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Cours Magistral (1) .pdf



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Title: CM Psychologie Sociale
Author: Vicky

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CM Psychologie Sociale 2012-2013
Cours du 23.01.13

Chapitre 1 : l’e cole de Palo
Alto
A.

Les fondements et origines de l’approche systémique

Développement d’une approche systémique ; s’inspire de plusieurs courants
« Ecole » = Appellation un peu fausse car elle désigne en réalité un ensemble de chercheurs qui ont travaillés
de façon interdisciplinaire dans la petite ville de Palo Alto, près d San Francisco. Cette appellation d’école est
trompeuse car il n’y a jamais eu d’école à proprement parlé et le terme désigne plutôt des chercheurs ayant
eus des affinités communes et notamment la thérapie clinique et les théories de la communication
interindividuelle.
Il n’y a pas eu un mais deux regroupements de chercheurs qui correspondent à deux moments
spécifiques du dvpt des recherches sur l’approche systémique.



Le premier courant est celui des fondateurs avec BATESON.

Il est le plus connu et qui sera le premier à adopter l’approche systémique à l’étude des relations
humaines et ceci en partant de ses travaux antérieurs d’ethnologue. L’approche développée s’appuie sur
l’apport de plusieurs sciences ; tout d’abord, la cybernétique. Ensuite, la biologie qui est notamment
représentée avec les travaux de VON BERTNALENFLY. Puis les théories de l’information de SHANNON.
C’est à la fin des années 1940 que BATESON va rejoindre l’Hôpital de la Vétéran Administration à Palo
Alto et qu’il va s’entourer d’un certain nombre de chercheurs qui vont permettre la constitution du premier
groupe. Ils vont poser les nouvelles bases d’une thérapie dans les problèmes notamment liés à la schizophrénie
des jeunes enfants. Pour la première fois, l’individu n’est plus considéré comme le seul impliqué dans la
maladie. Il est le signe d’un dysfonctionnement du cadre général du groupe d’individus avec lequel il est en
interactions au quotidien. Ces nouvelles approches vont révolutionner la thérapie clinique mais aussi remettre
en question l’hégémonie de la théorisation psychanalytique dans le champ de la psychologie.
Le problème de schizophrénie ne doit pas être analysé du pdv de l’indiv mais dans un cadre général
avec les interactions de son quotidien, de sa vie en générale. Tenir compte des interactions avec les autres.
La notion de « double-bind » développée en 1956 que l’on peut traduire par « double contrainte ».
Elle s’est révélée très efficace dans son application thérapeutique.
Le deuxième temps avec la rencontre de WATZLAWICK. Cette rencontre a eu lieu un peu après le Mental
Research Institute (M.R.I.). Pour la formation, WATZLAWICK est docteur en psychologie et diplômé de
psychanalyse. Sa particularité est notamment sa connaissance en philosophie du langage et en logique qui vont
lui permettre de théoriser les données de la pratique thérapeutique.

L’approche systémique
2e année
1

CM Psychologie Sociale 2012-2013
On a pensé que Palo Alto était plus souvent un regroupement de post-cybernéticiens appliquant des
schémas réducteurs à des phénomènes de communication complexes. En réalité, on peut dire que cette école
avait un objectif plutôt modeste mais, par certains aspects, très ambitieux. Par exemple, avant la création de
cette école, se servir des théories systémiques de VON BERTALANFLY dans l’étude des relations humaines
constitue une révolution dans l’approche de phénomènes de communication. En effet, l’approche systémique
se base sur plusieurs points centraux :
-

Dans un système, ce qui vit, c’est un réseau de communication dont tous les nœuds sont en
interactions les uns avec les autres.
Ces interactions se produisent selon des modalités bien spécifiques et elles tendent globalement à
l’équilibre général du système, l’homéostasie ou au déséquilibre de celui-ci.
Toute interaction produit des effets de rétroactions ou « feedbacks ». Le rôle du feedback négatif est
de réduire l’écart par rapport à une norme fixée.
Chacun des nœuds de l’interaction possèdent un champ spécifique qui établit les limites de son
identité culturelle et symbolique (HALL).

La plus grande originalité de l’école de Palo Alto réside dans la conception particulière du langage qui est
utilisée dans les processus thérapeutiques. Ce langage va être étudié à partir d’une méthode bien spécifique.
1.
2.

Tout d’abord, on va étudier le système dans lequel se situe le comportement pathologique et on va
rechercher les phénomènes de « double-bind ».
Dans un second temps, on va mettre en place une thérapie collective qui va inclure tous les membres
du système concerné. On va utiliser des techniques de mise en situation paradoxale afin de créer un
« double-bind » artificiel.

BATESON
Il est le théoricien principal du groupe de Palo Alto. C’est l’application de ses travaux dans le champ des
thérapies familiales qui caractérise cette école. Il va étudier les paradoxes de la métacommunication. On parle
de « paradoxe » quand, dans un message, il y a une contradiction entre les informations et les métainformations. (ex : « je suis un menteur » ; « soyez spontané » ; On est en permanence entouré de ces messages
paradoxaux.)
C’est donc dans un article de 1956 qu’il va montrer qu’il existe un système pathologique de relations
familiales dans lesquels on échange des messages contradictoires. (ex : un enfant qui est repoussé
physiquement par sa mère va apprendre à ne plus s’en approcher ; mais si la mère lui demande verbalement de
venir vers elle, il va se retrouver dans un situation où aucune réponse ne peut convenir et où il doit désobéir à
l’une ou l’autre injonction).
Selon cette approche, la psychose s’expliquerait quand aucune adaptation n’est possible. A la fin de sa
carrière, BATESON va retourner à ses premières préoccupations qui portait sur la communication animale.

DON JACKSON
Il va intégrer ce premier courant durant l’année 1954. Il est psychiatre et psychanalyste. Il va être très
influencé par les travaux sur les schizophrènes. Dans les années 1940, on suggère que la schizophrénie pourrait
résulter d’une relation faussée entre la mère et l’enfant et on va proposer l’expression de « mère
schizophrénogène ». C’est en 1954 que DON JACKSON va présenter une communication importante sur la
question de l’homéostasie familiale. Dans cette communication, la famille est décrite comme un système en
équilibre interne grâce au phénomène de feedback. Il fonde le M.R.I. en 1959 et va développer deux
hypothèses principales.

2e année
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CM Psychologie Sociale 2012-2013
1.

2.

Si l’état d’un malade dans la famille s’améliorait, cette situation avait des conséquences sur l’état
général de la famille. Elle constitue le principe de base de la thérapie familiale systémique. Donc,
si un membre présente un désordre psychologique, l’intervention doit porter sur toute la famille.
Il utilise une technique qui porte directement sur les symptômes exprimés par le patient. Il va
suggérer à des patients paranoïaques d’être plus méfiants. Si un patient le soupçonne d’avoir
caché un micro dans son cabinet, il va se mettre à fouiller la pièce avec lui. Elle se fonde sur le
« double-bind ».

LE M.R.I. peut être appelé Institut de recherches et de formation pour l’étude interactionnelle des
individus, familles et de leur communauté. A sa création, il est constitué d’une psychologue de renommé
importante, Virginia SATIR, mais aussi d’un psychiatre, RUSKIN. En 1961, BATESON va embaucher
WATZLAWICK, WEACKLAND et HALLEY.

HALEY
HALEY a été très influencé par Milton ERICKSON qui est un célèbre psychiatre et hypno-thérapeute
américain à l’origine de nombreuses écoles de thérapies et de communication moderne. La particularité de ce
psychiatre est qu’il aura souffert de graves maladies tout au long de sa vie et ceci va contribuer à forger sa
personnalité. C’est son handicap qui va donner dans l’échange des particularités puisqu’il va se baser sur le
langage non verbal, le ton, le rythme de la voix etc.
Cours du 30.01.13
Il va diriger une revue appelée « Family process » et développer une analyse des interactions verbales
au sein de la famille. En 1967, le M.R.I. devient une clinique psychothérapeutique avec la fondation du B.T.C
(Centre de Thérapie Brève). JACKSON disparaît brutalement en 1968.

Caractéristique du BTC
Fondée par FISCH, WEACKLAND, WATZLAWICK. L’idée fondamentale est de réduire le temps pour
résoudre un problème. On va chercher à savoir comment le problème se maintient et qu’est-ce qui, dans
l’interaction, entretient ce problème ? Le travail thérapeutique se fait avec du matériel audio-vidéo et une
glace sans-teint. Le but est de réduire au maximum la durée du traitement. L’attention se porte sur
l’interaction mais le travail a lieu le plus souvent avec une seule personne qui est celle qui souhaite le
changement. La personne qui se plaint du problème n’est pas nécessairement le porteur du symptôme. (Ex :
dans les pb d’alcoolisme, c’est souvent une demande qui vient du partenaire.)
Le but est d’éviter les abstractions et le changement va être amené par ce qu’on appelle des
recadrages et des prescriptions comportementales. La Programmation Neuro-Linguistique est fondée par
BANDLER et GRINDER se base des notions de recadrage et de prescriptions comportementales. Ces thérapies
ont bousculé les principes car la neutralité du thérapeute a été complètement remise en question. En effet,
même quand on ne dit rien, il est impossible de ne pas influencer. Dans ces techniques, les recadrages et
prescriptions vont s’appuyer sur les paradoxes repérés et le thérapeute va adopter ce que l’on appelle « une
thérapie stratégique ». Pour les puristes de cette thérapie, le problème doit être réglé en 10 séances ou moins.

Avec cette approche, on voit que l’école de Palo Alto appelée aussi « le Collège invisible » car il s’est
développé de manière informelle est opposée à la théorie freudienne. En effet, il s’agit de traiter les malades
non plus suivant le schéma classique de la psychanalyse névrose-psychose mais en travaillant sur les
interactions actuelles du patient avec l’environnement. Par extension, on observe ces recherches dans le
champ de l’organisation des entreprises.

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CM Psychologie Sociale 2012-2013
BIRDWHISTELL
BIRDWHISTELL (1918-1994) est un anthropologue américain qui est devenu un spécialiste dans le
domaine de la kinésie. Il va notamment fasciner un de ses étudiants, GOFFMAN, qui cherche à comprendre
comment s’articule le rapport du corps à la société. Il va étudier les gestuels et montrer que cette image
corporelle renvoie à un état de santé. Il émet l’hypothèse qu’il existe un petit nombre de positions corporelles
parmi des milliers et, ainsi, il va dégager ce que l’on appelle une cinquantaine de kinèmes. En 1956, on lui
propose de réaliser une recherche kinésique approfondie. C’est ainsi qu’il va se mêler à l’équipe de psychiatres
et de linguistes de l’école de Palo Alto pour détailler une scène dans un film intitulé « Doris ». Ce petit film va
analyser en détail une très brève séquence durant laquelle deux personnes sont en interaction.
BIRDWHISTELL rejette l’idée selon laquelle le geste est une sorte de cadre autour du langage. Pour lui,
le geste et le langage s’intègrent dans un système formé de plusieurs modes de communication : le toucher,
l’odorat, l’espace et le temps. Il n’emploie pas l’expression « on ne peut pas ne pas communiquer ». Il pense
qu’il faut voir la communication comme un système dans lequel les interlocuteurs s’engagent.

HALL
1914-2009 ; il a écrit : « en matière de communication transculturelle, l’essentiel n’est pas de
communiquer un message donné mais d’obtenir de l’interlocuteur la réponse espérée. Il est plus important de
déclencher la bonne réponse que d’envoyer le bon message. » (1990).
HALL est un anthropologue américain qui a travaillé sur les variantes culturelles entre les peuples et
qui a notamment publié comme ouvrage « Le langage silencieux » (1959) ou encore « la dimension cachée »
(1966). C’est au sein d’un institut de services étrangers qu’il a décidé de se consacrer à l’analyse
microculturelle, c’est-à-dire le ton de la voix, les gestes, le temps et l’espace comme aspect de la
communication.
Il a travaillé avec deux éminents linguistes : SMITH et TRAGER. En tant que formateur, il va se
concentrer sur ces éléments culturels appris et utilisés inconsciemment. Il estime qu’il est possible de rendre
conscient tous ceux qui vont partir dans une culture étrangère et les amener à comprendre que les autres
n’interprètent pas le comportement comme nous. C’est pour assurer l’efficacité de son enseignement qu’il va
voyager à travers le monde. Il va fonder des termes clés comme celui de « proxémie ». L’analyse des systèmes
proxémiques se base sur la territorialité. La proxémie désigne l’ensemble des observations et théories
concernant l’usage que l’Homme fait de l’espace en tant que produit culturel spécifique. Il a isolé trois
niveaux proxémiques :
-

Niveau infraculturel : concerne le comportement et est ancré dans le passé biologique de l’Homme.
Niveau préculturel : il est physiologique et appartient au présent
Niveau microculturel : où se situent les observations proxémiques

Il va donc développer son expérience des contacts interculturels pour étudier les « chocs culturels » et il va
donc observer la mise en contact de personnes de différentes cultures. (ex : japonais – américain – allemand)

La démarche éthologique
C’est la science des comportements des espèces animales, a révélé l’importance de la notion d’espace. Elle
révèle en particulier que le comportement animal est sous-tendu par un besoin fondamental, celui de disposer
d’un territoire et de maintenir une certaine distance par rapport à autrui. La territorialité se définit comme la

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CM Psychologie Sociale 2012-2013
conduite caractéristique adoptée par un organisme pour prendre possession d’un territoire et le défendre. Ce
concept est apparu pour la 1ere fois dans le livre d’un ornithologue, HOWARD (1920) « Territory in bird life ». Il
y a de nombreuses études qui montrent ce comportement de territorialité avec des animaux qui vont se
délimiter une zone et exhiber un comportement spécifique très particulier qui est le comportement agressif
ritualisé.
Ex : une certaine variété de libellule volent au-dessus du lac, les iguanidés qui prennent des postures pour
défendre leur territoire etc.
La territorialité intervient dans la préservation de l’espèce et de l’environnement et elle a aussi un rôle
à jouer dans les fonctions personnelles et sociales. HEDIGER est une spécialiste de la psychologie animale et a
décrit un certain nombre de distances utilisées par les animaux. (ex : la distance de fuite et la distance critique
entre en jeu lors de rencontres d’espèces différentes). Les distances personnelles et sociales correspondent aux
relations entre membres d’une même espèce.
Cours du 06.02.13
La notion de territoire :
La question du territoire est aussi liée à la taille de l’espèce vivant sur ces territoires. Il y a des territoires qui
sont dits « permanents », par exemple, ceux de certains oiseaux (les rapaces) et il y a aussi des territoires qui
sont dits « saisonniers », c’est le cas de l’épinoche (poisson) au moment de la reproduction. Il y a aussi des
territoires qui sont individuels ou de couples, par exemple, pour le hamster c’est un territoire de couple très
petit. Il y a des territoires qui sont très grands, c’est le cas des rapaces (plusieurs km²) mais cela concerne aussi
les territoires des oiseaux qui vivent en bande.
La notion de « marquage de territoire » :
Concernant la notion de « marquage du territoire » et la défense du territoire, pour HOWARD,
l’emplacement de la frontière est souvent un problème défini comme un problème de conflit de motivation. Il y
a un endroit entre les deux territoires où les deux motivations vont être en équilibre c’est ce qu’on appelle la
frontière. Celle-ci serait psychologique et c’est à ce niveau que l’on va observer les conduites ritualisées. Ces
résultats dans le champ de l’éthologie ont passionné les psychologues qui se sont demandés s’il n’existait pas
chez l’Homme un instinct territorial identique à celui que l’on observe chez les espèce animales.
La notion de distance chez l’Homme :
Mode
Distance

Proche

Lointain

Intime

/

15 à 40 cm

Personnel

45 à 75 cm

75 à 125 cm

Social

1,20 m à 2,1m

2,10m à 3,60m

Public

3,6m à 7,5m

7,5 et au-delà

Chez l’Homme, les distances de fuite sont éliminées et les travaux de HALL proposent 4 types de distance :
-

Intime
Personnelle :

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CM Psychologie Sociale 2012-2013
-

Sociale
Publique

Il pense que le problème de distance chez l’Homme est le résultat de modifications sensorielles ; par exemple,
la modification de la voix a un impact sur les distances (quand on chuchote, on est proche).
La notion de « gestion de l’espace » chez l’Homme :
Les recherches sur l’utilisation de l’espace se sont intéressées à la notion de « monde familier ». Il est
défini comme l’ensemble des personnes ou des objets familiers associés à un espace. Cette zone est chargée
émotionnellement et elle est définie par HALL comme une « bulle » et par HOROWITZ comme « une zone
tampon ». L’idée, c’est que le corps va au-delà de la surface de la peau et il englobe une portion d’espace
autour de l’individu qui ne peut être pénétré par autrui sans provoquer des réactions de défense. Cette zone
est franchie dans certains cas comme l’intimité ou l’agressivité.
La notion d’espace social :
SOMMER (1973) a étudié la distance d’interaction parmi les individus qui conversaient dans un salon
comportant deux canapés en vis-à-vis. Il constate que les gens qui se parlent normalement préfèrent s’asseoir
face-à-face que côte-à-côte ; si on change la distance des canapés, au-delà d’une certaine distance, ils
préfèrent se mettre côte-à-côte. Les recherches montrent que la disposition de l’espace est liée au type de
tâches que l’on accomplit ; par exemple, quand il s’agit d’une coopération, les gens préfèrent s’asseoir côte-àcôte, par contre, quand il y a compétition, ils s’assoient l’un en face de l’autre. L’objectif du travail a un impact
en terme d’occupation de l’espace. Une autre étude a porté sur l’espace dans les cafés. Ce sont les places
situées contre les murs qui sont d’abord occupées, de même que dans une salle, ce sont les rangs du fond qui
sont occupés les premiers.
Dans la vie quotidienne, ces distances se manifestent par toute une série d’attitudes. Par exemple, le
sujet défend l’accès de son territoire par l’intermédiaire de la porte. Les sujets qui ne se connaissent pas se
tiennent normalement à une distance de 1m. Quand cette distance ne peut pas être respectée car des
ascenseurs ou des transports en commun bondés, des mécanismes de défense entrent en jeu (ex : on porte
son regard au loin). Quand la distance est intime, il y a un contact corporel et la communication verbale devient
secondaire. Lors d’échanges plus formalisés, il apparaît la distance publique. Celle-ci peut être considérée
comme une forme atrophiée de la distance de fuite. C’est le cas des amphis où il n’y a personne au premier
rang.
La notion d’appropriation de l’espace :
On peut la définir par l’insertion de chacun dans un espace qui se traduit par des conduites
d’aménagement. Dans le même ordre d’idée, on peut parler de marquages et de délimitation du territoire. Par
exemple, on parle du processus de nidification qui est un processus d’aménagement spatial qui donne lieu à
des formes d’installation multiples destinées à créer un chez-soi. Si on déplace un objet, cela revient à toucher
le corps de celui à qui ces objets appartiennent.
Pour délimiter son territoire, l’individu va utiliser des marqueurs (éthologie : olfactif, sonore, visuel) .
GOFFMAN fait référence à des « marqueurs centraux » ; ce sont des objets placés au centre de l’espace comme
le bouquet de fleurs sur certains bureaux. Les « marqueurs signets » qui sont de véritables signatures comme
par exemple, les noms gravés sur certains ustensiles de travail ou les affaires personnelles que l’on laisse sur un
siège dans le train.

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CM Psychologie Sociale 2012-2013
Occupation de l’espace selon les cultures
-

Le cas américain/allemand

Aux EU, on considère que deux ou trois personnes qui conversent sont séparées des autres par une
démarcation invisible. Dans un groupe, les voix doivent rester faibles pour ne pas gêner les autres. Pour la
plupart des américains, parler de l’extérieur d’une maison à travers une porte moustiquaire ne signifie pas que
l’on ait pénétré à l’intérieur de la maison. Ces critères spatiaux ne sont pas admis en Allemagne car, dans
chaque cas où l’américain estime qu’il reste à l’extérieur, il a déjà pénétré sur le territoire de l’allemand et il est
entré dans son intimité. En Allemagne, les bâtiments publics et privés et beaucoup de chambres d’hôtels
possèdent des doubles portes pour l’isolation phonique. En Allemagne, il est contraire aux usages de déplacer
son siège. Pour les allemands, un mobilier léger est sacrilège parce qu’il ne fait pas sérieux et parce que les
gens le déplacent en dérangeant l’ordre établi de la sphère privée.
-

L’exemple des japonais et des arabes

Les arabes et les japonais tolèrent bcp plus l’entassement dans les lieux publics par rapport aux suédois,
norvégiens ou aux américains. Par exemple, les japonais aiment dormir par terre, proches les uns des autres, ce
qui explique que le mot intimité n’existe pas en japonais.
Cours du 13.02.13
Dans le monde occidental, on définit la personne comme un individu à l’intérieur d’une peau. En Europe, la
peau et même les vêtements sont, en général, considérés comme inviolables. Chez l’arabe, la localisation de la
personne par rapport au corps est très différente. Ils ne sont pas gênés quand ils sont pris dans une foule mais
ils détestent être entourés par des murs. Ils sont plus sensibles que nous à l’impression d’entassement dans les
espaces intérieurs. Pour cette raison, on constate dans les demeures arabes de la classe moyenne supérieure
des espaces immenses par rapport à nos propres normes. On constate que ces espaces sont décloisonnés.
Ceci explique qu’aux EU, ils se sentent parfois frustrés et aspirent à retrouver les contacts physiques et la
chaleur humaine de leur culture.


La gestion de l’espace chez les américains et les anglais

Il existe une différence proxémique marquée entre les anglais cultivés et les américains de classe
moyenne. Cette différence réside dans l’occupation de l’espace qui est différente pour ces deux cultures. Aux
EU, l’espace est utilisé comme un mode de classification des gens et de leurs activités alors qu’en Angleterre,
c’est le système social qui détermine le standing des individus. Ainsi, aux EU, c’est l’adresse privée et celle de
votre travail qui donne auparavant qui donne une information sur votre statut social. En Angleterre, un Lord
restera toujours un Lord. Les différences dans la gestion de l’espace peuvent être illustrées dans la vie privée
par l’occupation de la chambre à coucher. En effet, l’américain moyen estime qu’il a droit à sa propre chambre
alors que l’anglais, très tôt, va être habitué à la partager.

-

Perception de la culture française par les américains

Les français, en particulier du sud-est de la France, sont perçus comme vivants dans un espace surpeuplé
et comme ayant une vie sensorielle très intense qui est accentuée par la promiscuité. On explique le fait que
bcp de français disposent de peu de place par le fait qu’ils prennent du plaisir à vivre hors de chez eux. En effet,
le français est perçu comme recevant au café ou au restaurant, la maison étant réservée à la famille.
________________________

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CM Psychologie Sociale 2012-2013
Le concept de fort de la gestion de l’espace est la PROXEMIE. HALL, pour définir la spécificité de
l’espace parle de chorégraphie propre à chaque culture. Il pense que l’espace physique et l’espace
psychologique s’interpénètrent.

-

La gestion culturelle du temps

Dans certaines cultures, les personnes se déplacent lentement alors que dans d’autres, elles bougent très
rapidement. Par exemple, les américains se plaignent fréquemment que les allemands mettent beaucoup trop
de temps pour prendre une décision et eux se plaignent que les américains veulent les brusquer. Les allemands
travaillent à partir d’un programme établi et ils sont gênés quand des français leur demandent de modifier sce
programme. Dans certains pays, l’exactitude est la règle. C’est le cas de la Suisse, de l’Allemagne et dans la
plupart des pays du Nord de l’Europe. Par contre, dans les pays méditerranéens, le concept d’exactitude est
très flou. En conséquence, les français sont plus souples et capables de s’adapter au changement par rapport
aux allemands. Dans une culture étrangère, il est pertinent de vérifier si c’est le présent, le passé ou l’avenir qui
domine la pensée collective. Par exemple, l’Iran, l’Inde, le Japon, la Corée, la Chine sont des cultures
imprégnées du passé. Les EU vivent dans le présent et l’avenir immédiat.
La gestion du temps se positionne dans ce que HALL a appelé le système de temps polychronique « temps
P. » (plusieurs choses à la fois) et le système de temps monochronique (une chose à la fois).

Système de gestion de temps : monochronique et polychronique
Le système polychronique est un système qui consiste à faire plusieurs choses en même temps. Il est
caractérisé par la diversité et la simultanéité des activités. Concernant le « temps p », les rendez-vous ne sont
pas pris au sérieux, on valorise le fait de faire plusieurs choses en même temps, on dit que la communication
est fortement reliée au contexte et il y a des différences de rythmes. Dans ce système, on porte un intérêt plus
important aux individus qu’aux programmes. Deux personnes engagées dans la conversation vont préférer la
poursuivre même si elles doivent prendre du retard.
Dans un système monochronique, on prend en considération une chose à la fois et le temps est perçu
d’une manière très linéaire. Dans le « temps m », on attribue un caractère sacré à l’organisation. Selon HALL,
on peut comparer les systèmes monochrones à une pièce dont la porte fermée garantie le caractère privé. Les
suisses sont représentatifs de cette gestion du temps, les rendez-vous sont pris tôt, les retards sont facturés
chez les médecins et les dentistes car ils perturbent l’organisation sociale et professionnelle.

Dans un système P :
-

On mène plusieurs tâches de front.
On admet les interruptions et les changements d’occupation
Les relations entre individus sont plus importantes que l’atteinte du but fixé
Les échanges et les prêts d’objets familiers sont fréquents et bien admis
Les relations sont plus intenses et plus durables
Les individus manquent de patience et ont tendance à passer directement à l’action

Dans un système M :
-

On ne fait qu’une chose à la fois
On se consacre totalement et exclusivement à la tâche entreprise
L’exécution du projet est prioritaire sur les rapports entre individus
La propriété est bien définie, on ne prête ou on n’emprunte que contraint et forcé
Les relations sont plus superficielles et plus éphémères

2e année
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CM Psychologie Sociale 2012-2013
-

Les individus sont plus lents, plus méthodiques

Dans un système P, on communique en se référant beaucoup et souvent au contexte ce qui n’est pas le cas
dans un système monochronique. Donc, un autre concept proposé par HALL est celui de contexte. Il renvoie à
toutes les informations formulées ou non qui se rapportent à un évènement. Les pays polychroniques comme
la France se réfèrent fortement au contexte, c-a-d qu’il y a une manière de dire les choses en tournant autour
de l’essentiel. A l’opposé, un pays comme l’Allemagne adopte une communication sans grandes références au
contexte, c-a-d que la plus grande partie de l’information passe par la langage.
Système P = C+ ; forte référence au contexte ; culture à contexte implicite
Système M = C- ; faible référence au contexte ; culture à contexte explicite
Cours du 20.02.13

Application dans le champ des organisations
Référencés dans les travaux de MARC et PICARD (2000). L’approche systémique est l’apport majeur apporté
par l’école de Palo Alto et il se traduit par un changement dans l’approche de la communication. En effet, on
peut dire que cette école a apporté une approche fondée sur la notion de boucle dans laquelle action et
réaction interagissent d’où l’importance du concept de « feedback ».
Les théoriciens de Palo Alto ont pendant longtemps appliqués leurs recherches aux thérapies
individuelles et familiales. Leurs successeurs ont étendu la théorie et la pratique à des organisations plus vastes
et plus complexes comme les entreprises et les administrations. On peut dire qu’il y a eu un double
mouvement dans le champ de la systémique. Certains psychologues qui venaient de la thérapie familiale se
sont demandés s’il était possible d’étendre cette problématique à des organisations. D’un autre côté, d’autres
intervenants, qui étaient déjà dans les organisations, ont essayé de rapprocher des découvertes de l’école de
Palo Alto avec celles d’autres théoriciens.
Mara SELVINI PALAZZOLI est une thérapeute familiale italienne, elle a été les premiers à proposer une
passerelle entre thérapie familiale et intervention dans les organisations. En 1972, à l’école de spécialisation en
psychologie de l’université catholique de Milan où elle enseigne, il y a quelques étudiants qui interviennent
professionnellement dans le secteur éducatif qui vont décider la constitution d’un groupe de recherches. Son
objectif est de tester la validité d’une transposition des outils de changement utilisés en thérapie familiale sur
des systèmes plus importants. Pendant deux ans, ils vont se réunir pour analyser les expériences de terrain et
trouver des stratégies appropriées. Ceci va donner lieu à une publication collective intitulée « Le magicien sans
magie ». Dans cet ouvrage, il y a des études de cas, une réflexion critique sur la méthodologie de l’intervention,
la position du psychologue en secteur éducatif et une réflexion théorique sur l’approche systémique en
institution.
En 1976 et 1979, il y a un nouveau groupe qui est constitué et qui va étendre le champ d’intervention, par
exemple, hôpitaux, centre de recherches etc. et un nouveau ouvrage va paraître intitulé « dans les coulisses de
l’organisation ».Cet ouvrage a favorisé des avancées importantes parce qu’il propose des contextes
d’intervention très variés et il montre qu’il est réellement pertinent de transposer les découvertes associées au
fonctionnement des familles à des systèmes plus complexes. D’autre part, il montre qu’on peut transposer les
techniques de la thérapie familiale, dégager des stratégies qui vont favoriser le changement au sein de
l’organisation.
M.S.PALAZZOLI et ses élèves ont conduit très loin l’analogie entre les systèmes familiaux et les systèmes
organisationnels. L’intérêt de ses travaux est indéniable ainsi que l’avancée dans le champ des organisations
avec les notions de « recadrage » et « prescription paradoxale » ; tous ces modes qui ont été découverts dans
le cadre des thérapies familiales. Si la position de l’intervenant se rapproche de celle du thérapeute familial, il y

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9

CM Psychologie Sociale 2012-2013
a malgré tout une différence importante car, dans le domaine de la thérapie familiale, l’action porte sur la vie
privée et, dans le domaine des organisations, l’action porte sur le milieu public et professionnel. La demande
qui est faite n’est pas celle d’une thérapie mais c’est plutôt une demande d’études accompagnée de conseils.
Dans une relation avec le thérapeute, il y a une idée « de patient » alors que le rapport dans le milieu
professionnel repose essentiellement sur des interactions entre acteurs et il s’agit plus d’acteurs sociaux que
d’acteurs individuels.
Cette réalité est aujourd’hui prise en compte et aux apports de l’école de Palo Alto sont intégrés des théories
qui sont issues de la sociologie des organisations qui permettent d’affiner la notion de contexte
organisationnel. Ce type d’intégration a notamment été proposé dans les théories d’Henry MINTZBERG. Cet
auteur a contribué à l’affinement de la notion de contexte organisationnel. Il a isolé un certain nombre de
variables qui composent les organisations, par exemple, leurs structures, le type de marché, les buts qu’elles
ont et la façon dont le pouvoir est gérer (centralisé, décentralisé). Ces variables correspondent à des soussystèmes des organisations et elles vont permettre de comprendre comment elles fonctionnent. Mais le grand
intérêt de sa théorie, c’est de montrer que ces variables sont étroitement liées et dépendantes les unes des
autres.
 Par exemple : dans ce qu’il appelle la configuration entrepreneuriale, ainsi appelée parce qu’elle est
placée sous l’autorité personnelle de son propriétaire qui est souvent le fondateur, cette structure est
caractérisée par une forte division verticale du travail (entre les concepteurs et les exécutants), elle est
aussi caractérisée par une faible division horizontale (les opérateurs peu qualifiés effectuent des
tâches assez variées) et une supervision directe du travail par la hiérarchie.
Quel que soit le contexte organisationnel, il est toujours possible de résoudre les conflits par : -

La prise de conscience des acteurs
Un certain recadrage de leur comportement
Des prescriptions de l’intervenant

Mais les travaux de MINTZBERG vont permettre au consultant d’adapter ses stratégies en fonction du contexte
d’intervention. Par exemple, dans la configuration entrepreneuriale, il est inutile de vouloir rendre les relations
plus symétriques ; en revanche, la survie de l’organisation dépendant de la centralisation du pouvoir, on peut
tout à fait effectuer un recadrage du pouvoir. Ceci permettait d’amener patrons et ouvriers à une meilleure
collaboration.


Analyses transactionnelles – E.BERNE

On peut rapprocher différentes approches systémiques pour proposer une analyse plus fine et plus juste des
organisations avec toute leur complexité. On peut dire que l’intégration de certains aspects de l’analyse
transactionnelle offre des perspectives intéressantes. Elle se présente comme une analyse structurale de la
personnalité, du comportement individuel et des relations interpersonnelles et elle se prolonge dans une
approche thérapeutique originale. Comme l’école de Palo Alto, elle cherche à saisir la communication en terme
d’échanges, d’actions et de réactions et elle propose à travers les concepts de « transactions cachées » ou
« jeu » une analyse très fine des communications implicites que l’école de Palo Alto a un peu négligée.
Les états du Moi. Selon Eric Berne, la personnalité est organisée autour de trois instances où états du Moi :
-

L’état parent
L’état adulte
L’état enfant

Dans chaque individu, ces trois états coexistent et s’extériorisent en fonction des interactions, des moments et
des circonstances. Chaque message peut être conçu comme provenant d’un état du Moi de l’émetteur et

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CM Psychologie Sociale 2012-2013
cherchant à stimuler un des états du Moi du récepteur, état qui, à son tour, émet une réaction en direction
d’un des états du Moi du partenaire.
Exemple : « je me suis fait mal, je veux qu’on me console » « je vais te consoler »
P

P

A

A

E

E

Transaction complémentaire :

L’ensemble constitué par le stimulus et la réponse forment une transaction qui est l’unité de base de
l’interaction d’où le nom « d’analyse transactionnelle ». Toute relation interpersonnelle peut être conçue
comme une suite de transactions qui s’enchaînent les unes aux autres. Certaines sont dites « cachées » parce
qu’elles font intervenir un sens implicite derrière un autre discours apparent. (ex : une menace qui transparaît
derrière une formulation polie). On recourt généralement à ce type de transactions dans les situations où il
semble difficile de dévoiler franchement ses opinions. Dans la vie des organisations où il y a des contraintes
importantes, le recours aux transactions cachées est une forme de communication largement répandue.

P

P
Exemple de transaction cachée

A

A

E

E

« Il faut que je termine ce travail ce soir et je n’ai pas bcp de
temps » tu ne sors pas avec nous ? « « J’en ai assez de ce travail »
« viens t’amuser avec nous »

Cours du 06.03.13
L’approche de l’analyse transactionnelle met aussi en avant ce sue l’on appelle les jeux sociaux. Selon
E. BERNE, un jeu se présente sous la forme d’une ligne de conduite, une sorte de scénario qu’un individu va
répéter fréquemment dans ses relations avec les autres. Il est essentiellement composé de transactions
cachées et il progresse vers un but qui est que l’acteur obtienne un gain ou un avantage. Concrètement, le jeu
est une forme plus ou moins inconsciente de manipulations d’autrui pour servir nos buts. Le repérage et
l’analyse des jeux psychologiques et sociaux en analyse transactionnelle vont servir à l’action thérapeutique du
psychologue.
Dans l’approche systémique appliquée au champ des organisations, on voit la place centrale qu’occupent les
travaux de l’école de Palo Alto. Ceci est lié au fait qu’elle propose un bon modèle d’analyse au niveau des
relations interpersonnelles. Mais aussi, cela atteste que ce champ est suffisamment ouvert pour permettre
d’introduire d’autres modèles comme celui de l’analyse transactionnelle.

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CM Psychologie Sociale 2012-2013

Chapitre 2 : l’analyse des
communications
A.

Les réseaux de communication

De nombreux chercheurs ont étudié divers modèles de communication dans des groupes restreints afin de
dégager les conditions nécessaires à la coopération la plus efficace au cours de l’accomplissement d’une tâche.
L’intérêt de ces recherches est théorique mais elles vont au-delà puisqu’on s’intéresse, par exemple, aux
conversations téléphoniques, aux communications commerciales etc. BAVELAS suppose que la structure du
réseau de communication affecte la performance d’un groupe de 5 personnes. Ceci l’a amené à étudier les
propriétés géométriques de différents réseaux en chaîne, en cercle et en rayon. Il a appelé « distance » le
nombre de maillons à parcourir selon la chaîne pour qu’un message émis par un individu atteigne un autre
individu.
Les réseaux de communication (BAVELAS, 1951)

A

B

D

C

E
v
D

A= AB+AC+AD+AE = 1+2+3+4
dA= 10

Il a remarqué que certains individus occupaient des positions centrales leur conférant un avantage dans la
communication avec les autres. Ainsi, ces individus vont jouer plus facilement un rôle de leader au cours de la
résolution d’un problème par le groupe. Il a montré que certains réseaux étaient plus efficaces que d’autres
dans la communication.
C

C

B

D

A

E
En cercle

B

A

E

D

En rayon

Un autre auteur, SMITH, dans les années 50’s, a repris ces expériences en se limitant aux réseaux en cercle et
en chaîne. Il a évalué la performance de chaque groupe en fonction de sa réussite dans la résolution de 15
problèmes. Il montre que le réseau en cercle fait une moyenne de 14 erreurs, le réseau en chaîne lui, fait une
moyenne de 7 erreurs. Dans cette expérience, on demande à chacun des membres de désigner celui qui
pourrait être le leader. On constate que le réseau en cercle ne peut pas se prononcer alors que le réseau en
chaîne désigne comme leader l’individu qui occupe la position centrale.

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12

CM Psychologie Sociale 2012-2013
LEAVITT a construit plusieurs expériences sur la communication entre deux personnes. L’une d’elles
consistaient à faire dessiner un dessin géométrique complexe.



Dans le premier cas, c’était une communication à sens unique, c-a-d que la personne A décrivait en
parole le dessin à une personne B qui devait le tracer sur un papier et qui ne pouvait pas le
questionner.
Dans un deuxième cas, la communication est dans les deux sens, c’est la même situation mais B peut
poser les questions.

LEAVITT constate que la communication à sens unique est beaucoup plus rapide ; la communication dans les
deux sens est, par contre, plus exacte, plus sécurisante pour le récepteur B, plus bruyante et moins
sécurisante pour l’émetteur A car on lui fait remarquer ses erreurs. Ainsi, la communication à sens unique est
la plus appropriée. LEAVITT ajoute aussi que si on utilise la communication dans les deux sens de manière
répétée, toujours avec les mêmes individus, la communication se réduira bientôt à une communication à sens
unique. Ceci parce que les gens, au bout d’un certain temps, n’auront plus besoin de poser les questions car ils
auront compris le code. Ainsi, la communication perd son intérêt dans les tâches routinières, ce qui explique
qu’elle est peu utilisée dans les échelons inférieurs de la hiérarchie.
Autre travaux de LEAVITT, il a étudié le degré de satisfaction suivant la forme du réseau. Il constate que les
personnes en position de centralité ont le maximum d’influence sur le fonctionnement du groupe, elles aiment
le mieux leur travail et elles sont les plus satisfaites. Toutefois, le groupe qui est le plus satisfait même s’il est
moins efficace est celui du réseau en cercle. En effet, dans ce groupe, il y a une égalité chez tous les membres
dans l’accès aux informations.
Pour LEAVITT, il est donc indiscutable que la structure d’une organisation influence son efficacité. S’il semble
que les structures égalitaires (non hiérarchiques) sont préférables aux réseaux hiérarchisés pour l’efficacité et
le moral du groupe, LEAVITT reconnaît que les réseaux non égalitaires vont démarrer un travail plus
rapidement et de manière plus contrôlable. En somme, cette structure est à privilégier si le travail est simple. Il
reconnaît aussi que les organisations de plus de 20 personnes posent des pb de structure qui sont très difficiles
à résoudre. Les solutions recommandées sont assez classiques : la décentralisation, l’utilisation de comités,
l’amélioration du sentiment de sécurité et d’indépendance.

LUCE (1950-1953) ; à partir des théories des réseaux élaborés en électronique, il a mis l’accent sur la connexité
des réseaux de communication dans les groupes. Il a défini le degré de connexité d’un réseau comme étant
« égal aux plus petit nombre de canaux dont le retrait entraîne la déconnexion du réseau ». A partir de ces
recherches, il a démontré les propriétés mathématiques de ce degré de connexité.

GILCHRIST et SHAW (1954) ; ces auteurs ont repris les expériences de BAVELAS en donnant aux sujets
périphériques (réseaux en rayon) plus d’informations qu’au sujet central. Il constate les points suivants :
-

-

Au niveau des individus :
o chez les périphériques, la rapidité de résolution du problème et le moral sont d’autant plus
élevés qu’ils ont plus d’informations au départ
o chez le sujet en position centrale, on observe un certain seuil de saturation qui est lié au
nombre croissant des messages qui lui faut assimiler et coordonner. Au-delà de ce seuil, sa
rapidité et son moral diminuent.
Au niveau des groupes :
o Si le problème est complexe et si les informations sont inégalement réparties entre les
membres, la performance et le moral du groupe sont supérieurs dans le réseau tout circuit à
ce qu’il est dans les réseaux centralisés.

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CM Psychologie Sociale 2012-2013
B.

La sociométrie

J.L MORENO (1892-1974) ; en 1913, à Vienne, MORENO est étudiant en médecine et il va prendre part à des
expériences de réadaptation sociale de prostitués, expérience qui se base sur des séances de discussions libres
par petit groupe. Il se rend compte que chaque participant peut devenir « agent thérapeutique » des autres. Il
a travaillé auprès de différentes populations. Tous ces travaux convergent vers le problème du rejet social.
Toute sa vie, il a été préoccupé par ceux qui avaient du mal à se faire accepter dans un groupe. Les idées
importantes qui le caractérisent :



La dimension sociale est l’essentiel de la personnalité. Cette première idée va donner naissance
au « psychodrame », les « jeux de rôle ». La technique du jeu de rôle permet de libérer la
spontanéité naturelle qui est figée par les habitudes, ce qu’il appelle les conserves culturelles.
Tout groupe humain a une structure affective informelle qui détermine les comportements des
individus les uns par rapport aux autres et cette structure, on l’étudie au travers de la sociométrie.
Cours du 13.03.13

C’est cette seconde idée qui va donner naissance à la sociométrie qui permet donc d’étudier les
relations affectives informelles dans un groupe restreint. Les travaux de MORENO ont connu bcp de succès
parce qu’il avait une double ambition : découvrir les fondements de la dynamique d’un groupe et se doter d’un
outil de mesure permettant d’étudier cette dynamique. Il y a deux notions de bases :
-

La notion de « Télé », c’est la plus petite unité de sentiment transmise d’un individu à un autre. On
dit que les individus sont reliés par trois « Télés » possibles :
o Il y a l’attirance ou la sympathie
o Il y a la répulsion ou l’antipathie
o Il y a l’indifférence

Ces relations sont conscientes et peuvent être verbalisées. C’est ce que permet le test sociométrique.
-

La notion d’ « atome social », c’est le fait que tout individu est à la fois émetteur et récepteur de
« Télés » et MORENO définit la plus petite unité sociale vivante comme l’atome social. Il est constitué
d’un individu et de l’ensemble des liens affectifs positifs et négatifs qui l’unie aux autres dans une
situation donnée. On peut donc dire que c’est le noyau de relations qui s’est constitué autour d’une
personne et ce sont les combinaisons d’atomes sociaux qui vont former les structures sociales.

Principes de la technique de la sociométrie :
Il s’agit de recueillir les relations socioaffectives au sein d‘un groupe. On va utiliser un questionnaire qui va
permettre aux membres du groupe de s’exprimer sur les relations positives ou négatives qu’ils entretiennent
avec les autres. Le questionnaire sociométrique est basé sur deux questions simples :
-

Avec qui préféreriez-vous vous trouver pour effectuer telle activité ?
Avec qui souhaiteriez-vous ne pas vous trouver pour effectuer telle activité ?

Pour un questionnaire sociométrique, il faut que le groupe ait un minimum de passé en commun pour que des
relations affectives aient pu se mettre en place. La confidentialité des réponses doit être strictement garantie.
Le nombre de choix positifs ou négatifs peut être limité ou laissé libre. En général, il est préférable de ne pas
limiter. Le recueil des réponses peut avoir lieu en situation collective et il faut faire très attention à la
formulation. Ce questionnaire peut être appliqué à des groupes de 30 personnes
Premier graphique, escadrille A : respect de la hiérarchie, les officiers et sous-officiers sont choisis.

2e année
14

CM Psychologie Sociale 2012-2013

Deuxième graphique, escadrille B : le sous-officier n’a que des choix négatifs et l’officier n’est pas choisi du
tout. Les petites quadrettes font des petits groupes et pas mal de choix à l’extérieur du groupe.
La sociométrie et le sociogramme ont par exemple été utilisés dans l’armée, cas des escadrilles de JENKINS.
Concernant l’escadrille A, sur les 14, il y en a 10 qui concernent des personnes extérieures. Ceci atteste de la
solidarité des membres entre eux. On voit aussi qu’il y a un certain nombre de choix positifs à l’encontre de la
hiérarchie ; l’officier étant huit fois choisis et le sous-officier six fois. Ceci atteste que la hiérarchie est
respectée, estimée et c’est un facteur de morale à l’intérieur du groupe.
On note cependant la position particulière du soldat n°13 qui est populaire et qui fait bande à part. On peut
l’interpréter en disant qu’il pose un problème à la hiérarchie. Concernant l’escadrille B, l’état de ce
sociogramme est inquiétant. Tout d’abord, l’officier est ignoré. Le sous-officier est violement rejeté par la
majorité. Il y a plusieurs cliques. Des personnes étrangères au groupe font l’objet de choix positif. Cela reflète
un groupe dissocié et cela laisse présager des difficultés importantes de commandement et de discipline du fait
que hiérarchie n’est pas appréciée, on peut donc penser que ce groupe n’a pas un bon moral.

Pour conclure sur la sociométrie, jusqu’à la fin des 60’s, cet outil apparaissait essentiel dans l’arsenal
psychosociologique. Cette méthode est aujourd’hui assez peu utilisée et elle a pourtant un double intérêt :
-

Connaître les liens socioaffectifs d’un groupe réel qui échappe à l’observation directe
Cette méthode permet une action, une intervention sur le groupe qui va tenir compte de son
organisation interne pour améliorer le fonctionnement

Il y a deux grands secteurs d’application identifiés ; tout d’abord, la pédagogie, et en particulier ce que l’on
appelle le « groupe classe ». Cette méthode est un outil important pour le formateur dans son action de
régulation et d’animation de sa classe. Le deuxième grand secteur est l’armée et par extension l’entreprise. Il
s’agit de deux secteurs où il est important de constituer des équipes homogènes pour améliorer les
performances.

C.

L’analyse de l’interaction : la grille d’observation de Bales

C’est dans la tradition du courant interactionniste que s’inscrit BALES. Il a créé cette grille pour rendre compte
des interactions dans les réunions « discussion ». L’idée de départ, c’est que l’observation des interactions d’un
groupe va permettre de mieux connaître ce groupe et de découvrir ses règles de fonctionnement. Il va
travailler avec des groupes qui sont réunis pour discuter autour de thèmes. Selon BALES, c’est à partir du
volume (du nb d’échanges) et du type d’intervention que vont se mettre en place les statuts du groupe. Les
membres du groupe vont développer deux types de comportements :
-

Certains sont socioaffectifs, c’est-à-dire liés aux réactions émotionnelles
Les autres sont dits opératoires car leur but est d’atteindre un objectif.

Les interventions vont constamment osciller du pôle opératoire au pôle affectif.
Cours du 20.03.13
La grille de BALES est construite autour d’aire socioaffectives positives ou négatives et autour de la tâche de
groupe. Domaine socioaffectif et de la tâche.
Chaque membre du groupe va jouer un rôle particulier dans cette dynamique et c’est l’observation directe de
l’interaction qui va permettre de découvrir la progression du groupe et les rôles joués par chaque membre.

2e année
15

CM Psychologie Sociale 2012-2013
Comment cette grille a-t-elle été élaborée ?
A partir de l’observation de nombreux groupes, des groupes d’enseignants, des groupes que l’on appelle de
diagnostic, des équipes de travail, et c’est à partir de ces observations que BALES propose un système qui
s’appuie sur 12 catégories. Ces catégories proviennent de la définition de 6 dimensions d’interactions sociales
-

Problème d’évaluation
Problème d’influence
Problème de décision
Problème de tension
Problème de cohésion du groupe
Problème d’orientation

C’est chacune de ces dimensions qui va donner lieu à des interventions positives ou négatives. Par exemple, la
catégorie solidarité/soutien, elle concerne les interventions qui expriment de l’affection, de la solidarité, et qui
visent à élever le statut d’autrui ou à défendre qq’un qui est attaqué.
La catégorie « détente », il s’agit de coder des manifestations spontanées de détente après ou pendant une
tension. Par exemple, des rires ou des plaisanteries.
La catégorie « faire de suggestions » permet de coder des interventions portant sur des propositions en vue
d’une action de coopération.
L’aire socioaffective négative : la catégorie 10 appelée « rejette » : il s’agit de la formulation d’un désaccord,
par exemple, il peut s’agit d’une réaction à des interventions de la zone socio-émotionnelle positive et elle
caractérise une attitude froide ou un refus de s’associer à des manifestations émotives.

Quelle est la méthodologie du codage ?
Pour catégoriser une intervention, l’observateur va devoir tenir compte de sa signification pour la personne à
laquelle elle s’adresse. Ce qui est donc essentiel, c’est la signification de l’intervention pour le récepteur. La
part d’interprétation de l’observateur doit être minimale et il doit s’appuyer en fonction de la signification
apparente.

Intérêts et limites de la méthode
Même si elle est lourde à utiliser en situation d’observation directe, la catégorisation de BALES reste utile pour
définir des profils individuels ou collectifs d’intervention et pour analyser l’évolution des rapports entre les
membres d’un groupe pendant une réunion. Cette méthode permet une quantification puisqu’on fait
référence à des scores d’interaction sur les différentes dimensions. Elle a aussi une valeur pédagogique pour la
formation des animateurs ou des observateurs de groupes. Elle permet de définir des styles de leadership.
C’est d’ailleurs à partir de cette méthode que BALES a proposé sa théorie des leaders complémentaires dans les
groupes de discussion, c-a-d qu’il y a un leader qui est centré sur la tâche, qui est spécialisé dans la « fonction
production » et un leader socio-émotionnel qui régule les échanges d’ordre affectifs. C’est également cette
méthode qui lui permet de valider l’hypothèse d’un enchaînement dans les groupes de discussion. On
observerait toujours les mêmes séquences :
-

une phase d’information
une phase d’évaluation
une phase d’influence
une phase de décision

Pour donner une limite à cette méthode, on ne peut pas intégrer dans cette grille des éléments qui pourraient
être importants comme, par exemple, les statuts formels des divers membres du groupe.

2e année
16

CM Psychologie Sociale 2012-2013

Chapitre 3 : Techniques de
groupes
A.

Techniques de conduite de réunions

Situation centrée sur la tâche. Ce type de réunion concerne des groupes qui ont pour objectif d’atteindre divers
objectifs opératoires.
Orientation tâche opératoire
La dynamique du groupe va être déterminée par la nature de la tâche effectuée et par le type de
communication et d’échanges qu’elle va produire. Il apparaît que la taille optimale d’un groupe centré sur la
tâche serait de 8 à 12 personnes. Le statut de l’animateur, son degré d’implication dans le groupe et dans la
tâche, ainsi que sa compétence, vont déterminer un certain style d’animation. On sait, en effet, depuis les
travaux de LIPPITT et WHITE que le style adopté va agir directement sur la performance, le moral et la structure
du groupe.

La fonction animation
L’objectif est que la fonction animation soit exercée par le groupe et pas forcément par l’animateur. Si à un
moment, un membre du groupe exerce la fonction animation, c’est un évènement positif dans la vie du
groupe. En effet, cela témoigne d’une autonomie interne. Dans ce type de groupe, l’animateur ne s’inscrit donc
jamais dans une lutte pour le leadership ou la prise de pouvoir sur le groupe. Ceci explique la difficulté
d’exercer cette fonction d’animateur car il peut résulter une confusion de rôle. Donc il faut laisser une certaine
autonomie au groupe quand on anime une réunion de ce type-là, mais il faut trouver un juste milieu. C’est bien
qu’un membre du groupe prenne la fonction d’animation mais il faut aussi que l’animateur réel puisse orienter
les choses.
Le rôle de l’animateur est de faciliter et de permettre la répartition énergétique durant la réunion. Dans les
situations centrées sur la tâche, la fonction dominante de l’animateur est une fonction production. Dans ce
type de groupe, la fonction régulation est mineure. Cette répartition est inversée dans les groupes centrés sur
le groupe comme le groupe de diagnostic où c’est la fonction régulation qui est centrale.

Les types de réunion
-

-

-

Des réunions d’informations descendantes : elles ont pour objectif de faire passer un message à un
groupe et la question centrale qui se pose est celle de la compréhension, de la réception correcte du
message par le groupe. Dans ce type de réunion, le rôle de l’animateur est de permettre la mise en
place d’un système de communication adapté, un système bilatéral qui repose sur l’existence d’un
feedback.
Des réunions d’informations ascendantes (interview de groupe) : elles correspondent aux situations
où l’on cherche à recueillir des informations, des opinions ou des réactions d’un groupe. L’animateur
est ici un interviewer de groupe et son rôle est de s’appuyer sur l’utilisation des techniques de
l‘entretien individuel et de l’entretien guidé. C’est par la qualité de son écoute qu’il va réaliser sa
fonction dominante qui est de faciliter l’expression et d’approfondir les points de vus des participants.
Les réunions discussion : l’objectif poursuivi par le groupe est l’expression et l’échange à propos d’un
thème. L’animateur doit ici garantir l’expression de chaque participant. C’est dans ce type de
situations que la fonction régulation peut, à certains moments, devenir nécessaire. La structure de

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17

CM Psychologie Sociale 2012-2013

-

communication la plus adaptée est une structure non centralisée où chaque membre pourra échanger
avec l’ensemble des autres membres.
Les réunions de résolution de problèmes : l’objectif est ici de permettre au groupe de trouver les
meilleures solutions à un problème auquel il est confronté. La fonction production est donc essentielle
mais elle est associée à la fonction de facilitation. Le fonctionnement du groupe pourra varier en
fonction de la nature du problème étudié. Ainsi, pour les problèmes simples, l’animateur le plus
performant est de type directif. La structure de communication la plus adaptée à ce type de problème
est une structure centralisée. Pour les problèmes complexes, au contraire, c’est une structure non
hiérarchisée qui va procurer l’efficacité maximum et ici, l’animateur sera moins directif et centré sur la
fonction facilitation.

Le groupe de diagnostic : une situation centrée sur le groupe.
Inventée presque par hasard par LEWIN et son équipe, ce que l’on a appelé le training group a vu le jour en
1947. Il consistait à réunir un groupe restreint d’individus dont la finalité était de discuter et de réfléchir à leur
propre fonctionnement en tant que groupe. Cette méthode va connaître un rapide succès et intéresser aussi
bien des expérimentalistes que des cliniciens, des psychanalystes ou des sociologues. Cette technique va
évoluer et aujourd’hui, elle donne lieu à des pratiques très différentes.
C’est FAUCHEUX en 1955 qui va introduire le terme en français de groupe de diagnostic. Cette appellation est
la plus courante mais on voit aussi des « T Group » mais aussi « groupe de base » (BION). Selon FAUCHEUX, le
groupe de diagnostic est un groupe de 8 à 12 personnes avec un moniteur. Ces personnes ne se connaissent
pas, elles sont d’âge, de sexe et de confessions différentes et elles vont se réunir pour se sensibiliser à la
perception des phénomènes de groupe et pour apprendre comment un groupe peut fonctionner efficacement.
Le groupe est entièrement libre d’employer les séances dont il dispose (à peu près 15 séances de 2 à 3h). Dans
ce type de groupe, le moniteur a un rôle non directif, c-a-d qu’il se limite à faire part au groupe de ses
sentiments et de des perceptions sur ce qu’il se passe dans le groupe quand il considère que cela peut lui être
utile.
Cours du 27.03.13
Il s’agit d’une méthode active de formation et de sensibilisation aux phénomènes de groupes. C’est en vivant
cette expérience et en l’analysant que les participants vont pouvoir acquérir une compréhension du
fonctionnement des groupes humains en général. Il s’agit d’acquérir non pas un savoir-faire mais un savoirvivre ou encore un savoir-être avec autrui. Il s’inscrit quand la tradition lewinienne dans laquelle le groupe joue
un rôle essentiel dans le changement des attitudes et des comportements. Dans cette situation, le moniteur
joue un rôle central notamment par ce qu’on appelle la relation de dépendance. Dans un groupe de diagnostic,
le moniteur ne doit pas aborder les problèmes personnels des participants car ce n’est pas une séance de
thérapie. Son rôle va consister à reformuler les interventions et ceci avec une attitude que l’on appelle de
« neutralité bienveillant ».

Quel est le déroulement d’un groupe de diagnostic ?
FAUCHEUX propose de définir le groupe de diagnostic au travers de 4 phases :
-

-

Incertitude initiale : au démarrage de cette session, les participants sont dans une incertitude quasitotale. Ils ne savent pas ce qu’on va leur demander, ils ne savent pas qui sont les autres personnes, ils
ne savent pas ce qu’ils doivent faire et la place du moniteur. Ceci explique que la situation génère bcp
d’anxiété et, selon les termes de LEWIN, une forte tension. On va donc assister à la mise en place de
comportements dont l’objectif vise à réduire cette tension et à diminuer l’incertitude. A ce moment, la
dynamique du groupe est en marche.
La dépendance au moniteur : le groupe ne sachant pas quelle tâche il doit effectuer, il va se tourner
vers le moniteur pour qu’il lui fournisse aide et directive. Celui-ci va refuser de répondre aux
demandes ce qui va générer toutes sortes de réactions, par exemple : pression, agressivité etc. Le fait

2e année
18

CM Psychologie Sociale 2012-2013

-

-

de refuser de donner des directives a pour objectif de renvoyer le groupe sur lui-même. Celui-ci va
devoir accepter le rôle du moniteur qui est un facilitateur de la réflexion du groupe.
Le pouvoir interne du groupe : la situation précédente entraîne une lutte pour le leadership et le
groupe va être amené à s’organiser et à se structurer. C’est à cette phase que l’on observe la création
de normes du groupe et ces processus vont permettre au groupe de progresser vers la maturité.
La conduite réfléchie : c’est grâce à sa propre évolution et aux reformulations du moniteur que le
groupe va pouvoir se réguler et progresser en réalisant, notamment comme objectif, le fait de faire qq
chose ensemble et de l’analyser. C’est à ce moment que le groupe prend conscience de ces
déterminants internes et externes. Cette phase se termine par ce que l’on appelle la « mort du
groupe ». Elle génère des processus de deuil qui sont liés à la nouvelle tension suite à la séparation des
membres.

Quels sont les intérêts et les applications du groupe de diagnostic ?
Les participants à un groupe de diagnostic sont dans une situation où ils sont à la fois acteurs et observateurs
de la vie d’un groupe, de sa naissance à sa mort. C’est donc une expérience unique pour comprendre le
fonctionnement d’un groupe et c’est un outil essentiel dans la formation du psychosociologue car il intervient à
trois niveaux :
-

Personnel
Interpersonnel
Collectif

Certaines des analyses de PAGES sur la vie affective des groupes mais aussi les théories d’ANZIEU et KAËS sont
fondées sur l’analyse des groupes de diagnostic mais aussi sur l’approche psychanalytique des groupes.
Cependant, cette méthode demande une très grande prudence car elle implique des mécanismes très
puissants qui nécessitent une vraie compétence du moniteur et le respect de la déontologie.

B.

Techniques de créativité

OSBORN que l’on doit l’idée que le groupe est la situation optimale pour la créativité ce qui l’a amené à
inventer la technique la plus connue qui est le « brainstorming »

Quels sont les principes de base de la créativité en groupe ?
L’importance du climat relationnel : la créativité en groupe nécessite des relations socio-affectives positives, ca-d un climat chaleureux mais également spontané et ludique. En effet, l’expression libre la détente et le jeu
sont importants dans ce climat.
L’importance de l’attitude de non-évaluation : la crainte du jugement d’autrui bloque l’originalité et il faut
donc rejeter tout ce qui est évaluation.
Nécessité de l’hétérogénéité du groupe : un groupe hétérogène, que ce soit en attitude mais aussi en aptitude
est une richesse pour la créativité parce qu’elle permet la confrontation d’idées différentes et l’utilisation de
compétences diverses. Mais elle peut aussi être une source de blocage ou de difficultés car, à un moment,
certains membres du groupe peuvent être perçus comme plus compétents que soi.
Les travaux de HALL et WASTON (1970) montrent que l’hétérogénéité du groupe favorise la créativité si les
conflits sociocognitifs sont pris en compte et réguler dans la situation. De même, on a montré que l’existence
d’une minorité active et consistante est un facteur particulièrement favorable à la créativité d’un groupe. Les
recherches expérimentales confirment qu’il y a une différence entre des influences majoritaires ou
minoritaires. La majorité, dans un groupe, est efficace pour entraîner l’ensemble vers des solutions correctes si
l’on doit être conformiste. Par contre, la minorité permet une décentration du groupe et favorise de nouvelles
idées et donc, plus d’originalité.

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CM Psychologie Sociale 2012-2013
Types d’animation pour les groupes de créativité
L’animateur d’un groupe de créativité va être confronté à deux objectifs qui peuvent apparaître opposés. En
effet, il doit, d’une part, favoriser la libération de l’esprit du groupe et sa spontanéité donc il ne peut pas être
trop autoritaire. D’autre part, il doit faire respecter strictement certaines règles comme la non-évaluation et
intervenir pour qu’elles soient suivies. On dit ainsi que cet animateur va être directif sur la forme, participatif et
facilitateur sur le fond. Il intervient directement sur les membres du groupe pour qu’ils accélèrent leur
production, il peut produire lui-même pour faire avancer le groupe mais sans valoriser sa propre production. Il
doit maintenir un climat chaleureux et éviter un jugement, que ce soit sur les idées ou sur les personnes. Il
intervient rarement sur le mode de la régulation car le groupe de créativité ne se préoccupe pas de ces
relations internes.
Le « brainstorming » a été mis au point dès 1938 par OSBORN qui était directeur d’une agence de publicité aux
EU. Cela reste un des instruments majeurs du marketing

Déroulement et construction
Il est nécessaire de séparer la fonction de production et de recherche des idées de la fonction d’évaluation et
de jugement. Ce principe a fondé toutes les techniques créatives qu’elles soient individuelles ou de groupe et
elle implique la mise en place de deux phases distinctes. Une première phase qui est une phase de création
pure que l’on appelle « phase de divergence – phase de roue-libre », une phase de retour au principe de réalité
que l’on appelle « la phase convergence » et c’est dans cette phase que l’on va critiquer la production et faire
une sélection des idées émises à partir de certains critères.
Création d’un groupe de créativité
1.
2.
3.

On va constituer un groupe, si possible hétérogène, de 10 à 12 personnes et on va délimiter le thème
à étudier
La séance de brainstorming, sa durée va de 30 à 60 minutes. Elle est normalement assurée par deux
animateurs. On a le droit de prendre les idées des autres
Il s’agit d’une phase réalisée après la séance par un petit groupe qui peut être différent et qui va trier
et sélectionner la production En moyenne, 10% des idées émises sont utilisables. = phase de
convergence
Cours du 03.04.13

Quelques vérifications expérimentales du brainstorming ont été menées aux EU (ROUQUETTE, 1976). Ces
résultats confirment l’intérêt de la dissociation de la démarche créative en deux temps. C’est bien celle-ci qui
permet d’obtenir la meilleure créativité. Par contre, un autre postulat d’OSBORN (1963) pose problème ; en
effet, ces recherches, comme toutes celles qui utilisent d’autres paradigmes, ne permettent pas d’affirmer que
la production d’un groupe est supérieure à celle que l’on obtiendrait de chaque individu pris isolément. Dans
un ouvrage qui date de 1963, « L’imagination constructive », OSBORN dégage les quatre principales règles
permettant de produire la créativité en groupe.
-

-

Le jugement critique est exclu
La quantité est demandée, plus le nombre d’idées est important plus la probabilité d’en avoir de
bonnes augmentent
L’imagination libre est bienvenue et plus l’idée semble absurde, mieux cela vaut. Selon ce principe, il
est plus facile de transformer une idée originale et irréaliste en idée faisable qu’une idée banale en
idée originale
Les combinaisons et améliorations d’idées sont recherchées. En plus de leurs propres idées, les
participants sont invités à présenter des suggestions qui concernent les moyens d’améliorer les idées
des autres. Selon ce principe, deux ou plusieurs idées peuvent être combinées.

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CM Psychologie Sociale 2012-2013
C.

Focus-groupe

Méthode d’entretien de groupe, qualitative.
Sous cette dénomination « Focused Interview », l’entretien focalisé a été développé initialement aux EU dans
le courant lewinien de la dynamique des groupes par MERTON et LAZARSFELD au tout début de la seconde
guerre mondiale. On peut dire qu’il a émergé dans le domaine de la communication de masse et de l’analyse
de la propagande. Ce sont ces études qui ont permis de s’intéresser aux processus de formation des attitudes
et des opinions des auditeurs de différentes émissions radiophoniques. C’est dans ce contexte que LAZARSFELD
et MERTON ont collaboré pour une commande de ce que l’on appelait « l’office of facts and figures » qui est
ensuite devenue « l’office of war information » qui visait à mesurer les effets des programmes à caractère
moral diffusés auprès du public américain.
C’est en 1941 que ces deux chercheurs se rencontrent pour la 1ere fois. Dans ce contexte, LAZARSFELD
entraîne MERTON pour assister en direct dans un studio d’enregistrement à une expérience faisant partie d’un
programme de recherches. Dans le studio, on a réuni une douzaine de personnes à qui on demande d’exprimer
leurs émotions. Elles doivent appuyer sur des boutons de couleur verte pour une émotion positive ou de
couleur rouge pour une émotion négative. Ensuite, ces personnes doivent expliquer à un chercheur leur
réaction aussi bien individuelle que collective. Face à cette situation, les deux sociologues vont découvrir une
situation particulière basée sur la confrontation et du dialogue. Dans les commentaires qu’il fait de
l’expérience, MERTON va insister sur la conduite trop directive de l’animateur, l’absence de centration sur les
réactions individuelles et collectives. C’est ainsi qu’est né le « focus groupe » et MERTON a pensé trouver dans
cette technique un moyen supplémentaire et complémentaire de l’entretien individuel classique du
questionnaire ou de l’expérimentation qui permet d’avoir un matériel verbal interactif donnant une analyse
qualitative.
Déjà, à cette époque, cette technique faisait partie d’une panoplie méthodologique qui combinait l’analyse
qualitative et quantitative de données. Il y a eu une confusion pendant longtemps car on a attribué le terme
focus groupe à MERTON et à ses collaborateurs alors qu’il n’a jamais été utilisé dans l’édition originale de leur
travail. Au contraire, ils ont préféré le terme de focuse interview pour mettre l’accent sur un outil de recherche
spécifique et non pas sur un simple entretien avec plusieurs personnes. Cette technique, sous l’emprise du
behaviorisme, a presque totalement disparu pendant plus de 15 ans, et on va la retrouver au début des années
1980 dans un autre contexte, associée aux études de marchés centrés sur les attitudes et les motivations des
consommateurs. Cela fait maintenant un peu plus de 20 ans que cette méthode a réintégré son contexte
disciplinaire d’origine, les sciences sociales et, plus particulièrement, la psychologie sociale dans le champ des
représentations sociales mais aussi, en sociologie.

Concernant le terme qui est celui de Focus Groupe, on trouve d’autres appellations dans la littérature,
notamment francophone, pour désigner un focus groupe. Par exemple, GIAMI (1985) parle d’entretiens de
groupe, DUSCHENE et HAEGRL (2005) parlent d’entretiens collectifs. Ces traductions françaises mettent
l’accent sur le fait que les focus groupe constituent des entretiens au même titre que les entrevues
individuelles de type classique.
Deux encrages théoriques :
En sciences sociales, en général, la naissance des entretiens collectifs s’inscrit dans la perspective de LEWIN
mais il y a un autre cadre qui peut justifier la pertinence de l’usage des focus groupe, c’est le cadre que l’on
appelle de la phénoménologie sociale dont la référence est SCHUTZ (1967) pour qui l’intersubjectivité est
l’unique moyen dont dispose le chercheur pour accéder à la connaissance du social. En effet, elle l’amène à

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CM Psychologie Sociale 2012-2013
décrire les phénomènes tels qu’ils sont vécus et partagés par les acteurs. Pour restituer cette intersubjectivité,
les groupes de discussion apparaissent comme une méthode appropriée.
Quand on s’intéresse aux représentations sociales, les focus groupes représentent une méthode appropriée de
recueil de données car ils sont fondés sur la communication qui est au cœur de la théorie des représentations
sociales. En effet, selon MOSCOVICI, il y a quatre principes qui nous permettent d’avancer dans l’étude des
représentations sociales :
-

Nous devons étudier les conversations dans la société car elles nous renseignent sur la manière dont
les interlocuteurs s’investissent dans un sujet, comment ils expriment leurs préoccupations.
MOSCOVICI précise qu’il faut analyser la manière dont les personnes classent, nomment et
reconstruisent les phénomènes sociaux
Il souligne que la crise ou le changement social vont rendre la communication particulièrement riche
car ils permettent de comprendre la transformation du sens commun.
Il fait référence au fait que, lorsqu’on élabore des représentations sociales, on se comporte « comme
des savants amateurs »

Utilisation des focus groupe
Les focus groupes peuvent être utilisés à différentes phases d’une étude. Par exemple, pendant une phase de
diagnostic pour identifier les différents facteurs contextuels à prendre en compte, des focus groupes ont été
menés sur la question du « paludisme dans un pays étranger » et ils ont permis de savoir que la population se
servaient d’un série de mots différents pour qualifier cette maladie.
Le focus groupe peut être utilisé pendant la mise en œuvre de l’étude pour recueillir les avis de la population
sur le projet.
Le focus groupe peut être utilisé en tant qu’outil d’évaluation pour fournir des compléments d’informations,
par exemple, sur la perception de l’efficacité d’un programme.
Cours du 10.04.13

Les avantages
 Les FG (focus groupe) produisent un important volume d’informations, bcp plus vite à et moindre coût
que d’autres méthodes de collecte qualitative
 Ils sont excellents pour travailler auprès de communautés analphabètes.
 Ils permettent de découvrir des attitudes et des opinions que d’autres méthodes qualitatives ne
permettent pas de révéler.
 Ils sont généralement bien acceptés par la communauté car ils font appel à des discussions de groupe.
 Ils ne sont pas onéreux et comparativement à d’autres méthodes, ne nécessitent pas beaucoup de
préparation.
 Ils permettent d’appréhender les modes d’interaction dans les communautés
 Ils permettent de découvrir les normes en vigueur dans un groupe.

Les désavantages, limites et inconvénients







Les résultats ne peuvent pas être étendus, ils ne sont donc pas généralisables.
Il faut être très prudent dans l’interprétation des échanges.
Si le modérateur n’est pas bien formé, il y a un risque d’orientation des réponses,
Il peut y avoir des difficultés à exprimer des avis divergents.
Les sujets délicats ne peuvent pas être facilement abordés.
Il s’agit d’une méthode qualitative donc il y a un gros travail de retranscription à faire et il y a des
difficultés à interpréter et analyser le discours.

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CM Psychologie Sociale 2012-2013
Les étapes du focus-groupe
Ingrédients :
Dans l’idéal, deux personnes : un modérateur (celui qui anime) et un observateur (ne doit pas intervenir).
Un guide d’entretien qui va se préparer à l’avance dans lequel on prépare des thèmes à aborder ce qui
nécessite de consulter des travaux antérieurs.
Un enregistreur certains peuvent même fonctionner avec de la vidéo. Problème : lorsque les gens sont filmés,
ils sont moins à l’aise pour s’exprimer.
Prévoir une petite collation parce que quand on fait venir des personnes qui prennent de leur temps pour
discuter sur une thématique, elles apprécient d’être bien reçues.
Préparation :
1. Déterminer les types et le nombre de focus groupes utiles aux différentes phases de l’évaluation
2. On va recruter un ou plusieurs animateurs locaux
3. On va identifier au sein des catégories d’acteurs ciblés les différents groupes concernés
4. On va sélectionner les participants
5. On va élaborer le guide d’animation
6. On va planifier les focus groupes

Exemple d’étude : utilisation de focus groupe pour faire une évaluation concernant la baisse de fréquentation
des centres de santé en Afrique. Il y a eu 4 focus-groupes d’organisés, il y en a deux qui ont été administrés par
des animateurs locaux et les deux autres qui ont été animés par des membres de l’équipe d’évaluation.
Concernant la constitution de ces groupes, un groupe était formé de médecins du secteur privé et public, un
autre groupe était constitué de sages-femmes et d’infirmiers de la région.

Chapitre 4 :
Communication de masse
Entre 1930 et 1950, ce sont LAZARSFELD, qui était sociologue en commençant par étudier les choix des
programmes de radio, LEWIN qui était psychosociologue en travaillant sur la dynamique des groupes,
HOVLAND qui était un psychologue expérimental en se focalisant sur la persuasion et LASSWELL qui était un
politologue en étudiant la propagande et les attitudes collectives, qui vont propulser ce que l’on appelle ajd les
sciences de la communication. Plus tard, pendant et après la Seconde Guerre Mondiale, c’est HOVLAND et
LAZARSFELD qui ont eus le plus d’influence dans ce domaine. On peut identifier deux écoles :
-

L’école empirique représentée par LAZARSFELD ; caractérisée par la méthode quantitative, ce que l’on
appelle le fonctionnalisme et le positivisme
L’école critique qui est l’ancienne école de Francfort ; privilégie l’analyse et le contexte social.

Ces écoles se différencient par rapport à leurs méthodes.

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CM Psychologie Sociale 2012-2013
A.

Les travaux de Lazarsfeld (1948)

Il a des convictions qui vont le conduire à remettre en question les présupposés sur les médias en même temps
que certaines méthodes très courantes. Il était très attaché au positivisme il a d’ailleurs fréquenté ce que l’on
appelle le cercle de Vienne. Ceci va le conduire à privilégier la collecte d’informations et l’analyse des
comportements. Il va également mettre au point des enquêtes de longue durée centrées sur des entretiens
réguliers avec des populations très importantes. Les résultats des diverses enquêtes qu’il aura menées vont
permettre de réintroduire la dynamique sociale des groupes que l’on appelle « primaires » dans le débat sur les
effets des médias.
1944 « The people’s choice » livre écrit avec BERELSON et GAUDET. Ce livre démontre que le vote n’est pas
seulement un choix individuel qui pourrait être aléatoire ou le produit des campagnes électorales mais qu’il
peut être vu comme dépendant de trois variables sociales.
-

La classe
L’appartenance géographique
La religion

Il va pouvoir l’étudier au travers de questions qui vont porter sur la filiation à des associations ou églises par
exemple, sur les choix politiques antérieurs, sur le lieu de résidence et sur les relations au sein de la famille et
au sein d’un groupe d’amis. C’est tout cela qui explique la décision politique lors d’un vote et son évolution
dans le temps. L’IPP est l’indice de prédisposition politique, il va combiner plusieurs prédicteurs sur une seule
échelle. Par exemple, le vote démocrate est plus urbain, catholique et de milieu social défavorisé que le vote
républicain. Cet ouvrage va donc ouvrir la voie aux recherches sur les corrélations entre âge, niveau d’études,
revenus, et vote.
Le grand intérêt de cette enquête est qu’elle permet ce qu’on appelle « la découverte des gens ou du peuple »,
c-a-d qu’elle permet de réintroduire les réseaux sociaux dans l’analyse des médias. Nous appartenons toujours
à des groupes : la famille, l’école, les groupes de pairs, les relations formelles et informelles, le travail, les
associations, les groupes religieux etc. cette enquête propose ainsi des faits nouveaux à étudier qui attestent
de la force des groupes sociaux appelés « primaires ». Ainsi, les milieux familiaux et les réseaux d’amis sont
homogènes dans leurs choix politiques et cette homogénéité augmente à mesure que le vote approche. Les
entretiens mettent l’accent sur le poids de la discussion dans la décision finale et les indécis déclarent plus
souvent qu’ils prennent les décisions sous la pression d’amis et de parents. Ceux que l’on appelle « les leader
d’opinion » sont placés au cœur d’une théorie de l’influence interpersonnelle qui leur donne une grande
importance. Les auteurs de cet ouvrage en donnent un portrait : les leaders d’opinion, qui représentent 1/5 de
l’échantillon, ne proviennent pas d’un milieu social particulier mais ils se distinguent par leur forte attention
aux médias d’informations et par leur capacité de ré-aborder la question des enjeux politiques dans les
discussions quotidiennes.


La notion de groupe primaire appartient en réalité à COOLEY et LAZARSFELD s’y prend appui sur ce
concept, intègre aussi les travaux de MAYO dans les années 1920 et 1930. Il s’appuie aussi sur la
sociométrie de MORENO mais aussi sur la dynamique de groupe de LEWIN. Finalement, tout ce qui est
social pourrait s’expliquer par des relations de préférence et de répulsion entre les individus qui sont
considérés comme des atomes d’un système social.
Cours du 17.04.13

Les multiples études de campagnes électorales, les expérimentations psychologiques en laboratoire et l'analyse
des médias montrent que les messages sont interprétés et contextualisés par les individus qui utilisent des
filtres cognitifs qui leur permettent de trier l'information qui ne souhaitent pas recevoir. Un des paradoxes de
la diffusion publique est par exemple que les programmes éducatifs touchent les gens déjà éduqués et très peu
ceux auxquels ils sont véritablement destinés. On parle d'un renforcement des opinions pré-existantes qui se
traduit par une forte attention à l'égard des messages qui vont dans le sens de nos opinions et par un e

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24

CM Psychologie Sociale 2012-2013
attention faible à l'égard des autres, par exemple lors d’un débat politique entre un dirigeant de droite et un de
gauche, les électeurs de droite auront tendance à soutenir leur candidat et à l'écouter plus attentivement que
son adversaire, il s’agit donc d'une perception et d'une mémorisation sélective. Finalement nous pouvons dire
que LAZARSFELD, bien que proche à l'origine de LASSWELL et de HOVLAND, s'éloigne de leur conception
strictement béhavioriste et instrumentale en défendant l'idée que les messages ne sont jamais interprétés de
la même façon par les différents public et que la manipulation par les médias n'est pas liée à une bonne
organisation des messages.
Le flux de communication à deux étages : Personal Influence (1955) est l'ouvrage qui constitue la
grande référence de la sociologie empirique américaine dans le domaine des communications de masse. Dans
ce livre qui présente les résultats d'une longue enquête menée aux US, LAZARSFELD va approfondir la théorie
du flux de communication à deux étages ou en deux temps. C'est à ce moment qu'il va transmettre ses savoirs
à un étudiant devenu célèbre, KATZ, l'objectif est de découvrir ce qui détermine les choix dans différents
domaines comme la consommation, la mode, le cinéma et des affaires publiques. L’enquête va être menée
auprès de 800 femmes d'au moins 16 ans, la méthodologie repose sur une pluralité d'approches par exemple,
la sociométrie est utilisée à travers des questions de type qui rencontre qui, qui est influencé par qui etc. en
parallèle, on fait une étude sociologique sur les goûts et les médias, par exemple, qui aime tel livre, qui écoute
ou regard (radio/TV), les enquêteurs ont menés deux vagues d'entretiens auprès des mêmes personnes en juin
et août 45. Il ressort de cette étude que dans l'acte de décision il y a une supériorité des relations
interpersonnelles sur les médias c'est à dire que les choix sont beaucoup plus influencés après les leaders
d'opinion que par des publicités dans les magazines ou des émissions de radios. Ceci signifie que ce que
représente les autres ou ce que représente un ami par exemple est plus important pour nous, les auteurs vont
montrer que les leaders d'opinions sont plus souvent des femmes mariées dans le cas des biens de
consommation, des jeunes femmes dans le cas de la mode et du cinéma et des femmes de niveau social élevé
dans le cas des affaires publiques.
Par contre cette étude permet de corriger quelque chose qui apparaissait dans les enquêtes précédentes, les
leaders d'opinions ne sont plus considérés comme des êtres à part ou exceptionnels, en faite on peut être
leader et suiveur. C'est leader ne sont crédibles que s'ils se conforment aux attentes des suiveurs. Pour
résumer la thèse de la supériorité des médias apparaît erronée, finalement les effets des médias sont indirects
et limités, ils sont filtrés par les capacités cognitives des individus, il ne faut donc pas leur donner une trop
grande importance dans l'influence.

B.

Les médias de la communication (McLuhan, 1964)

L'idée fondamentale qui apparaît dans les ouvrages de MCLUHAN peut se résumer en une seule
phrase : « Le message c'est le médium. ». Ce n'est pas le contenu qui affecte la société mais c'est le canal de
transmission lui-même. Les travaux de MCLUHAN dans la recherche en communication dans le courant des
années 60 à eu l'effet d'une tornade. Universitaire canadien considéré parfois comme le fondateur d'une
tradition de recherche qui est l'école de Toronto, il a introduit une problématique qui était absente dans le
travaux de son époque, il s'agit de la relation entre les modes de communications et les sociétés. Si le médium
figurait bien dans le schéma de LASWELL, la plupart des théories ne s'en sont pas occupées et elles ne se sont
pas interrogée sur la dimension proprement technique de la communication sociale.
« Le message c'est le médium » apparaît dans « pour comprendre les médias », (1964) ouvrage le plus
célèbre de MCLUHAN. Sa théorie affirme que les moyens de communications structures les sociétés non pas
pour des motifs économiques mais sensoriels. Il va proposer une distinction à partir de recherches biologiques
et physiques sur l'essence entre médium chaud et médium froid. Un médium froid c'est la parole, la manuscrit,
la TV qui peut être définie par le fait qu'ils contiennent peu d'informations, la TV parce qu'elle est pauvre est
souvent regardée collectivement, de même la parole nécessite des débats impliquant chacun. Un médium
chaud est le cinéma, la radio, qui au contraire se définissent par une richesse, par exemple nous nous taisons
au cinéma comme devant un livre.
Les travaux de MCLUHAN ont en quelque sorte annoncés la révolution apportée par la TV. Lors du débat
présidentiel Nixon-Kennedy en 60, selon MCLUHAN, aurait tourné à l'avantage du second candidat, personnage
lisse, physiquement en adéquation avec la froideur de la TV, contrairement au premier décrit comme

2e année
25

CM Psychologie Sociale 2012-2013
surchauffé et passant mieux à la radio.
A.

La théorie structurale de Moles (1986)

Abraham MOLES est un ingénieur qui est donc porté par les sciences physiques ou sciences exactes et
qui va passer aux sciences sociales. Il a beaucoup travaillé dans le domaine de l'électricité, de
l'électroacoustique et son intérêt pour les problématiques générales de la communication vont venir au travers
des expérimentations sur les haut-parleurs et les microphones. Il s'est donc intéressé à la structure physique du
signal musical et phonétique, il va être influencé par la théorie mathématique de la communication de
SHANNON. Il a rencontré en 1945 SCHAEFFER qui était le porteur de la musique concrète.
Schéma de la communication de LASWELL :
Il fut l'un des premiers à s'intéresser à la communication de masse. Selon lui, on peut décrire "convenablement
une action de communication en répondant aux questions suivantes " : Qui, dit quoi, par quel canal, a qui et
avec quel effet ? "
- QUI : correspond à l'étude sociologique des milieux et organismes émetteurs (motivation de communiquer).
- DIT QUOI : se rapporte au message, à l'analyse de son contenu.
- PAR QUEL CANAL : désigne l'ensemble des techniques qui à un moment donné et pour une société
déterminée, diffusent à la fois l'information et la culture.
- A QUI : vise l'audience, les publics avec des analyses selon des variables (âges, sexe...)
- AVEC QUEL EFFET : suppose une analyse des problèmes d'influence du message sur l'auditoire.

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