aujourd’hui.
Après une courte présentation des parcours
personnels et des postes occupés par les
deux conférenciers invités, Mr Houdaille se
lance dans le vif du sujet, en reconnaissant
que l’Europe se trouve aujourd’hui à un
véritable tournant. Auparavant, l’Europe
était
synonyme
de
prospérité,
d’élargissements et de développement
accéléré grâce à l’aide apportée aux pays du
Sud. Le modèle européen de société était
basé sur l’innovation, l’investissement. On
ouvrait les frontières à l’immigration pour
pallier le problème déjà sous-jacent du
vieillissement de la population, etc.
Aujourd’hui,
le
contexte
de
crise
économique et politique conduit l’Union
européenne à faire face à de grands défis
que ses membres semblent avoir du mal à
relever de façon commune.
Retrouver un leadership mondial
Malgré ce contexte difficile, Mr Houdaille
rappelle qu’on a jamais autant parlé de
l’Europe. Cette dernière est aujourd’hui
face à un choix qu’elle se doit de faire au
plus vite : soit les européens choisissent de
ne pas trouver de solution collective, auquel
cas ils créeront une « Europe musée », soit
ils décident au contraire d’être davantage

3

acteurs que spectateurs et d’adopter une
vision collective ambitieuse permettant à
l’Europe de retrouver sa place dans le
monde. Il ne s’agit pas de développer un
impérialisme européen mais bien de
retrouver un poids suffisant pour être une
locomotive du progrès.
Comme chaque organisme malade,l’Europe
peut développer des anticorps qui lui
épargneront une rechute
Mlle Louis prend ensuite la parole pour
souligner que de son point de vue, la crise
constitue un avantage pour l’Europe dans la
mesure où elle permet une réflexion sur la
gouvernance européenne, et donc une
avancée dans la construction de l’Union.
L’Europe politique est en crise, son
existence réelle n’est pas évidente pour les
opinions publiques nationales. Mais cette
crise révèle plus que jamais le besoin d’aide
mutuelle des pays membres. Mlle Louis est
d’avis que des discours comme celui qui
préconise une sortie de l’euro n’ont pas lieu
d’être, car la monnaie unique représente
malgré tout une grande réussite de l’Europe.
Il faut selon elle laisser le temps au projet
européen de se réaliser, en rappelant
qu’aujourd’hui les citoyens ne sont pas
encore prêts à imaginer une réelle
fédération européenne.
La base : l’information
Afin de répondre à la question d’une
étudiante de l’ESCP quant aux solutions à
proposer pour
impliquer davantage les
citoyens, et remédier justement à cette
crise de confiance, Mlle Louis évoque
l’existence de sites Internet comme celui
dont elle est responsable - Touteleurope.eu , et dont la mission première est d’informer
les citoyens. Elle explique ensuite que le
manque de confiance des populations est dû
aux déceptions qu’elles subissent de façon
concrète : le Parlement annonce une loi sur
l’harmonisation des congés maternité en
Europe, les citoyens s’en réjouissent et

s’attendent à voir rapidement les effets du vote
de cette loi sur leur quotidien. Cependant, ils
ignorent que le projet de loi doit d’abord être
renvoyé au Conseil dans le cadre du principe de
codécision et que le processus est beaucoup plus
complexe qu’il n’y paraît. D’où la nécessité
d’information.
Une crise de leadership
Mr Houdaille revient ensuite sur la notion de
déficit démocratique et nuance le terme en
avouant que pour lui, ce phénomène n’est pas
vraiment le cœur du problème de la crise
politique que connaît l’Europe aujourd’hui.
Certes, la gouvernance européennereste loin des
citoyens et le taux d’abstention important aux
élections en témoigne. Mais pour comprendre le
déficit démocratique, il faut surtout rappeler
qu’actuellement, l’Europe souffre d’un manque
criant de leaders d’opinion. L’Europe n’est plus
incarnée par des personnalités à forte volonté
politique, que ce soit au niveau de l’Union ellemême ou au niveau des Etats. Le projet
européen n’est plus porté par un leadership fort.
Mlle Louis rappelle alors le choix délibéré de
personnalités effacées aux nouveaux postes
importants des institutions de l’UE, comme le
montre notamment les nominations d’Herman
Von
Rompuy
ou
de Catherine Ashton.
Trouver des solutions à plusieurs
Les deux conférenciers s’accordent sur le fait
que compte tenu des enjeux globaux actuels,
une mutualisation des efforts est de toute façon
nécessaire. Dans un contexte de déséquilibres,
de perte de repères et de défiance vis-à-vis de
l’avenir, le projet européen doit être affirmé
comme le seul à pouvoir apporter des solutions
futures. Le projet européen est humaniste,
porteur d’espoir car fondé sur des valeurs. Son
inconvénient est d’être proposé de façon
maladroite aux citoyens. D’où le sentiment
d’urgence face à la nécessité de prendre les
devants.
Les politiques européennes doivent
impérativement être reprises au niveau national
pour informer les citoyens des Etats-membres et
les impliquer dans l’avenir de l’Union. Cela passe
d’abord par l’éducation, mais aussi par la
résolution de la question des ressources propres

de l’Union. Des moyens de financement propres
et
indépendants
des
Etats-membres
permettraient en effet à l’Europe de disposer
d’un budget plus important et de réaliser
davantage de projets concrets. Mlle Louis
regrette par ailleurs le manque de budget des
rédactions en France responsables de la diffusion
des informations sur l’Europe, en rappelant que
les correspondants français à Bruxelles sont
beaucoup moins nombreux que leurs homologues
européens. Selon elle, une prise de conscience
de la part des nouveaux pays membres de
l’Union est elle aussi nécessaire pour la mise en
place d’une dynamique à 27, dans une Europe
aujourd’hui
encore
trop
bilatérale.
Enfin, selon Mr Houdaille, les think-tank – ces
groupes d’experts qui forment des laboratoires
d’idées dans le domaine des politiques publiques
– doivent jouer un rôle important dans la
création de promotions de young-leaders
capables de développer le projet européen. Les
organismes tels qu’EuropaNova participent ainsi
à la création de réseaux d’influence européens,
indispensables pour assurer l’avenir de l’Europe
politique.
Pour conclure cette conférence, Thomas
Houdaille insiste sur la nécessité de restaurer la
confiance en l’euro et en l’Europe avant tout par
la communication. Le côté positif du projet
européen doit être prouvé par la mise en valeur
de ses réalisations concrètes encore méconnues
des citoyens. Il termine par citer un proverbe
africain qui dit « si tu veux aller vite, vas-y tout
seul, si tu veux aller loin, vas-y à plusieurs… »
••

Retrouvez le programme des
conférences organisées par la
Maison
de
l'Europe
dans
l'Agenda du mois d'avril...

4

Un souffle d’optimisme
D
O
à mi-chemin entre Cancun et Durban
S
S
I par Maud Koetschet
E
R
Afin de concourir au statut de leader mondial en matière d’environnement, l’Union
Européenne n’avait pas le droit à l’erreur à Cancun, après un épisode danois raté. Bilan et
prévisions à froid, pour un climat qui se réchauffe toujours.
A la veille de la 16eme conférence des
Nations Unies sur le changement climatique
(COP16 pour les intimes), il était d’usage de
promouvoir le rôle central que l’Union
Européenne s’apprêtait à jouer. Avec une
crise grecque mal gérée et une politique
extérieure commune fantôme, le manque de
consensus et de leadership jouaient avec les
nerfs des Européens. La coopération
multilatérale aura-t-elle droit à un happy
end dans le domaine de l’environnement ?
Cancun, le coup de pression
Réunis à Bruxelles les 28 et 29 octobre 2010,
les 27 souhaitaient gommer les disparités
entre ceux qui veulent un accord
contraignant et les autres. On pouvait donc
lire ceci dans les conclusions du Conseil : « Il
faut absolument que l'Union européenne et
ses États membres continuent de jouer un
rôle constructif et parlent d'une seule voix ».
Brice Lalonde, ancien ministre français de
l’environnement et actuel ambassadeur
chargé des négociations internationales sur
le changement climatique, était confiant
quant au rôle de l’UE une semaine avant
l’ouverture de la Conférence. En effet, il
affirmait au média Euractiv que malgré «
quelques difficultés à se faire entendre sur
le plan politique, (…) l’UE joue un rôle de
leadership dans ces négociations. Même si
les autres pays, dont les superpuissances, ne
respectent pas l’Europe au sens politique,
chacun se tourne vers elle quand il s’agit de
faire
avancer
les
négociations
».
Selon Wendel Trio, directeur de Greenpeace,
la Conférence de Cancun était une réelle «
opportunité » pour l’Union Européenne qui
avait l’occasion « de cesser de se cacher
derrière les Etats-Unis et d’assumer le rôle

5

de chef de file ».
L’UE, le bon élève…
Après la conclusion de l’accord de Cancun,
qui a d’ailleurs été plutôt bien accueilli par
les différentes parties, les Européens se sont
déclarés satisfaits de leur travail en termes
de coopération multilatérale. En effet,
chacun y est allé de se petite phrase
positive et surtout optimiste. La Belgique,
alors à la tête de l’Union Européenne, a
présidé les négociations lors de la
conférence. Nos oreilles présentes sur place
nous
ont d’ailleurs rapporté que de
nombreux acteurs comme les ONG avaient
salué son travail. Ainsi, la ministre flamande
de l’environnement, de la nature et de la
culture, Joke Schauvliege, représentante de
l’UE à Cancun, s’est montrée très satisfaite :
« Avec ce résultat, nous faisons un nouveau
pas dans la bonne direction. L’intervention
active et unanime de l’UE a certainement
aidé à rapprocher les points de vue
divergents ». Selon Connie Hedegaard,
Commissaire européenne au Climat, « l’UE
est venue à Cancun avec l’espoir d’arriver à
un paquet (de décisions) équilibré. Nous y
sommes parvenus ».

…. qui prépare déjà Durban
Lors du Conseil Européen d’octobre, les 27
étaient clairs : Cancun était une « étape
intermédiaire majeure (…) ouvrant la voie à la
mise en place d’un cadre mondial complet et
juridiquement contraignant ». Position partagée
par le Mouvement Européen – France, selon qui «
rien ne sera possible sans une représentation et
une position fortes et communes de l’UE au cours
des négociations à venir ». C’est dans ce sens
que la Commission a communiqué le 8 mars
dernier au Parlement, au Conseil, au Comité
économique et social européen ainsi qu’au
Comité des régions une « Feuille de route vers
une économie compétitive à faible intensité de
carbone à l’horizon 2050 ». A un semestre de la
prochaine conférence des Nations Unies pour le
Changement Climatique, le document présente
des consignes à suivre pour l’Union. On y
retrouve entre autres un vigoureux plaidoyer en
faveur des retombées économiques d’une
production environnement-friendly ainsi que des
fourchettes précises quant à l’émission de gaz
carbonique.

Reste à savoir si cette feuille de route sera
reprise par la Pologne, représentante de l’Union
à la COP17, à Durban en automne 2011, et
pourtant très frileuse en matière de politique
environnementale.
••

Source : GoodPlanet.info

Hambourg, l’hyperactive propre
Après Stockholm en 2010, Hambourg est devenue la deuxième capitale européenne de
l’environnement. Ce choix peut paraître étonnant à la vue de son activité économique qui n’est
certainement pas des plus vertes. Avec ses 87km de zone portuaire, « la porte sur le monde » est
le principal Hub de desserte de et vers la Scandinavie. Cependant, avec une politique
environnementale ambitieuse, Hambourg a coupé l’herbe sous le pied de ses 35 concurrentes. En
récompensant ce géant industriel, la Commission Européenne a voulu encourager des programmes
de
lutte
contre
la
pollution
dans
une
Europe
toujours
plus
urbaine.
Pas de minimum syndical à Hambourg. Ainsi les émissions de CO2 ne seront pas réduites de
20% d’ici 2020, mais bien de 40% et de 80% d’ici 2050. Mais comment font-ils pour paraitre
crédible ? C’est simple : pas de paroles en l’air (qui est d’ailleurs de très bonne qualité). Le
gouvernement de la ville-Etat a déjà investi 18 millions d’euro (soit 10 millions par habitants) afin
de moderniser l’éclairage et le chauffage des bâtiments publics. Cela a permis de réduire de 15%
les
émissions
de
CO2
par
tête
par
rapport
à
1990.
Chapeau
bas
!
Allez on est gentil à Barbarie, on vous donne le nom de la capitale européenne de
l’environnement de 2012 : Vitoria-Gasteiz, une ville de 200 000 habitants dans le Pays basque
espagnol. Confrontée à des problèmes différents, elle a charmé le jury par ses programmes
d’économie
de
l’eau
ainsi
que
sa
gestion
collective
des
déchets.
M.K.

6

D
O
S
S
I
E
R

Interview
Représentant de la Jeunesse flamande pour le Changement
Climatique au sein du 'Flemish Young Council', Brendan Coolsaet
nous présente le travail qu'il effectue au quotidien et partage sa
vision du Sommet de Cancun, auquel il a personnellement assisté
dans
le
cadre
de
ses
fonctions.

Pouvez-vous tout d’abord nous en dire plus
sur le Flemish Youth Council et sur votre
action au quotidien en tant que délégué
aux
questions
climatiques
?
Le Conseil de la Jeunesse de la communauté
flamande est l’organe officiel d’avis pour les
politiques de jeunesse de la Communauté
Flamande de Belgique. En fonction des avis
récoltés chez les jeunes sur le terrain et les
organisations de jeunesse membres, il
interpelle et émet des avis concernant les
politiques de jeunesse.[...] Il est donc en
quelque-sorte la voix des jeunes flamands et
de
leurs
organisations
auprès
du
Gouvernement Flamand et Fédéral.
Pour se faire entendre au travers de la
Communauté
et
sur
les
Forums
internationaux, le Conseil s’appuie sur ses
représentants volontaires, élus et souvent
soutenus par un groupe de travail,
également composé de volontaires. De cette
manière, le groupe de travail « Climat » a
soutenu mon mandat de Représentant de la
Jeunesse Flamande pour le Changement
Climatique.
Le
conseil
compte
une
soixantaine de représentants nationaux et
internationaux, couvrant des domaines aussi
divers que le travail, la mobilité, le
développement
durable,
le
climat,
l’enseignement…
Le travail du représentant est double.
Premièrement, en collaboration étroite avec
son groupe de travail, il développe et
propose des pistes de réflexion concernant
des sujets d’actualité dans son domaine.
[...] Le groupe de travail prend alors
position sur les sujets choisis et soumet la
position à l’Assemblée Générale du Conseil.
Fort du soutien de l’AG, le représentant
diffuse ensuite le message et l’avis des
jeunes à travers le pays, ou, comme dans

7
1

mon
cas,
dans
les
conférences
internationales. C’est la deuxième partie de
sa mission. Il est le lien entre les jeunes
qu’il représente et les dirigeants politiques.
Dans le cas des sommets internationaux qui
peuvent être relativement complexes, il ne
porte pas que la voix des jeunes auprès des
dirigeants, il assure aussi le chemin inverse.
C’est-à-dire qu’il relaye et traduit les prises
de décisions au sein de la communauté et
informe les intéressés qui ne se trouvent pas
sur
place.
Vous faites partie d’une organisation
composée en majeure partie de jeunes
militants. Quelle est votre vision de
l’engagement politique de la jeunesse
européenne
d’aujourd’hui
?
L’engagement politique des jeunes s’inscrit
dans une vision idéalisée (mais nécessaire)
d’une démocratie participative. Il puise son
énergie dans la croyance qu’une approche «
bottom-up » dans la prise de décision
améliore la formulation, l’implémentation
et l’évaluation des politiques publiques. La
citoyenneté active est considérée comme
pouvant remédier aux limites d’une
démocratie
représentative
jugée
trop
éloignée de la réalité des jeunes. La
participation des jeunes prend tout son sens
dans le domaine du climat et de
l’environnement, où les mesures actuelles
(ou l’absence de celles-ci) façonnent
l’avenir des jeunes et des enfants. La crise
environnementale est devenue le moteur du
militantisme des jeunes qui revendiquent le
droit des générations futures à un
environnement sain et une société solidaire.
Le leitmotiv des jeunes lors des sommets
climatiques est d’ailleurs « no decision
about
us,
without
us
».

Vous étiez présent à la Conférence de Cancun
en décembre dernier. Quelle a été votre
perception des négociations menées lors du
sommet ? Etes-vous satisfait de l’engagement
politique
des
Etats
participants
?
En tant qu’environnementaliste, il est difficile
d’être satisfait des résultats de Cancun. Comme
la plupart des acteurs de la société civile, je
considère les accords comme trop peu ambitieux
et encore loin des efforts nécessaires pour faire
face efficacement au changement climatique.
Force est de constater que les accords
contiennent nombres de contradictions et de
paradoxes. La majorité des éléments repris dans
les accords de la COP16 se trouvaient déjà dans
l’accord de Copenhague. La présidence Mexicaine
a donc réussi à nous « vendre » un accord que la
communauté internationale considérait encore
comme inacceptable un an plus tôt. [...]
Cependant, représenter le sommet comme un
échec total ne serait pas honnête. N’oublions pas
que la situation politique et économique
internationale était loin d’être favorable. Nous
sortions d’une crise économique sans précédent,
le climato-scepticisme vivait de grands jours avec
le climate-gate et autres scandales et
l’administration Obama venait de perdre sa
majorité dans la Chambre des représentants.
Dans ce contexte, on se doit donc de saluer le
fait qu’une « vision commune » ait été trouvée
entre 192 pays, et que le texte fasse mention de
responsabilité historique des pays industrialisés.
La création du Fonds Vert pour le Climat, qui
devra financer l’adaptation des pays en
développement au changement climatique, est
sans aucun doute le plus important acquis des
négociations. Mais sa mise en place est entachée
d’un flou artistique[...]. Tout récemment, la
première réunion de la Commission transitoire
chargée de concevoir le Fonds a déjà été
reportée à fin avril. Je suis aussi très méfiant
face à l’entrée en scène de la Banque Mondiale
au plus haut niveau du financement climatique. A
mes yeux, c’est une contradiction de plus qui
caractérise
la
COP16.
L’Union
européenne,
emmenée
par
la
Belgique, a été présenté comme le moteur des
négociations de COP16. Quelles ont été les
réalisations concrètes des Etats-membres en
matière d’environnement depuis la conférence?

Je ne dirais pas que l’Union Européenne ait été
le moteur des négociations de la COP16. L’issue
du sommet de Copenhague avait été une douche
froide pour le politique climatique de
l’Union[...].
L’incapacité
du
Conseil
Environnement à opter pour le passage à une
réduction de 30% des émissions de gaz à effet de
serre en novembre 2010 était un exemple
alarmant de la confusion créée par cette défaite.
Soucieux de ne pas revivre cette expérience, les
Européens se sont tenus à carreau à Cancun et
ont œuvré dans l’ombre pour rallier d’autres à
leur
cause.
Pour ce qui est des réalisations des Etatsmembres, il est encore fort tôt pour en juger.
Cependant, suite au rapport « Roadmap 2050 »
de la Commission, le Conseil Environnement de
l’Union s’est fixé comme objectif de réduire de
80 à 95% ses émissions de gaz à effet de serre à
l’horizon 2050, ce qui est un signal très positif.
La Belgique a quant à elle décidé de revoir à la
hausse ses ambitions pour 2020, passant de 20 à
30% la réduction de ses émissions de gaz à effet
de serre en mars dernier. Je suppose que
beaucoup d’autres pays de l’Union ont déjà, ou
feront
bientôt
le
même
effort.
Pour
finir,
pensez-vous
que
l’Union
européenne sera en mesure de jouer un rôle
moteur lors de la conférence COP17 de Durban
en
novembre
2011?
Je ne suis pas très optimiste quant au leadership
de l’Europe, ni même au succès de la COP17.
Plusieurs éléments me paraissent être hautement
instables, ce qui pourrait nuire aux négociations :
la Pologne assurera la présidence de l’Union lors
de la COP17, et on ne la compte pas parmi les
élèves les plus assidus en termes d’ambition
climatique; l’urgence créée par la fin de la
première période d’engagement du protocole de
Kyoto en 2012 pousse la pression à son comble,
comme à Copenhague [...], etc. J’ai souvent lu
et entendu que Cancun devait servir de
passerelle pour rétablir la confiance entre les
parties et préparer le terrain pour « le grand
accord climatique » qui verrait le jour à Durban.
Le fantôme de Copenhague hante déjà Durban…
••
Propos recueillis par Marion Lecoq.

8

Remise en cause du nucléaire
en Europe ?

D
O
S
S
I par Miguel Mégard
E
Après l'accident de la centrale nucléaire de Fukushima le 14 mars, et ces
R

fuites radioactives qui ne sont pas sans rappeler celles de Tchernobyl, la
préoccupation des Européens est grande. Bien qu'il n'existe pas de consensus
européen à propos du maintien des centrales nucléaires, les États membres de l'UE
ont
décidé
de
jouer
la
carte
de
la
prudence.

Source : www.dineroyahorro.com

Alors qu’au niveau mondial le
nucléaire
représente
15%
de
la
consommation d’électricité, ce chiffre
atteint les 30% dans l’UE. Avec 144 centrales
réparties sur le territoire communautaire,
71% des citoyens européens habitent dans un
pays qui compte des réacteurs sur son sol.
Ces chiffres montrent à la fois la
dépendance certaine de l'Europe par rapport
à
l'énergie
nucléaire,
ainsi
que
l'omniprésence des centrales nucléaires sur
le territoire de l'Europe, ce qui explique les
inquiétudes de nombreux pays par rapport
aux risques potentiels.
Le nucléaire signe la division de l'Europe
L'efficacité et la résistance à toute épreuve
du Japon ayant été brisées, une vague
d'inquiétude accompagnée de débats a
envahi l'Europe. La France, en étant le
premier producteur d'énergie nucléaire de
l’Union, est la première concernée. Nicolas
Sarkozy a donc pris la défense de la filière
en écartant toute sortie du nucléaire. Le
Royaume-Uni rejoint la position française,
après avoir décidé de ne pas repousser la

9

construction
de
nouvelles
centrales
nucléaires prévue en octobre. Néanmoins,
l'Allemagne a suspendu provisoirement
l'activité de sept de ses plus vieilles
centrales. Cela fait plusieurs fois déjà que
le pays est agité par le débat sur la sortie
du nucléaire, et le mouvement antinucléaire y est très actif et populaire,
comme en attestent les manifestations
massives qui ont eu lieu fin mars dans tout
le pays. L'Italie a décidé de remettre à plus
tard son plan de retour au nucléaire.
L'Autriche, qui a abandonné le nucléaire
depuis 1978, a adopté une position bien plus
radicale, en souhaitant que l'Europe sorte
du
nucléaire.
Le nucléaire : un réel danger pour
l'Europe?
L'Europe n'est majoritairement pas située
sur une région sismiquement active,
cependant, la présence de vieilles centrales
de type Tchernobyl représente un risque.
Le danger potentiel se trouve davantage aux
portes de l’Union, en Russie notamment,
avec l'existence de centrales nucléaires de
type
Tchernobyl.
Ainsi,
les
nuages
radioactifs ne connaissant pas de frontières,
les risques de type Tchernobyl concernent
l'Europe tout entière. C'est pourquoi l'UE
souhaite étendre à ses voisins limitrophes,
comme la Suisse, la Turquie et l'Ukraine, les
normes élevées de sécurité qu'elle vise.
Si les États européens comptent continuer à
construire de nouvelles centrales, ils
devraient songer à éviter les versions lowcost dangereuses, pour ne retenir au
contraire que des versions beaucoup plus
sûres, comme celles qui utilisent la

technologie EPR (Evolutionary Power Reactor),
un réacteur nucléaire de troisième génération
conçu et développé à partir de l'année 2000 par
l'entreprise
française
Areva.
Par ailleurs, la question de la gestion des
déchets nucléaires et de leur stockage que l'on
a tendance à omettre, peut également
apparaître comme un facteur de risques.
Mieux

vaut

prévenir

que

guérir

Pour l'heure, le 24 mars, les chefs d'Etats
européens ont décidé de soumettre les 144
centrales nucléaires européennes à des tests de
résistance sur la base de critères communs. Il
s'agit de tester la vulnérabilité des centrales,
afin de fermer les plus défectueuses.
Cependant, ces tests devront être effectués par
les autorités nationales, puisque la Commission
n'a pas le pouvoir d'envoyer des experts dans les
centrales nucléaires pour vérifier leur sûreté.
On peut ainsi mettre en doute la garantie de la
réalisation et/ou du bon déroulement de ces
tests, non pas tant à l'échelle de l'UE qu'au
niveau
des
pays
voisins.
De surcroît, l'Europe ne doit pas s'arrêter en si
bon chemin. Un large dialogue doit s'établir au
niveau européen sur les tests et leurs résultats,
qui eux doivent être publiés en toute
transparence. L'Europe a besoin d'un débat
public
sur
le
nucléaire
Ainsi n'est-il pas préférable de tirer les bonnes
conclusions des évènements et d'améliorer les
mesures de sécurité que de succomber à la
panique
et
d'abandonner
définitivement
l’énergie nucléaire? Cette éventualité est-elle
réaliste, tout d'abord au niveau du coût pour le
démantèlement des centrales, et dans la
mesure où cela ne ferait qu'accroître la
dépendance de l'Europe par rapport au pétrole
et la priverait d'une des sources d’énergie
alternatives
déjà
limitées?
••

Eurêka! La crise économique rend
l’Espagne écolo
Le 4 mars dernier, le gouvernement
espagnol a adopté un plan d'économie
d'énergie comprenant un certain nombre
de mesures, dont les plus importantes sont
la réduction de la vitesse maximale
autorisée sur les autoroutes à 110 km/h au
lieu de 120 km/h, ainsi que des dépenses
dans l'éclairage des bâtiments publics et
des
autoroutes.
Alors que la première mesure vise à
amoindrir la dépendance énergétique de
l'Espagne, qui craint une hausse du prix du
baril de pétrole à cause des évènements en
Libye, la deuxième entend réduire la
facture
d'électricité
de
l'Etat.
Le
gouvernement souhaite ainsi réduire de
50% les dépenses en éclairage des
autoroutes et des bâtiments publics
(mairies, ministères entre autre) qui
représentent 25 millions d'euros chaque
année, ce qui correspondrait à une
économie de 12,5 millions d'euros.
Cela se traduit par l'installation d'ampoules
à basse consommation, ou LED, qui sont
certes coûteuses mais beaucoup plus
efficaces et durent entre six et dix fois plus
longtemps
que
les
ampoules
traditionnelles. Le gouvernement compte
également investir dans les panneaux
solaires pour l'éclairage des bâtiments
publics.
Cette mesure verte du gouvernement
semble finalement aller dans le sens des
coupes budgétaires mises en place par le
président José Luis Rodríguez Zapatero
depuis quelques mois, pour réduire le
déficit
budgétaire
du
pays.

M.M.

10

D
O
S
S
I
E
R

Le gaz de schiste : une fausse
bonne idée en Europe
par Marianne Doyen

A l’heure du pétrole cher et d’un approvisionnement énergétique
menacé par des troubles au Moyen-Orient, les pays occidentaux
s’intéressent à des formes d’énergies non conventionnelles. De nouvelles
techniques permettent notamment d’extraire à un coût économiquement
supportable les gaz de schiste (shale gas), moyennant prospection violente
et dégâts environnementaux.
Le gaz de schiste, une énergie non
conventionnelle
Présents partout, en Amérique du
Nord mais aussi en Asie, en Australie et…
en Europe, les incroyables réserves de
gaz de schiste permettent d’envisager la
possibilité d’une vie sans pétrole. Déjà
exploitée depuis un siècle aux Etats Unis,
cette activité y a connu un essor
spectaculaire au XXIè siècle. Les
nouvelles techniques et la hausse des
prix du gaz naturel conventionnel en font
une énergie désormais rentable, capable
de pourvoir à une grande partie de la
demande locale en énergie. Le gaz de
schiste est une forme de gaz naturel
produite à partir des schistes, une roche
qui a la particularité d’avoir un aspect
feuilleté.
Ils
sont
dits
«
non
conventionnels » parce qu’ils ne se
trouvent pas dans des réservoirs
classiques, mais coincés dans de fines
strates de schiste (voir encadré).
L’extraction du gaz de schiste, une
procédure loin d’être anodine
Oui mais voilà, il faut parfois
creuser
jusqu’à
4000
mètres
de
profondeur pour les extraire, grâce à une
technique des plus violentes dite «
fracturation hydraulique » (hydraulic
fracturing ou fracking). Une fois le puits
creusé et la couche de schiste atteinte,
le
forage
(drilling)
continue
horizontalement sur plusieurs centaines
de mètres. Une grosse quantité de
fluide, composé d’eau, de sable et de
11

pas moins de 586 produits chimiques, est
injectée à très haute pression pour
fissurer la roche et pousser le gaz
jusqu’à la surface. Les eaux usées ayant
servi à la fracturation - jusqu’à 3,8
millions de litres parfois ! - sont chargées
de sels corrosifs ainsi que d’éléments
cancérigènes et radioactifs, qu’il s’agit
d’éliminer dans les stations d’épuration.
C’est là que les choses se compliquent.
En Pennsylvanie par exemple, « l’Arabie
Saoudite du gaz naturel », où le nombre
de puits exploités a doublé en dix ans, il
n’existe aucune réglementation relative
au taux autorisé d’éléments radioactifs
dans l’eau. En outre – les responsables
l’avouent eux-mêmes – la quantité d’eau
à traiter dépasse de loin la capacité des
usines de retraitement, les contrôles
sont insuffisants, et les autorités,
dépassées.
Certains, comme le magazine
américain Oil Price, accusent les
détracteurs du gaz de schiste de jouer
les Cassandre et de « dramatiser » la
fracturation et la consommation d’eau
induite : le forage est effectué à
plusieurs
kilomètres
des
nappes
phréatiques,
avec
du
matériel
parfaitement sécurisé, et ne risque pas
de polluer l’eau. L’épisode nucléaire
japonais nous permet d’en douter.
Et en Europe ?
A titre de comparaison, le
potentiel de gaz non conventionnel en
Amérique du Nord est environ sept fois
plus élevé qu’en Europe. Ce type

d’énergie pourrait réduire ses besoins
d’importation et lui assurer une relative
autonomie énergétique, notamment vis-à-vis
de la Russie et de ses fréquentes menaces de
suspendre ses livraisons de gaz naturel.. Il
est bon de noter que, si les schistes
européens
sont
semblables
à
ceux
d’Amérique du nord du point de vue
géologique, la densité de population, elle,
diffère du tout au tout. La part de la
population susceptible d’être affectée par la
pollution de l’eau, de l’air et des sols, est
ainsi bien supérieure, et le risque sanitaire,
sans
commune
mesure.

capable de subvenir à ses propres besoins
énergétiques pour les 100 à 200 ans à venir.
Des forages sont d’ores et déjà effectués
dans le sud est du pays (Lebien, Slawno,
Markowola).
A la frontière ukraino-polonaise, le bassin de
Lublin
est
prometteur.
Pour ces deux pays, le gaz de schiste revêt
la plus haute importance et leur offre la
perspective de se délivrer du joug
énergétique
du
grand
frère
russe.

Les trois principaux bassins de gaz de schiste
en Europe sont en Pologne, dans le nord de
l’Allemagne et au sud de la mer Baltique.

On compte aussi des activités de
prospection et de forage au sud de
l’Angleterre, en basse Saxe, dans l’est
parisien, à Vienne, dans le sud de la Suède,
dans
le
sud
est
de
la
Hongrie.

On
estime
que
les
ressources
polonaises pourraient d’ici quelques années
faire du pays un exportateur net de gaz,

En France, Total s’est associé à
l’Américain Schuepbach. Ils ont obtenu en
mars 2010 l’autorisation d’explorer presque
12

GAZ CONVENTIONNEL / GAZ NON CONVENTIONNEL
Le gaz conventionnel est issu de poches poreuses, suffisamment perméables pour permettre
au gaz de remonter jusqu’au puits.
Les gaz non conventionnels se trouvent, eux, dans des formations rocheuses relativement
imperméables. On en compte principalement trois sortes :
- tight gas
- gaz de charbon (coalbed methane), aussi connu sous le nom de « grisou ».
- gaz de schiste
Dans le cas des gaz de schiste, il faut créer des fractures artificielles pour libérer le gaz et
multiplier le nombre de points d’extraction, car le gaz se trouve dans des multitudes de
petites poches, contrairement au gaz conventionnel. Des images satellitaires de certaines
régions montrent des paysages transformés, couverts de puits d’extraction.
Source : E.ON, géant allemand de l’énergie, in « Prospects for unconventional gas in Europe »

10 000 km2 dans le sud de la France,
entre Montpellier et Montélimar, en
passant par les Cévennes, et ce, auprès
du
ministre
de
l’écologie,
du
développement durable et de la mer, en
charges des technologies vertes, qui
n’était autre que Jean-Louis Borloo.
Vraiment, le gaz de schiste, une «
technologie verte » oeuvrant pour un «
développement
durable
»
?
Le 9 avril 2011 cependant, la proposition
de loi de Christian Jacob, président du
groupe UMP à l’Assemblée nationale,
visant à interdire l’exploitation de gaz
de schiste et à abroger les permis déjà
accordés, a été votée. Les gaz de schiste
n’ont décidément pas bonne presse. Une
manifestation est d’ailleurs prévue
samedi 17 avril dans le Larzac.
« Shale gas will rock the world »
(Oilprice.com)
Seul le temps nous dira si les gaz
de
schiste
seront
une
solution
simplement temporaire ou une source
d’énergie majeure. Selon les prévisions
de BP d’ici 2030, les énergies
renouvelables devraient fournir 5% de
l’énergie mondiale, de même que le
nucléaire, contre près de 30% pour les
gaz.
Si le développement des gaz de schiste
13

en Europe n’en est qu’à une phase de
recherche, des avancées significatives
sont attendues d’ici quelques années.
Des études soulignent toutefois que
l’Europe
est
loin
des
capacités
américaines en terme de gaz de schiste.
Son retard technique et sa lenteur ne
permettent donc pas d’envisager une «
révolution énergétique » dans ce sens.
Quant à l’Union européenne, elle ne
semble pas décidée à contrer cette
progression. Le Commissaire européen à
l’énergie Günther Oettinger a insisté en
mars sur la baisse à venir des ressources
européennes en gaz, et affirmé « sa
confiance dans la capacité des États
membres à appliquer les législations
européennes et nationales afin de
protéger
l’environnement
et
les
ressources en eau ». Rien n’est dit sur
les dangers, ni sur le gaspillage des
ressources, et encore moins sur la
nécessité d’une évaluation d’impact
commune à l’ensemble de l’Union
européenne. Bruxelles s’obstine à ne pas
se mouiller, estimant que les gaz de
schiste
représentent
une
option
complémentaire
intéressante.
Les
questions
de
prospection
et
d’exploitation des gaz ne concerneraient
la Commission que du point de vue légal
et non environnemental. Une étude est
prévue, ainsi que la publication, à
l’automne, de la Feuille de route

« Energie 2050 », qui statuera sur le coût et
l’impact économiques du gaz de schiste… C’està-dire, pas sur les questions qui inquiètent les
citoyens.
Sale temps pour l’environnement..!
••

Un procédé coûteux pour
l’environnement
- Dans certains cas le béton qui protège le
conduit menant à la roche de schistes n’est pas
parfaitement perméable ; des fissures peuvent
alors laisser échapper gaz et liquides à travers
les roches poreuses, jusqu’à atteindre les
nappes phréatiques, comme c’est le cas dans
certains Etats comme le Colorado, l’Ohio ou le
Texas.
- 50 à 70 % du liquide de fracturation reste dans
la
couche
de
schiste
Des camions apportent les produits
permettant la fabrication du fluide sur place,
transportent le gaz, etc. Pour chaque «frack», il
faut
200
allers-retours
de
camions
!
- Des milliards de litres d’eau, et presque
autant d’eaux usées, qui excèdent largement la
capacité
des
stations
d’épuration
- Les déchets contenus dans ces eaux sont
susceptibles d’entrer dans la chaîne alimentaire
par
la
pêche
ou
l’élevage
- En surface, l’air et l’eau (domestique mais
aussi celle des cours d’eau) se dégradent,
présentant des risques pour la santé.

14

P
O
L
I
T
I
Q
U
E

L’UE et les révolutions arabes :
« Nain politique tu es, asticot militaire tu demeureras. »
par Mélisande Massoubre
L’Union aurait pu, dès le début, saisir cette opportunité que sont les révoltes
arabes pour légitimer et enraciner une position stratégique dominante sur la scène
internationale en recourant, par ailleurs, à des mesures de sanction à l’égard des Etats
arabes qui rechignent à asseoir les valeurs qu’elle défend. Cependant, un manque de
consensus diplomatique et de capacité militaire l’ont poussé à agir autrement.
Depuis
l’aube
des
insurrections
populaires dans le monde arabe, une
hypocrisie latente de l’Union Européenne
tend à discréditer sa politique étrangère et
sa prise de position sur la scène
internationale. En effet, sa politique de nonintervention et son manque de soutien vis-àvis de ces peuples qui se battent pour défier
des régimes autoritaires, accoutumés à
bafouer ouvertement leurs droits, ne font
qu’amoindrir la confiance que les populations
civiles pouvaient avoir en son pouvoir
d’action.
La sécurité énergétique avant tout
Dès l’entrée en vigueur du traité de
Lisbonne en 2008, l’un des objectifs
principaux
que
s’était
fixé
l’Union
Européenne, était d’asseoir la légitimité des
principes démocratiques et des valeurs
fondamentales,
au
sein
même
des
institutions de ses Etats voisins. Il s’agissait
donc pour l’Union d’établir un espace de
prospérité, de stabilité mais avant tout de
sécurité au-delà de ses frontières tout en
demeurant dans le cadre légal de sa politique
de voisinage. Néanmoins l’Union a surtout
cherché à resserrer ses liens avec les pays du
Maghreb et du Proche-Orient producteurs
d’énergie fossile.
L’Union, classée comme la plus grande
importatrice
mondiale
en
ressources
énergétiques, alloue quelques 270 milliards
d’euros à l’achat du pétrole et se retrouve
en conséquence prise dans un étau dont elle
ne
peut
s’extirper
depuis
que
les
soulèvements populaires dans les Etats
Arabes déstabilisent l’enceinte de sécurité
qu’elle s’était tant évertuée à instaurer. Sa

15

marge de manœuvre s’en trouve d’autant
plus réduite qu’elle ne peut à la fois soutenir
la légitimité des insurrections populaires et
se défaire des liens qui l’enchainent à ces
régimes autoritaires. Cette très forte
dépendance énergétique a, en particulier,
conduit l’Union à privilégier tout d’abord ses
intérêts économiques aux dépens du souci de
libérer les peuples arabes du joug de leurs
dictateurs.
Des frontières très convoitées
Par ailleurs, la menace sécuritaire que
pouvait
représenter
les
premiers
soulèvements populaires en Tunisie et en
Egypte a davantage contribué à dissuader
l’Union d’adopter une position radicale en
faveur des révoltés car la répression des
gouvernements en place auraient conduit de
nombreux réfugiés à ses frontières. Il
s’agissait donc de contenir l’afflux massif des
réfugiés en renforçant le rempart de la
forteresse
européenne,
moyennant
le
maintien de ses relations avec ces despotes
autocrates. Par conséquent, l’UE avait eu
recours
au
pernicieux
marchandage
politique, dans le but d’arriver à un commun
accord avec ces régimes autoritaires.
Un manque de consensus et de capacité…
L’Union avait, de ce fait, légitimé le
statut de ces dictateurs et s’était placée
dans une situation compromettante face à
ces enjeux d’ordre géostratégique. Elle s’est
donc retrouvée embourbée dans un marasme
diplomatique duquel elle n’a su émerger
bien que très tardivement sous la houlette
de Catherine Ashton, Haute Représentante
de l’UE pour les affaires étrangères. La

politique étrangère de l’Union s’en trouve
d’autant plus affectée que les Etats membres
n’arrivent pas à atteindre un consensus européen
sur la ligne d’action à entreprendre. Ce
dysfonctionnement décisionnel ajouté à son
déficit capacitaire dans le domaine de la défense
n’aide en rien l’Union à asseoir une puissance
militaire. Son manque de moyens logistiques, de
matériel militaire et de forces armées intégrées
constitue une entrave supplémentaire dans sa
marge de manœuvre et d’action dans les pays
arabes en proie aux troubles et à la répression
sanglante. Cependant, le manque de coopération
entre les Etats membres de l’Union en matière
de
défense
a
considérablement
nui
à
l’orientation d’une doctrine politique à adopter
dans les pays arabes. L’Union se retrouve donc
pieds et poings liés, incapable d’engager des
mesures de sanction à l’encontre de ses
partenaires
commerciaux
et
pourtant
profondément dévouée à consacrer des moyens
colossaux à la promotion des droits de l’homme
et des libertés fondamentales, valeurs qu’elle
avait jusqu’alors foulées aux pieds dans son
manque de soutien aux peuples arabes qui se
saignent les veines pour réclamer à leur
gouvernement l’instauration d’un Etat de droit.
…pallié quand tant bien que mal par des traites
bilatéraux
Cette défaillance en terme de politique
étrangère et de défense avait, d’ailleurs, amené
la France et la Grande-Bretagne à signer en
novembre dernier un accord stratégique de
coopération militaire en vue de mutualiser leurs
forces expéditionnaires armées. Ce nouveau
pilier de la défense de l’Union
aurait pu
permettre de l’affranchir de cette position
contraignante dans laquelle elle se trouve depuis
le début des insurrections. Néanmoins, la France
et la Grande-Bretagne, qui canalisent à eux seuls
50% du total des dépenses militaires en Europe
risquent de faire prévaloir leurs intérêts aux
dépens de ceux de l’Union, pour finalement
dévoyer la politique de défense européenne et
devenir, ainsi le pilier européen de l’Alliance
Atlantique.

donne politique en s’engageant davantage au
côté des peuples opprimés, victimes de la
répression des forces armées dirigées par le non
moins célèbre dictateur, Mouammar Kadhafi, qui
avait d’ailleurs menacé l’UE de cesser le
démantèlement des organisations terroristes en
Afrique du Nord. La priorité de l’Union a été, en
premier lieu, de pourvoir une aide humanitaire
aux populations civiles en débloquant une
somme de 3 millions d’euros. De plus, l’Union
s’est ensuite alignée sur la résolution du Conseil
de Sécurité de l’ONU en imposant un embargo
sur la vente d’armes en Libye, le gel des avoirs
financiers et l’interdiction aux Etats membres de
fournir des visas au dictateur et à sa famille.
Lors de la réunion du Conseil Européen, début
mars, le Président de l’UE, Herman Von Rompuy,
a déclaré que l’UE reconnaissait la légitimité du
Conseil National de Transition opposé au régime
de Kadhafi, exigeant par la même occasion la
démission sans délai du dictateur afin que ce
bain de sang cesse de s’étendre dans tout le
pays.
L’Union a finalement relégué la tâche militaire
aux forces armées conjointes de la France et de
la Grande-Bretagne sans le soutien néanmoins de
l’Allemagne, pour intervenir en Libye sous
mandat de l’ONU, après l’instauration de la zone
d’exclusion aérienne, permettant à l’aviation
militaire de la coalition d’agir de manière «
ciblée
et
efficace
».
Si efficace soit-elle, l’OTAN, qui avait repris
récemment le flambeau des bombardements
aériens dans la zone, a touché mortellement des
forces rebelles et des civils. C’est certainement
l’une des raisons pour lesquelles l’UE s’était
abstenue d’intervenir militairement en Libye,
car ne souhaitant pas ternir son image
emblématique de défenseur des droits de
l’homme par des dommages collatéraux, elle
préfère se consacrer au processus de transition
démocratique qui, l’espère-t-on, adviendra d’ici
sous peu après le renversement du régime.
••

La Libye : le coup de feu diplomatique
Néanmoins,
depuis
la
vague
des
protestations en Libye, l’Union a renversé la

16

P
L’inégalité salariale:
O
L
un échec de la politique européenne ?
I
T par Marianne Doyen
I
Q
Loin d’avoir disparue des contrées européennes, l’inégalité entre les hommes et
U les femmes fait l’objet d’une lutte aujourd’hui hissée au rang de priorité par la
E Commission et le Parlement. Loin de se limiter à l’inégalité salariale, la discrimination
dont est victime la gent féminine est généralisée et observable à tous les échelons.
Le 5 mars 2011, l’Union Européenne a
connu sa première Journée européenne de
l’égalité salariale, et ce, dans une relative
indifférence. Pourtant, dans l’UE, les
femmes gagnent encore près de 17,5% de
moins que les hommes. Trois jours avant la
centième édition de la journée de la femme,
cet événement a eu pour but de sensibiliser
les Européens aux écarts de salaires. Chaque
année, la date de cette journée sera
déterminée
en
fonction
du
temps
supplémentaire qu’il faut à une femme pour
atteindre le salaire annuel de son collègue.
Ainsi, pour parvenir à la somme gagnée par
un homme en 2010 pour le même travail,
elle doit théoriquement travailler jusqu’au 5
mars 2011...Soit un trimestre de plus.
Au niveau international, une étude
réalisée en 2008 dans soixante-trois pays par
la Confédération Syndicale Internationale
(International Trade Union Confederation)
montre qu’un écart de 15,6 % en moyenne
sépare le salaire d’un homme et celui d’une
femme pour le même travail. Curieusement
et tristement, la différence ne diminue pas
nécessairement avec l’augmentation du
niveau d’éducation. En Europe, même si
l’écart entre les salaires est combattu depuis
le traité de Rome (voir ci-après), il varie
d’un pays à l’autre jusqu’à dépasser la barre
des 25%. Ainsi, alors qu’il est dessous de 10%
en Italie, en Pologne, ou en Belgique par
exemple, en il atteint les 20% en Slovaquie,
en Allemagne, aux Pays-Bas. Bonnet d’âne à
la
République Tchèque,
l’Estonie
et
l’Autriche où les femmes gagnent jusqu’à un
quart de salaire en moins que leurs collègues
masculins.

17

L’inégalité,

une

réalité

multiforme

L’écart des salaires n’est qu’un des
nombreux avatars de la discrimination dont
continuent de souffrir les femmes dans le
travail. Lorsque l’on parle d’ « écart salarial
», on pense en premier lieu à la différence
entre le salaire d’une femme et celui d’un
homme pour un même travail, à un même
poste. En réalité cette forme d’inégalité a
connu de grands progrès, contrairement à
d’autres, plus insidieuses. On constate ainsi
un phénomène général de sous-évaluation du
travail
des
femmes,
qui
continuent
d’occuper la majorité des postes sousqualifiés et sont peu nombreuses aux postes
de
direction
et
dans
les
conseils
d’administration.
Une

priorité

européenne

Outre une abondante et ancienne
législation européenne qui consacre cette
discrimination dans le travail comme
illégale, l’UE a récemment créé l’Institut
européen pour l’égalité entre les hommes et
les femmes, ou EIGE, European Institute for
Gender Equality. L’égalité est aussi l’une des
priorités du Parlement Européen, qui
multiplie les avis et les propositions allant

dans ce sens.
L’égalité effective entre hommes et femmes est
souhaitable pour différentes raisons. D’abord,
parce que l’UE se distingue du reste du monde par
son attention portée aux droits de l’homme et
que l’on attend d’elle une certaine posture
concernant ce problème. Ensuite, parce qu’il est
prouvé que l’égalité hommes-femmes est
bénéfique à l’économie dans la mesure où elle
instaure un meilleur climat au sein de l’entreprise
et en donne une meilleure image, ce qui attire la
clientèle.
A l’occasion de la journée de la femme, la
Commission a adressé un ultimatum au secteur
privé, sommé de combattre la sous représentation
des femmes dans les conseils d’administration.
Les entreprises européennes ont donc un an pour
corriger la situation. Dans le cas contraire,
Viviane Reding, vice-présidente de la Commission,
en charge de la justice, des droits fondamentaux
et de la citoyenneté, a annoncé l’instauration
probable de quotas. Le 8 mars, le Parlement a
demandé aux Etats membres de prendre des
mesures pour promouvoir l’égalité. Parmi elles,
les
quotas.
La balle est donc dans le camp des acteurs
privés et des Etats-membres. Plus de quarante ans
après mai 1968, le fait de continuer à discriminer
les travailleurs selon leur sexe semble intolérable.
L’Union se donnera-t-elle enfin les moyens – y
compris répressifs à l’encontre des entreprises qui
ne joueraient pas le jeu – de remédier à la faillite
du grand idéal de libre circulation des biens et
des travailleurs ? Espérons que dans un futur
proche, la Journée européenne pour l’égalité
salariale
se
fête
le
1er
janvier
!
••

Petite histoire de l’égalité salariale
en Europe
1957 : l’article 141 du Traité de Rome pose
le principe de l’égalité des salaires.
1961 : le principe de non-discrimination
figure dans la Charte sociale européenne du
Conseil
de
l’Europe
1970 : le Parlement britannique vote
l’Equal Pay Act, qui entre en vigueur en
1975.
1972 : La France adopte une législation
similaire
1975 : directive européenne sur l’égalité de
rémunération
1989 : Charte communautaire des droits
sociaux fondamentaux des travailleurs
1996 : le traité d’Amsterdam met l’accent
sur le respect des droits de l’homme et
l’attachement aux droits fondamentaux. La
Cour est désormais compétente en cas de
manquement
des
institutions
communautaires aux droits fondamentaux.
L’article 13 qui prévoit que le Conseil peut
prendre les mesures nécessaires en vue de
combattre toute discrimination fondée sur
le sexe, la race ou l'origine ethnique, la
religion ou les croyances, un handicap, l'âge
ou
l'orientation
sexuelle.
2010 - 2015 : Stratégie pour l’égalité entre
les femmes et les hommes. C’est le
programme de la Commission concernant
l’égalité
des
genres.
M.D.

18

P
O
L
I
T par Pauliina Patana
I
A populist wave seems to be taking over Europe. France is far from being the
Q
only
country
confronted with the rise of populism and the phenomenon is not
U
E exclusively European. Nonetheless, nationalist tendencies have gained ground all

Nationalism on the rise

over Europe, especially in France, the Netherlands and in the Nordic countries.
September the 19th 2010 is a day that
will not be easily forgotten in Sweden. The
result of the general election changed the
traditional image of Sweden, possibly for
good. Not only was a conservative
government reelected for the first time since
the 2nd World War but also because the
Sweden Democrats, the biggest far-right
party in the country, managed to cross the
threshold
necessary
for
parliamentary
representation for the first time, obtaining
20 seats in the Parliament. This was a tough
pill to swallow for the Swedish who have
always been rather proud of their image as a
tolerant, pacifist country setting the example
for other nations on questions like social
security
or
education.
Sweden can be considered as one of
the world’s most highly developed, postindustrial societies. The success of the
country is based on a high taxation policy
(one of the highest in the EU), from which
the whole country can benefit. This was led
by the left-wing party Socialdemokraterna,
the Swedish Social Democratic Party, which
has been in the government for 65 of the last
78 years. During the years they have strived
to achieve racial and gender equality and
been strongly in favor of accepting refugees.
Sweden : Doctor Jeckill and Mr Hyde
The success of the Sweden Democrats
seems rather controversial in this context.
The party, which gets most of its support
from rural areas or from cities with
significant
immigrant
populations,
was
associated with neo-nazi movements in the
80s and the 90s. Their political agenda
consists in eliminating political asylum and
family reunification immigration by 90%,

19

attempts were counterproductive.
Jimmie
Åkesson and his party came off as the victim,
which only increased their popularity. Politicians,
especially from Denmark and Norway, accused
Sweden of violating democratic rules and called
the
country
“A
banana
republic”.
Regarding to the polls, the Finish far-right
party will come 2nd
This shift to the right has given hope to
other nationalist parties – especially next door in
Finland where general elections are to be held on
the 17th of April. To the shock of many Finns, the
Finnish nationalist party Perussuomalaiset, which
has thus far remained merely marginal, seems to
be attracting a considerable amount of voters
and may potentially become the winning party.
Finland might be facing a nationalist Prime
Minister who, among other things, has suggested
closing borders, cutting finances for modern art
and
restricting
immigration
policies.
According to recent polls, Perussuomalaiset

would now come second in the election, only
0,1%
behind
the
Conservative
party.
When it comes to that French presidential
elections that will take place in 2012, according
to recent polls Marine Le Pen, the leader of the
French nationalist party “Front National”, is
receiving more support than the current
president Nicolas Sarkozy or any other potential
candidate.
The rise of nationalism is a phenomenon
that has up until now not gained ground to
actually dominate the decision-making process.
The triumph of populist parties is in many ways
due to the economic crisis and recession that
countries have had to deal with. It remains to be
seen if we will soon witness a change in political
dynamic. The EU might find itself in difficulty
with leaders who will not accept any transfer of
national sovereignty.
••

Traduction - La Montée des partis nationalistes d’extrême droite
"Keep Sweden Swedish"
Source : www.janolofbengtsson.wordpress.com

restricting the requirements for citizenship
and imposing tougher punishment for
foreigners who commit crimes, while also
seeking renegotiation from the EU. They also
consider the growth of the Muslim population
in Sweden as the biggest threat the country
has
to
face.
These are themes that can be found in
almost every far-right party program today.
Not seen on TV but still there
The growing success of the party
running up to the election was not accepted
easily. The Sweden Democrats and especially
their leader Jimmie Åkesson had to face
strong opposition. Not only did all the other
Swedish parties hastily announce that they
would not in any case seek co-operation with
the party but their rallies were also disrupted
by left wing or anti-racist movements. A
Swedish TV channel TV4 even refused to
diffuse their campaign ad, which depicted a
Swedish retiree being out run by burka-clad
women in the race to obtain social benefits.
However, the consequences of these

par Mélisande Massoubre
Une vague populiste semble avoir submergé l’Europe. Loin d’être un phénomène isolé en
France, la montée du populisme n’affecte pas seulement l’Europe. Néanmoins, les tendances
nationalistes ont gagné en influence dans l’Europe toute entière, et plus particulièrement en
Belgique,
aux
Pays-Bas
et
dans
les
pays
Nordiques.
Le 19 Septembre 2010 est un jour qui
marquera à jamais les mémoires en Suède. En
effet, le résultat des élections législatives a
certainement transformé l’apanage traditionnel
de la politique en Suède de manière irréversible,
car
non
seulement
un
gouvernement
conservateur était réélu pour la première fois
depuis la Seconde Guerre Mondiale, mais aussi
car le parti d’extrême droite avait réussi pour la
première fois à obtenir un seuil suffisant de vingt
sièges pour être représenté au Parlement.
La pilule a été dure à avaler pour les Suédois qui
ont toujours été assez fiers de l’image qu’ils
renvoyaient comme étant celle d’un peuple
pacifique, s’évertuant à montrer l’exemple à
d’autres nations sur des questions relevant du
domaine social, de la sécurité et de l’éducation.
On peut considérer la Suède comme faisant
partie des pays du monde les plus développés
dans le secteur tertiaire. La réussite de la Suède
repose, en effet, sur sa politique d’imposition

qui établit les taux les plus élevés de l’Union
Européenne mais au-delà de cette considération,
elle profite aussi à l’ensemble de la population
suédoise. Cette politique a d’ailleurs été mise en
œuvre par le Socialdemokraterna, le parti de
gauche social-démocrate suédois, qui avait été
au pouvoir durant 65 des 78 dernières années. Au
cours de leur mandat, ils s’étaient efforcés
d’enraciner le principe de l’égalité des genres et
des races au sein de la société et étaient
largement favorables à l’accueil des réfugiés.
La Suède : Doctor Jekyll & Mr Hyde
La réussite des Démocrates Suédois semble
toutefois quelque peu controversée dans ce
dernier domaine. En effet le parti de gauche
social-démocrate, qui obtient le plus de soutien
dans les zones rurales et les centres urbains où la
population immigrée est la plus élevée, a été
associé à des mouvements néo-nazis dans les
années 80 et 90. Leur programme politique

20

consistait à réduire de 90% l’immigration liée
au regroupement familial et à l’asile
politique, imposant, de ce fait, des
contraintes sur les conditions requises à
l’obtention de la citoyenneté, et également,
des sanctions plus sévères à l’encontre des
étrangers qui auraient commis des délits
tout en cherchant à négocier avec l’UE. Par
ailleurs, ils considèrent que l’accroissement
de la population musulmane en Suède
représente la plus grande menace à laquelle
le pays doit faire face. De nos jours, on peut
d’autant plus retrouver des thèmes similaires
dans la majorité des programmes politiques
des
partis
d’extrême
droite.
Pas vu à la télé mais bel et bien là
Le succès retentissant du parti socialdémocrate suite à l’élection législative
n’était pas connu de tous. Les Démocrates
Suédois, et notamment leur chef de file
Jimmie Åkesson, étaient confrontés à une
très forte opposition lors de leurs campagnes
électorales/ meeting politiques car non
seulement les autres partis politiques
suédois s’étaient empressés d’annoncer
qu’ils ne chercheraient en aucun cas à
s’allier au parti, mais aussi en raison du fait
que leurs meeting politiques ont été
également en proie aux troubles, fomentés
par des partisans de la gauche et des
mouvements antiracistes. La chaîne de
télévision suédoise TV4 a même refusé de
diffuser l’enseigne publicitaire de leur
campagne électorale, qui montrait l’image
d’une retraitée suédoise se faisant doubler
par des femmes vêtues de la burqa dans la
course aux subventions sociales. Cependant,
les résultats de ces essais publicitaires
furent infructueux. Jimmie Åkesson ainsi que
son parti ont été érigés au rang de victimes,
renforçant d’autant plus leur popularité. Les
Politiques, et plus particulièrement ceux du
Danemark et de la Norvège ont accusé la
Suède
d’avoir
violé
les
principes
démocratiques, la nommant ainsi : « Une
République
de
technocrates
».
D’après les sondages, le parti d’extrême
droite arriverait 2ème en Finlande
Les prévisions se sont avérées justes en ce
qui concerne les attaques à l’encontre des

21

Démocrates Suédois, étant donné les
résultats des élections. Ils ont réussi à
obtenir 5,7% des votes et à entrer au
Parlement suédois pour la première fois dans
l’histoire. Ce renversement de la donne
politique vers les partis de la droite a suscité
de l’espoir parmi les autres partis
nationalistes, en particulier en Finlande, le
pays voisin de la Suède, où les élections
législatives sont prévues pour le 17 avril. A la
grande surprise des finlandais, le parti
nationaliste, Perussuomalaiset, qui avait été
jusqu’alors légèrement en marge des autres
partis politiques, semble rassembler un
nombre considérable de votes favorables et
s’inscrire ainsi comme le gagnant potentiel.
La Finlande devra peut-être faire face à un
Premier Ministre qui, soit dit en passant,
propose de fermer les frontières, de couper
les dépenses publiques allouées à l’art
moderne et de restreindre les politiques de
l’immigration. D’ailleurs, selon les derniers
sondages, Perussuomalaiset viendrait en
seconde position pour l’élection, placé à
0,1%
derrière
le
parti
conservateur
seulement. De plus en plus de partis à
caractère
nationaliste
franchissent
l’enceinte de la scène politique pour devenir
des forces dont il faut tenir compte. Quant
aux élections présidentielles françaises, qui
se dérouleront en 2012, Marine Le Pen,
présidente du « Front National », le parti
nationaliste français, obtient selon les
sondages davantage/bien plus de soutien de
l’opinion publique que l’actuel président
Nicolas Sarkozy ou tout autre candidat
potentiel.
La montée du nationalisme est un
phénomène qui n’a pas encore jusqu’à
maintenant gagné suffisamment de terrain
pour dominer le processus décisionnel. Le
triomphe des partis populistes est dû
notamment dans nombre de pays à la crise
et à la récession économique auxquelles ils
ont dû faire face. Le fait qu’on assiste à un
changement radical de la donne politique
reste encore à voir. L’UE se retrouvera
certainement confrontée à des difficultés
face à ces chefs politiques qui n’acceptent
aucun
transfert
de
souveraineté.

E Un semestre pour
C
O REPENSER LA GOUVERNANCE ECONOMIQUE
N
O par Stéphanie Guinard
M
Plus les effets de la crise économique, et ceux
I
des
dettes
souveraines, se sont fait sentir, plus la
E
nécessité de réformer la gouvernance économique
de la zone euro s’est faite pressante. Aussi, dès le
mois de mai, la Commission européenne a proposé
l’instauration d’un « semestre européen ».
La crise grecque a clairement montré les
limites du système de surveillance actuel des
finances publiques. De 2000 à 2008, le montant
du déficit budgétaire de la Grèce communiqué
à la Commission européenne était en moyenne
de 2,9 % du produit intérieur brut, soit à
l’intérieur des limites posées par les critères de
Maastricht fixées à 3% du PIB. En réalité il
s’élevait à 5,1%. Un tel écart justifie clairement
de profondes transformations du système de
surveillance.
Le « semestre européen » a été lancé le
12 janvier 2011 avec la présentation par la
Commission européenne de son « examen
annuel de la croissance ». Le « semestre
européen » commencera ainsi chaque année, au
mois de janvier par cet examen qui sera ensuite
discuté au Conseil de l’Union européenne et au
Parlement
européen.
L’objectif du « semestre européen » est de
mettre en place une surveillance plus intégrée
des finances publiques des Etats européens. Il
s’agit de coordonner ex ante les politiques
économiques et budgétaires de l’ensemble des
Etats
de
la
zone
euro.
Le contrôle ex-ante n’est pas synonyme de
transfert de souveraineté
Au Conseil européen de printemps, les
Etats membres fixeront les nouveaux défis à
relever,
et
définiront
les
orientations
stratégiques des prochaines politiques à mettre
en place. Sur ces bases, les Etats membres
présenteront leur programme de stabilité et de
croissance, et élaboreront leurs programmes
nationaux de réforme touchant des domaines
tels que l’emploi, l’innovation, ou l’énergie.

EUROPEENNE

Ces deux documents seront ensuite transmis à
la Commission européenne au mois d’avril, qui
en fera une évaluation. A partir de cette
évaluation, les ministres des finances de l’UE,
réunis en Conseil, formuleront des orientations
spécifiques pour chaque Etat membre, qui leurs
seront présentés avant qu’ils n’aient finalisé
leur projet de budget pour l’année à suivre.
Enfin les projets de budget seront transmis aux
parlements
nationaux
qui
continueront
d’exercer pleinement leur pouvoir budgétaire,
restant ainsi souverains dans leur décision
finale.
Une coordination budgétaire plus serrée
entre les Etats-membres
Il s’agit donc de rendre les orientations
budgétaires des Etats européens plus intégrées,
mieux coordonnées, afin de reconduire
l’économie européenne dans un cercle vertueux
de stabilité et de croissance, dans la lignée de
la stratégie UE 2020. Ayant en effet mesuré, au
travers des crises grecque et irlandaise, toute
la dangerosité des déséquilibres budgétaires,
qui ne menacent pas seulement l’économie
d’un Etat mais la stabilité de l’Union
européenne tout entière, cet exercice se veut
être un moyen efficace d’éviter de nouveaux
dérapages
nationaux.
La Commission européenne a d’ailleurs
conduit en novembre 2010 un sondage
d’opinion sur la gouvernance économique de
l’Union européenne. Les trois quarts des
personnes interrogées s’expriment pour plus de
coopération
entre
les
Etats
membres,
notamment entre ceux de la zone euro.
••

22

C
U
L
T
U
R
E

Agenda - Avril 2011
Semaine européenne de l’énergie durable
Du 11 au 15 avril

Vous trouverez le programme complet des différentes conférences et évènements
sur http://www.eusew.eu/

Les Conférences de la
Maison de l'Europe de Paris

35-37, rue des Francs-Bourgeois, 4e arr.

- Mardi 12 Avril
Réunion des ministres des affaires
étrangères sur la situation des pays
arabes, du Caucase du Sud et de
la Biélorussie
- Dimanche 17 Avril
Elections législatives en Finlande
- Samedi 30 Avril
Fête nationale aux Pays-bas

Cinéma
We want sex equality
vu par Marianne Doyen

L’égalité des sexes : quoi de neuf depuis 1968 ?

L'objectif du programme est de sensibiliser les
entreprises et les citoyens aux questions liées aux énergies
renouvelables et de discuter autour du thème du
développement durable lors de nombreuses manifestations.
Cette année," l'efficacité énergétique" est à l'honneur. En
association avec la Commission européenne, des conférences
auront lieu toute la semaine à Bruxelles, et des Energy Days
seront
organisés
dans
plusieurs
villes
d'Europe.

Brèves

C
U
L
T
U
R
E

• Les Européens face aux
révolutions arabes
Lundi 4 avril, 18h30 - 20h00

Sorti le 9 mars, le film « We Want Sex Equality » relate le
combat pour l’égalité salariale d’une centaine d’ouvrières de
l’usine Ford de Dagenham, en Grande-Bretagne. Quant à le
considérer comme un authentique monument féministe, rien
n’est moins évident.
Le titre français reprend l’intitulé de la banderole fièrement arborée par les ouvrières de Ford,
exigeant l’égalité des sexes dans le travail, c’est-à-dire l’obtention d’un salaire égal à celui de leurs
collègues masculins. Cette même banderole donne d’ailleurs lieu à une scène savoureuse dans le film
: mal déroulée, elle cache le dernier mot. Et les automobilistes – tous des hommes - de s’en donner à
cœur joie avec force klaxons. Le titre anglais, Made in Dagenham, met quanta lui l’accent sur cette
petite ville qui a « fait l’histoire ». Le mot est prononcé par Rosamund Pike (vue dans Une Education),
qui incarne la femme du patron de l’usine Ford. L’oppression et les mesquineries qu’elle vit au
quotidien sont cause de son enthousiasme face au mouvement incarné par Sally Hawkins (Be Happy) Rita, dans le film. Devant les patrons revêches, cette dernière se découvre l’âme syndicale et
conquérante, devenant ainsi le porte-parole improvisé des femmes de l’usine. Leur détermination fait
parler d’elles, suscitant admiration - des trotskistes - et indignation - des maris, condamnés à garder
les enfants et faire à manger. Véritable catastrophe, à en croire le film, et qui donne lieu à des gags /
clichés
malheureusement
un
peu
lourdauds.

• L’Union européenne et les
«révoltes arabes» : quel
rôle ? quel(s) impact(s)?
Jeudi 28 avril, 18h30 - 20h00

Les héritières des suffragettes, ces femmes ayant revendiqué le droit de vote dans les années
1900, sont finalement invitées à se rendre à Londres, au Ministère du travail occupé par Barbra
Castle, assez convaincante en femme à poigne et « rousse explosive », comme elle se définit ellemême. Barbra Castle se range à leurs côtés, mais doit batailler ferme avec le premier ministre et
autres misogynes. Les ouvrières obtiennent l’assurance d’un salaire égal, consignée dans l’ Equal Pay
Act
de
1970.
La fin du film voit la salle, en partie, en proie à l’euphorie, mais il faut noter que l’excès de pop noie
quelque peu le propos. Sur fond de minijupe, de coiffures-choucroutes et d’optimisme sans faille et,
il faut le dire, un peu mièvre, le film cède à l’émotion facile. D’autre part, on ressent un certain
malaise à voir que chaque pas que fait Rita en direction de l’égalité hommes femmes, est en réalité
dicté par la petite voix du vieux délégué syndical, un bonhomme sympathique et sincère au
demeurant. Comme si on doutait de la possibilité historique des femmes à avoir eu, seules, l’idée de
demander un salaire égal, puis assez de fermeté pour se conformer à leur résolution de faire une
grève longue. Comme si, pour prendre conscience de sa condition et « faire l’histoire », on ne pouvait
après tout se passer des bons conseils d’un homme. On se serait bien passé de ce paternalisme qui,
néanmoins,
nous
apparaît
curieusement
familier.

Plus d’informations sur
http://www.paris-europe.eu/

On ressort de la salle sans avoir appris grand chose, et avec une question en tête : Mais au fait,
l’égalité
de
traitement
en
matière
de
salaire,
ça
donne
quoi
en
2011
?

• L’Europe dans le monde après
le traumatise japonais et le
clash arabo-méditerranéen
Mercredi 6 avril, 18h30 - 20h00
• Les Européens dans l’Union
européenne du 21ème siècle
Mardi 26 avril, 18h30 – 20h30

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