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Title: 120710_ECO24_C_00_ROISSY
Author: bjourdain

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24 économie l focus

mardi 10 juillet 2012 LE FIGARO

Pétrole : une grève menace la production
en Norvège www.lefigaro.fr/economie

L’Europe tente d’apaiser les maux de l’Espagne
Les taux espagnols dépassent 7%. Madrid devrait obtenir un délai pour réduire son déficit à 3%.
JEAN-JACQUES MÉVEL

Espagne

CORRESPONDANT À BRUXELLES

TAUX
D’EMPRUNT
À 10 ANS,
en, %

7,062

7,075

Source : Bloomberg

7,05
7,025
7

6,975
9 heures
18 heures
Journée du 9 juillet

ZONE EURO L’Europe s’apprête
à ouvrir un double ballon d’oxygène à Madrid, de nouveau étranglée
par des taux d’intérêt prohibitifs.
Les ministres des Finances de l’UE
se prononceront ce mardi sur un
desserrement exceptionnel de la
contrainte budgétaire imposée à
l’Espagne, après que l’Eurogroupe
s’est emparé lundi soir d’une autre
urgence : la recapitalisation de ses
banques.
La brutale remontée au-dessus
de 7 % du coût des emprunts espagnols, lundi, semble avoir précipité
l’agenda. Avec le gouvernement
Rajoy, l’Europe redoute plus que
tout de voir le royaume poussé,
après ses banques, au guichet de
l’assistance européenne. Le revers

serait cinglant, dix jours à peine
après un sommet consacré à la relance de l’union monétaire. À 7 %,
les taux espagnols sont jugés intenables et c’est à ce niveau que la
Grèce, l’Irlande et le Portugal se
sont retrouvés financièrement à genou.
Les Européens entendent donc
soulager l’équation budgétaire de
Madrid sur deux plans. Une assistance pour le renforcement des
banques espagnoles, déjà décidée à
hauteur de 100 milliards d’euros
mais dont la mise en œuvre s’avère
plus compliquée que prévu. Et un
délai de grâce d’un an pour réduire
le déficit budgétaire : l’objectif 3 %
en 2013, imposé à la quasi-totalité
des pays de l’UE, serait reporté à
2014 pour l’Espagne, sur proposition de la Commission européenne.
Ce report d’échéance est l’élément nouveau et les 27 ministres

des Finances de l’UE ont encore à
lui donner leur feu vert. Le Français
Pierre Moscovici s’est déjà prononcé pour « une avancée décisive » en
faveur de l’Espagne. Le nouveau
calendrier proposé par Bruxelles
prévoit un déficit budgétaire de
6,3% cette année, puis 4,5% en
2013 et 2,8% en 2014.

Objectif irréaliste
Jusqu’ici, le plafond était fixé à 3%
dès l’an prochain, objectif irréaliste
en pleine récession. En contrepartie, Mariano Rajoy s’engagerait à
précipiter sa réforme fiscale avec un
allégement des charges sur le coût
du travail et un relèvement de TVA.
La recapitalisation des banques
espagnoles grâce à des fonds européens s’annonce de son côté plus
lente qu’escompté. Les ministres de
l’Eurogroupe devaient s’entendre
lundi soir sur les lignes politiques de

l’opération : notamment l’obligation de relever à 9 % le ratio de
fonds propres « durs » des banques
espagnoles et la nécessité pour Madrid de « restructurer » les établissements jugés non viables.
Il faudra pourtant attendre la
rentrée pour connaître le besoin
précis de financement, les conditions de prêt du fonds de sauvetage
et le rythme des décaissements, indique un responsable bien placé :
« Le calcul se fait banque par banque, bilan après bilan et cela prendra
du temps. » Une autre question est
la possibilité pour le fonds de sauvetage MES de financer directement la recapitalisation comme le
souhaite Madrid, sans passer par le
Trésor espagnol, ni alourdir la dette
du royaume.
Cette facilité, voulue par le sommet du 30 juin, dépend d’un préalable posé par l’Allemagne : la mise

en place d’une instance de surveillance unique des banques, à
l’échelon européen. « Il est important d’aller vite », insiste Pierre
Moscovici qui souhaite un mécanisme opérationnel d’ici à la fin 2012.
Le pari des experts est qu’il faudra
attendre 2013 et peut-être 2014.
Resterait alors à régler deux
questions. La garantie d’État donnée par l’Espagne aux prêts « directs » du fonds de sauvetage européen.
Et
la
nature
des
recapitalisations de banques entreprises d’ici là par Madrid : de fait, il
s’agira de nationalisations partielles
que le MES ne pourrait pas simplement reprendre à son compte.
Le dossier espagnol, plutôt lourd,
aura laissé peu de place à deux
autres : la Grèce, en attendant un
rapport approfondi de la troïka, et
la succession de Jean-Claude Juncker à la tête de l’Eurogroupe. ■

À Athènes, le bras de fer des « hommes en noir » de la troïka
Klaus Masuch

Allemagne
Représentant de la Banque
centrale européenne (BCE),
en charge des réformes
structurelles.

Poul Thomsen
Danemark
Directeur adjoint
du Fonds monétaire
international, spécialiste
de l’Europe centrale.

Matthias Mors

Allemagne
Direction générale
des affaires économiques
et financières à la
Commission européenne

RENAUD GIRARD (ENVOYÉ SPÉCIAL)
ET ALEXIA KEFALAS (ATHÈNES)

GRÈCE

LA CRISE EN CHIFFRES

270

milliards d’euros
Montant de la dette
grecque

-6,2%
Chute de croissance
au premier trimestre

7,3%

C

Déficit sur PIB
prévu en 2012

Pas de vacances dans les îles pour
l’élite politique et administrative
grecque. Une fois n’est pas coutume, les ministres et les directeurs
d’administration centrale devront
passer tout leur été à travailler
dans la canicule à Athènes, au lieu
d’aller en famille se rafraîchir dans
l’eau si bleue de la mer Égée. Le signal du travail immédiat pour la
réforme en profondeur de l’État
leur a été donné, sans accommodement
possible,
dimanche
8 juillet 2012, par trois hommes en
noir.
Ils s’appellent Poul Thomsen,
Klaus Masuch, Matthias Mors. Le
premier est un Danois, grand,
blond, aux yeux très bleus. Les
deux derniers sont allemands ;
l’un de haute taille et à lunettes,
l’autre plus chétif mais au regard
d’aigle. Toujours vêtus de costumes stricts, ce sont les hauts représentants de ce qu’on appelle,
depuis le printemps 2010, la troïka.
Ils représentent respectivement le
Fonds monétaire international de
Washington (FMI), la Banque centrale européenne de Francfort
(BCE), la Commission européenne
de Bruxelles (UE).
À chaque fois qu’elle se déplace à
Athènes, elle captive les médias,
hypnotise les politiques, terrorise
les fonctionnaires. Travaillant jour
et nuit, elle épluche les comptes
publics, les projets de lois, les réformes réalisées. Des rapports de la
troïka dépend le déblocage des
versements des deux gigantesques
plans d’aide accordés à la Grèce
(110 milliards d’euros de prêts bo-

nifiés approuvés au sommet européen du 2 mai 2010, 130 milliards
supplémentaires décidés au sommet du 8 mars 2012).
Surendettée par trente-huit ans
de laxisme budgétaire, incapable
d’emprunter sur les marchés depuis trois ans, la Grèce a obtenu ce
financement exceptionnel - pour
lequel il fallut modifier les traités
européens -, en échange de son
engagement à mettre en œuvre un
train de réformes structurelles et
budgétaires, figurant au sein de
deux documents appelés « Mémorandum I & II ». Ce sont des textes
pleins de bon sens économique,

«

Le pays n’a même
pas de cadastre,
sauf quelques îles
du Dodécanèse

»

élaborés conjointement avec la
crème des hauts fonctionnaires
grecs.
Mais comme ni la droite ni la
gauche n’ont rien réformé depuis
l’accession de la Grèce à la zone
euro, la liste des choses à faire est
titanesque. Exemple : le pays n’a
même pas de cadastre, sauf quelques îles du Dodécanèse, auxquelles les Ottomans, puis les Italiens,
en ont laissé un. Difficile, sans cadastre, d’attirer des investisseurs
étrangers qui seraient intéressés
par la privatisation projetée de
terrains publics vacants, comme
l’ancien
aéroport
Ellinikon
d’Athènes.
Pour venir en aide à la troïka et à
leurs collaborateurs, l’Union européenne a dépêché gratuitement à

Athènes, une « task force », mission d’experts permanente, chargés d’accompagner les hauts fonctionnaires
grecs
dans
l’accomplissement des réformes
structurelles.
Dirigée par l’Allemand Horst
Reichenbach, la « task force » a
divisé ainsi le travail : aux Français
la réforme administrative (la Grèce
est dépourvue d’un secrétariat général du gouvernement) ; aux
Nérlandais le cadastre et la politique environnementale (le pays est
le plus en retard des 27membres de
l’UE en matière de déchetteries) ;
aux Allemands la réforme fiscale et
l’absorption des fonds structurels
européens finançant le développement des grands projets (ports,
autoroutes, énergie). « L’Europe
en marche, c’est avant tout celle de
l’entraide entre États membres.
Vous voyez qu’ici, Bruxelles n’a pas
lésiné sur les moyens humains »,
souligne Panos Carvounis, chef de
la représentation permanente de
l’UE à Athènes.
Malheureusement, dès le premier déplacement des hommes en
noir à Athènes, au printemps 2010,
les Grecs n’ont pas voulu prendre
au sérieux la mission de la troïka.
Gouvernement et médias réunis se
sont livrés contre elle à une guérilla de collégiens, nourrie par
l’ancestrale geste grecque de la résistance à l’étranger. Les surnoms
sont tombés comme de la grêle.
Reichenbach devint, sous la
plume de l’éditorialiste Giorgos
Delastik, le « Gauleiter envoyé par
le quatrième Reich ». Petroula, la
plus provocante des speakerines
de télévision, aux robes raccourcies « par pénurie de tissu, due à la
crise », se transforma en paparazzi

de la troïka. En direct dans le journal de la chaîne Star, elle ne cessait
d’harceler Poul Thomsen à sa sortie du ministère des Finances, l’appelant « Mister Blue Eyes », et
quémandant une petite phrase,
rien que pour elle.
Le ministre de la Protection civile, Michalis Chrissohoidis, a
avoué dans un talk-show télévisé

«

Au cours de leur
premier séjour,
les hommes en noir
se sont fait piéger par
la proverbiale hospitalité
grecque

»

qu’il n’avait pas lu le « Mémorandum », qu’il avait pourtant ratifié.
Les ministres du gouvernement
Papandréou (octobre 2009-novembre 2011) passaient leur temps
à expliquer aux journalistes l’héroïsme de leur résistance aux
« diktats » des hommes en noir. Ils
oubliaient bien sûr de préciser que
c’est Papandréou lui-même qui fit
appel au FMI et à l’UE.
On a même eu droit au baroud
de la grande bourgeoise patriote.
Cherchant, par souci de diminuer
les notes d’hôtel, un grand appartement pour s’installer, la troïka
en trouva un, non loin de la Résidence d’Espagne, dans la très chic
rue piétonne Denys l’Aréopagite,
au pied de l’Acropole. La propriétaire avait conclu sur la base d’un
loyer mensuel de 9 000 euros
(dix-neuf fois le smic !). Mais elle a
exigé le versement d’une partie en
liquide.

À peine les Européens avaientils acquiescé que la bourgeoise
s’est empressée d’aller les dénoncer à la presse ! Le FMI a dû se fendre d’un communiqué pour annoncer qu’il avait finalement opté
pour un bail dans un quartier plus
modeste, dans une banlieue du
nord de la capitale…
Au cours de leur premier séjour,
les hommes en noir se sont fait
piéger par la proverbiale hospitalité grecque. Un soir, les pontes du
ministère des Finances les invitent
à dîner à la « Villa Mercedes » dans
le quartier « bobo » de Gazi. C’est
une boîte branchée, où de jeunes
femmes en Bikini dansent debout
sur le bar. Le surlendemain, toute
la presse populaire publiait une
photo de Poul Thomsen entrant au
ministère des Finances. Les agrandissements montraient qu’il portait au cou une étrange marque
rouge, aussitôt qualifiée de « suçon ». Depuis ce jour, les hommes
de la troïka s’abstinrent de toute
sortie nocturne…
Le nouveau gouvernement Samaras semble avoir compris que
les jours de ce petit jeu anti-troïka
étaient bel et bien révolus. Lors
d’une longue séance de travail
avec le ministre des Finances
Stournaras, le dimanche 8 juillet,
les hommes en noir ont fait
constater que quelque 210 objectifs
mentionnés dans le « Mémorandum » n’avaient pas été atteints.
Ils ont ensuite prévenu leurs partenaires grecs que, faute de les
remplir, le pays n’obtiendra pas le
versement d’une tranche vitale de
31,5 milliards d’euros, attendue
pour la fin du mois d’août. Et annoncé qu’ils seraient de retour à
Athènes dès le 24 juillet… ■


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