PDF Archive

Easily share your PDF documents with your contacts, on the Web and Social Networks.

Share a file Manage my documents Convert Recover PDF Search Help Contact



CM PSYCHOLOGIE SOCIALE .pdf


Original filename: CM PSYCHOLOGIE SOCIALE.pdf
Author: Vicky

This PDF 1.5 document has been generated by Microsoft® Word 2010, and has been sent on pdf-archive.com on 26/04/2014 at 19:46, from IP address 81.50.x.x. The current document download page has been viewed 1504 times.
File size: 825 KB (17 pages).
Privacy: public file




Download original PDF file









Document preview


CM PSYCHOLOGIE SOCIALE

Année 2013-2014

S6

Contenu
1

Histoire de la psychologie sociale.................................................................................................... 2

2

L’ancrage des représentations sociales en amont .......................................................................... 3

3

L’ancrage des représentations sociales en aval .............................................................................. 4

4

La place du discours (savant/naïf) ................................................................................................... 4

1

4.1

Exemple de l’objet virtuel : la contraception masculine médicalisée ..................................... 6

4.2

Constats ................................................................................................................................... 7

4.3

Exemples des types de craintes............................................................................................... 7

4.4

Quelques critiques................................................................................................................... 7

4.5

L’attitude et la représentation du cheval comme aliment.................................................... 13

Attitude et analyse du discours : le dialogisme en psychologie sociale ........................................ 14
1.1

Les médecins et la sexualité .................................................................................................. 14

1.2

Le dialogisme ......................................................................................................................... 15

CM PSYCHOLOGIE SOCIALE
1

Année 2013-2014

S6

Histoire de la psychologie sociale

Comment les psychologues ne sont pas à l’abri des représentations sociales ?
Même à l’intérieur du savoir savant, il y a des RS. Les scientifiques, ici les chercheurs en psychologie,
ne sont pas à l’abri de ces RS, ils sont aussi influencés par un savoir de sens commun.
Objectif :
 La manière par laquelle les chercheurs en psychologie sociale se représentent le groupe au
cours de l’histoire.
 Des évènements politiques et sociohistoriques influencent fortement la vision des chercheurs,
aussi bien de façon positive que de façon négative et pessimiste.
A la fin du XIXe siècle en France, c’est une époque où naît la psychologie sociale en tant que savoir
savant et, justement, un des lieux de naissance le plus important est en France. Ce sont des philosophes
français, tels que Lebon et Tarde, qui se sont posés les premiers la question suivante : la nature de la
foule aussi appelée la « psychologie des foules ». ils essayaient de comprendre ce qu’il se passait chez
les individus qui vivaient en collectivité et pourquoi l’individu a l’air de devenir irrationnel quand il
est dans une foule ?
A cause des deux révolutions dans la mémoire récente de ces philosophes (1789, 1848), il y avait une
méfiance importante à l’égard des foules, comment les expliquer et montrer très clairement que
l’individu, dans n’importe quelle collectivité, devenait irresponsable, perdait son intelligence. Les
foules étaient vues comme dangereuses et le système parlementaire était aussi vu comme dangereux
puisqu’il s’agit d’une collectivité. De même pour les jurys. Si on met plusieurs personnes ensembles
pour prendre une décision, ils prendront la mauvaise. L’individu seul agit avec une certaine morale,
plus que le groupe.
Les psychologues des foules étaient déjà critiqués à cause de leur manque de scientificité, notamment
par Durkheim, qui trouvait la démarche très peu crédible. Néanmoins, l’idée d’un inconscient
collectif est née avec la psychologie des foules. C’était une RS négative du groupe qui était induite par
des facteurs historiques, idéologiques et des positions politiques de ces philosophes. Cette RS a bcp
influencé la psychologie clinique (Freud en a parlé).
Elle a été remobilisée plus tard, dans les débuts d’expérimentation en psychologie sociale.
D’autres questions ont intéressées la psychologie, notamment en rapport avec l’industrialisation. Un
monde de paysans et d’artisans devient un monde d’usines et de bureaux. Est-ce qu’ils sont plus
productifs quand ils sont en groupe ou quand ils sont seuls ? En coproduction ou en coaction (présence
d’autrui réalisant la même chose) ?
Deux réponses à la question de la présence d’autrui à la fin du XIXe siècle mais aussi des personnes
qui s’intéressaient à la productivité.
Triplett était intéressé par la psychologie du sport dans un premier temps mais pour avoir une idée sur
la coprésence ou la coaction. Ainsi, il a regardé les archives des cyclistes. Qui vont les cyclistes qui
vont les plus vites ? Ceux qui sont en compétition les uns avec les autres, les cyclistes qui sont seuls
contre la montre ou ceux en peloton ? C’était les cyclistes qui étaient en compétition qui allaient le
plus vite. Il a trouvé cela intéressant mais qu’il fallait en faire l’expérimentation sur des enfants. Il leur
a demandé d’enrouler le plus rapidement possible des moulinets de canne à pêche. Il a voulu savoir si
les enfants qui exécutaient cette tâche isolément étaient plus performants quand ils étaient en situation
d’isolement ou bien plusieurs enfants en même temps (situation de coaction). Les enfants devaient
essayer de faire plus vite que leurs camarades.
Il a observé des résultats un peu similaires à ceux qu’il avait vus dans les archives : en compétition,
certains allaient plus vite que les autres. Cependant, cela ne marche pas pour tout le monde. La
psychologie sociale y a vu la naissance de la facilitation sociale (alors que l’effet produit n’était pas
très important donc à nuancer). Augmentation de la productivité des enfants en compétition.

CM PSYCHOLOGIE SOCIALE

Année 2013-2014

S6

1964 : une jeune femme a été agressée et assassinée en bas de son appartement à NY. Devenue célèbre
parce qu’apparemment, 38 personnes y ont assisté de leur fenêtre et aucun des 38 témoins n’est
intervenu. L’assassin a mis 30 min à la tuer et personne n’a rien fait.
Dans les années 60, deux sociologues ont essayé de comprendre comme cela était possible
qu’il y ait 38 témoins mais aucune intervention. Ils ont discuté et essayé de trouver dans les ouvrages
qq chose qui pourrait expliquer cette histoire.
- D’abord, pensent à la psychologie des foules. Même si elle n’avait pas lieu d’être, p-e qu’il y
avait qq chose de vrai derrière tout ça. Mais comment trouver une explication scientifique
actuelle ?
- L’effet du groupe : positif et négatif ?
Sont tombés sur l’article de Moede (allemand, travaille dans les années 20 sur la question de la
psychologie industrielle, la productivité en usine) où il cite un autre auteur Ringelman. Selon Moede,
le groupe n’est pas bien, il dit qu’il entraîne la « paresse sociale ». Ringelman aurait été, selon lui, le
premier à étudier la paresse sociale. Il était français, aurait travaillé dans un lycée agricole près de
Nantes et était spécialiste des vaches et des bœufs. En 1883, il a voulu savoir « La force de traction des
bœufs ». A la fin de ce livre, il a rajouté une expérience avec les humains, ses étudiants du lycée
agricole. Il a demandé à ses lycéens de tirer sur une corde avec toute leur force. Lorsqu’une personne
tirait sur la corde seule, elle tirait plus fort que lorsqu’il y en avait d’autres avec lui et cela jusqu’à 8
personnes. Pour l’homme comme pour l’animal de traie, plus il y a d’individus au travail, moins
il y a de force de travail mis en œuvre.
En 1968, Lataney et Darley ont créé deux expériences :
- Des étudiants de psychologie qui quand ils étaient dans la salle d’attente, l’un était naïf et ne
connaissait rien de l’expérience, l’autre était un acteur. Dans une seconde salle, un autre
complice simulait malaise. Chronométrage pour savoir combien de temps avant que l’étudiant
naïf dans la seconde salle d’attente n’aille chercher des secours. On a vu très clairement que
plus il y avait des personnes dans la salle d’attente, plus le sujet naïf met du temps à réagir.
L’expérience n’était pas des plus concluantes selon eux. Peut-être que plus ils sont en groupe et plus
ils sont égoïstes. Ils font donc une 2e expérience.
-

Elle est focalisée sur une salle d’attente, comme un amphi. Les étudiants attendent et on leur
donne des questionnaires. La personne qui donne les questionnaires n’est pas encore arrivée.
La fumée entre par les conduits d’aération. Cela prend combien de temps aux étudiants de
signaler la fumée s’ils sont tous seuls, à plusieurs etc. Plus il y a du monde dans l’amphi en
fumée, plus ils prennent du temps. Le groupe est dans une situation d’urgence et, dans la
conclusion, ils citent abondamment les travaux des psychologues des foules, et ont introduit
l’idée de la diffusion de la responsabilité. Plus il y a de personnes, plus on a tendance à dire
« pourquoi l’autre n’agit pas ? Qu’est-ce que je fais ? »

La genèse d’une théorie en psychologie sociale n’est pas qu’un savoir scientifique, c’est toujours
informé par la société dans laquelle on vit, c’est influencé par l’histoire, par la mémoire. Les questions
que l’on se pose sont des préoccupations de la société, une certaine réflexion sur ce qu’est l’individu
vs le groupe. On voit des positionnements positifs et négatifs d’emblée.

2

L’ancrage des représentations sociales en amont

Quand une RS se constitue, une de ses fonctions est de prendre qq chose de nouveau dans la société et
de le comparer et de lui donner sens par rapport aux savoirs anciens.
Par exemple, le SIDA décime une personne sur trois sur la population atteinte. Plusieurs scénarios se
sont développés au début des années 90 par méconnaissance de la représentation. Le public ne savait
pas, les médecins non plus, beaucoup de financement pour la recherche médicale, pour développer des

CM PSYCHOLOGIE SOCIALE

Année 2013-2014

S6

tests de dépistage fiables. Le SIDA était vu comme une nouvelle maladie après son apparition dans les
années 70. Cette apparition a été vue comme un cancer « gay » puisque la représentation sociale des
homosexuels était négative.
Certains groupes, comme les intégristes, voyaient cette maladie comme une peste envoyée par Dieu
pour punir du péché. Donc, avant qu’il y ait une RS du SIDA, on essayait de rendre une RS connue et
de la rendre de nouveau familier, de donner du sens à quelque chose qu’ils connaissent. Ils puisent
dans une mémoire culturelle, dans un savoir déjà existant.

3

L’ancrage des représentations sociales en aval

Comment on utilise, on se représente les RS dont on dispose ? Cela va déterminer comment on agit
vis-à-vis de quelqu’un qui est dépressif. Les représentations deviennent un guide de pratique et une
guide de lecture de la réalité sociale.
La dépression, par exemple, est très prévalent dans notre société et qui commence à se développer
dans les pays asiatiques. Ces pays ne se représentaient pas la dépression comme cela et commencent à
évoquer des RS de la dépression.
La RS est à la fois un guide de pratiques et un guide de lecture de la réalité sociale.
Comment une RS constituée intervient-elle par rapport aux pratiques ou encore par rapport aux
attitudes envers un objet, un évènement ou une autre personne ?
Une attitude : c’est une tendance à évaluer des objets qui peuvent être des enjeux politiques, des autres
personnes. Une attitude reste relativement stable. Les attitudes sont plutôt soit à connotation positive
ou négative.
Changer les attitudes change-t-il les comportements ?

4

La place du discours (savant/naïf)

On va avoir différentes manières d’analyser le discours en lien avec les RS. Quelle est la place de
l’analyse des discours dans les RS. Le discours et aussi des approches sur le silence.
Cours du 28/01/14

Représentations sociales du cerveau
Elle a remarqué qu’en ce qui concerne les RS du cerveau, on peut voir qu’il y a une consubstantialité
du cerveau et du soi (ou la personne). Cela soulève la question : y a-t-il une RS du cerveau ? Est-ce
qu’il y en a plusieurs ? D’où viennent-elles ? Mais dans la population générale, comment se
représente-t-on le cerveau ?
On a fait un certain nb de recherches sur cette question, notamment Vidal qui aborde la notion du
sujet cérébral qui pour lui est une croyance à l’égard de l’identité personnelle. Le cerveau serait la
seule partie de notre corps dont nous avons besoin pour être nous-même. La croyance qu’avoir le
cerveau, c’est être la même personne. Pour lui, il s’agit d’être un cerveau et pas uniquement d’avoir un
cerveau. Donne pour exemple que si l’on devait transplanter le cerveau dans la boîte crânienne vide
d’une première personne à une autre, elle deviendra la 1ere personne. Le sujet cérébral est une figure
anthropologique de la modernité et est la trace d’un PDV historique.

CM PSYCHOLOGIE SOCIALE

Année 2013-2014

S6

Il insiste sur le fait que ce n’est pas les grandes découvertes scientifiques des neurosciences qui ont
déterminées cette idée mais, pour lui, cette idée que nous sommes nos cerveaux, a déterminé les
questions que les scientifiques se posent sur le cerveau. Et cela a précédé la manière de poser des
questions en neuropsychologie et en neurosciences. La science apporte des découvertes qui sont
ensuite appropriées pour le public ou bien est ce qu’il y a un rapport plus complexe entre la science et
les croyances ?
Vidal est en train de critiquer les neurosciences dans la mesure où il trouve que les neurosciences sont
responsables de la promotion de cette consubstantialité mais ce n’est pas grâce à leurs découvertes que
l’on a cette idée. Il passe en revue de manière plus ou moins convaincante certaines étapes de l’histoire
des neurosciences pour essayer de montrer comment les différents débats ont aussi répondu à des
préoccupations de société.

Exemple de débat : la vision cardio-centrique de l’Homme
Pour Aristote, c’était ce qu’on éprouve, nos passions, l’amour, tout ça se trouve dans le cœur. Il y avait
l’âme aussi, les plantes avaient une âme végétative. La question était surtout la vie, qu’est-ce qui
distingue la nature vivante du reste. Il n’a pas fait l’unanimité mais il a marqué l’histoire des sciences.
Le cerveau était quand même important pour une minorité.
Hippocrate pensait lui que le cerveau avait une importance non négligeable.
Donc deux paradigmes : cardio-centrique et cerveau
Au XVIIe siècle avec Locke. Il distingue l’identité de l’homme comme une participation de la même
vie continue dans une succession en lien vital avec le même corps. L’identité de l’homme serait donc
un être pensant, pourvue d’une raison et capable de réfléchir. La personne peut se considérer ellemême. Sur cette partie-là, la personne est une même chose pensante dans différents lieux à différents
moments. C’est déjà une notion psychologisée de ce que ça veut dire, être une personne. Le corps est
qq chose que nous avons, mais ce n’est pas qui nous sommes.
Les recherches sur le cerveau reprennent des préoccupations de la société. Le débat sur la phrénologie
en fait partie avec Gall. Il était anatomiste avec ses principales contributions au début du XIXe siècle
en postulant qu’en regardant le crâne, on pouvait déduire beaucoup de choses sur leur personnalité, sur
les capacités intellectuelles, sur leurs facultés mentales. Sa science a par la suite été appelée
phrénologie. Même si elle a du faux, c’était un des premiers à vouloir localiser les fonctions
cérébrales. Avant, on ne savait pas du tout où elles se situaient. On ne peut pas deviner les facultés
mentales avec ce principe.
Il y a une résistance importante de la part d’un neurophysiologiste français appelé Pierre Flourens qui
s’opposait à Gall avec deux raisons :
- Scientifique avec le terme expérimental. Il a travaillé avec des pigeons pour voir les
différentes facultés mentales et a pratiqué des ablations du cerveau. D’abord avec le cervelet,
le tronc cérébral. Cherche à savoir s’il y a des fonctions spécifiques à chacune de ces régions.
o Les hémisphères se comportent comme un tout. N’a pas réussi à isoler les régions.
Il a travaillé avec de jeunes animaux donc meilleure plasticité que les plus âgés.
-

Deuxième raison : le Moi/l’âme est indivisible. Flourens se situe du côté des spiritualistes.
Les raisons philosophiques qu’il avait rendaient impossibles le fait que le cerveau était
divisible.

Comment ces préoccupations ont été affectées par la politique, la philosophie, la science, la religion ?
Ces choses sont faciles à dire pour le passé.

CM PSYCHOLOGIE SOCIALE

Année 2013-2014

S6

Exemple des nouvelles technologies
A la fin du XXe siècle, on peut observer, grâce à l’imagerie cérébrale, l’activité cérébrale d’une
personne avec une certaine finesse par rapport aux outils précédemment utilisés. Plus d’impact aux EU
qu’en France. Comment cette nvelle technologie va-t-elle être interprétée dans la population ?
Comment va être vu le fait que le cerveau existait déjà avant l’apparition des nouvelles technologies ?
Ce discours est relativement nouveau chez les étudiants. Comment réconcilier ces deux manières de
voir les choses ? (discours de sens commun et apparition des nouvelles technologies)
Vidal lui-même ne répond pas à cette question-là à part de manière indirecte. Pour lui, c’est la
médiatisation des neurosciences plus que les découvertes en tant que telles qui alimentent et donnent
un sens nouveau à cette consubstantialité qui existe déjà depuis fort longtemps.
Jodelet et Moscovici insiste sur cette définition « la RS est tjrs la représentation de qq chose par
qq’un ». Ca veut dire qu’une RS doit forcément avoir un objet et c’est forcément la représentation
d’un sujet. Ce qui est aussi important, c’est que sujet et objet ne sont pas les seuls concernés. Selon
l’approche des RS, on a besoin de ce qu’appelle Moscovici le « regard ternaire » qui se compose d’un
égo ou sujet, d’un alter et un objet.
Objet

Ego/sujet

Alter/autre

La RS a une fonction identitaire, on parle d’un objet et d’une manière dont on peut se distinguer d’un
autre ou bien pour rentrer en communication avec l’autre.
Exemple du sujet cérébral/cerveau.
Le cerveau existe mais c’est aussi un objet de représentation en devenir. On voit un certain nb de
modifications dans la manière par laquelle on se représente le cerveau dans le sens commun. Dans le
sens commun, on commence à voir un glissement selon lequel l’unité de soi n’est plus la personne ou
le soi mais le cerveau. Selon cette approche, on se distingue comme étant un individu particulier par
rapport à un autre = assimilation entre sujet et cerveau.
C’est le cmpt qui est l’objet principal et non la personne.

4.1 Exemple de l’objet virtuel : la contraception masculine médicalisée
Souvent représentée dans le sens commun comme une pilule pour hommes. Elle est basée sur ce qui
existe déjà (la contraception orale prise par les femmes). Les auteurs N. Kalampalikis et F. Bucchini
ont fait cette enquête en insistant tout d’abord pour comprendre d’abord les freins de la mise au point
d’une contraception masculine. Pour ces auteurs, il ne faut pas tenter de l’expliquer uniquement par
des arguments relatifs au manque de progrès techniques, technologiques ou médicaux, ce serait aussi
illusoire que de prétendre comprendre le phénomène viagra purement du côté pharmaceutique.
Ils ont proposé une approche compréhensive des discours autour d’une hypothétique contraception
masculine médicalisée sous l’angle des représentations sociales du corps et de la santé. Ils ont fait 46
entretiens semi-directifs, ils ont fait les analyses eux-mêmes, purement qualitatives mais aussi avec un
logiciel d’analyse textuelle. Leur enquête tournait autour de trois questions principales :

CM PSYCHOLOGIE SOCIALE
-

Année 2013-2014

S6

Décrire les RS de la contraception masculine médicalisée
Quelles sont les valeurs engagées ou associées à cette forme de contraception
Interrogation sur la disponibilité des gens à utiliser ces différents moyens de contraception

4.2 Constats
Le niveau socio-culturel des participants n’a pas eu un très grand impact par rapport aux craintes qui
ont été omniprésentes dans les entretiens. La contraception masculine faisait peur.
En général, la contraception médicalisée est imaginée dans un rapport avec une représentation du
naturel avec des discours du non-respect de l’ordre naturel voire même de l’ordre divin.
Ils ont vu un discours sur le déséquilibre d’un ordre social. La place de l’homme par rapport au
contrôle de la fécondité. Une crainte encore plus importante qui renvoyait à la mise en péril de
l’intégrité corporelle de l’homme.
Ils n’ont pas abordé cette question dans l’article, mais ajout personnel de l’enseignant : quand on parle
de l’ancrage, point important de cet article, le nouveau étant la contraception, ils ont bien précisé que
cela existait avec les femmes mais n’ont pas parlé des traitements pour les hommes contre la
pédophilie avec le terme de castration chimique mais bcp de discours avec la castration symbolique de
l’homme en lien avec la contraception orale.
L’ancrage dans le domaine de la contraception féminine est le seul moyen pour les interviewés de
prendre possession de l’objet non familier que constitue la contraception masculine médicalisée ; donc
pour tous les interviewés, ils devaient imaginer ce que serait le même protocole pour les hommes avec
un traitement hormonal avec bcp de craintes liées à la prise de ces hormones. Crainte de la
féminisation des hommes. Ne voyaient pas comment cela pouvait marcher. D ans l’imagination, ils
ont transposé, pris ce qu’ils connaissaient et les craintes physiologiques et de l’ordre symboliques en
ont découlé.

4.3 Exemples des types de craintes
Beaucoup parlés de la virilité des interviewés, aussi bien physiologiques et symbolique avec remise en
question de la contraception masculine médicalisée. Plusieurs choses sont intéressantes dans cette
question de la virilité et cette nécessité dans le discours que les hommes doivent être différents des
femmes.
Comment décider qui est le sujet, qui est l’autre et quel est l’objet ?
L’objet étant le CMM, le sujet peut être les femmes et l’autre peut être les hommes et inversement.
Cependant on peut faire une critique.

4.4 Quelques critiques
Les hommes ne sont pas que des hommes et les femmes ne sont pas que des femmes. Le sujet social
ne peut pas être réduit à une seule catégorie sociale. Or, les entretiens sont présentés comme cela. On
oublie un certain nb d’éléments historiques : comment on se représente des hormones, notamment les
hormones sexuelles ? Parce qui si on prend la contraception féminine, la pilule, a une valeur
symbolique mais la signification même de la pilule peut changer au cours du temps C’est très
intéressant de voir qu’il y a tellement de craintes que la contraception prise par les femmes va de soi
alors que celle des hommes serait problématique. La pilule contraceptive est arrivée à la fin des 60’s
avec pas mal de craintes.
Le sujet du groupe social est composé d’hommes et de femmes du XXIe siècle avec des questions par
rapport à une altérité qui n’est pas slt hommes/femmes, mais aussi par rapport à la nature et la
technologie. La question qu’on doit se poser :

CM PSYCHOLOGIE SOCIALE
-

Année 2013-2014

S6

La représentation est de qq chose par qq’un et qu’il y a tjrs un autre par rapport à qui on doit
se distinguer ou par rapport auquel on veut s’identifier.

Quand on travaille sur plusieurs entretiens, c’est très facile de réduire le sujet à une seule catégorie de
groupe social et de passer à côté de toute une série d’appartenance qu’il ne faut pas oublier.
L’objet CMM, ils ont commencé avec la question de comment les gens se représentent cet objet ?
Mais il n’y a peut-être pas tout à fait une RS de la représentation sociale médicale parce que la
représentation n’est pas encore complètement formée. Pour la penser, les gens pensent à toute une
série de RS du corps, de la santé, éventuellement des hormones et d’ancrer cette nvelle idée dans un
univers déjà bien ancré depuis longtemps.

Representations de la sexualite des
adolescents
Le sujet singulier : quelle peut être sa place dans la RS? Cette question semble inévitable pour
Levinson. Chaque chercheur a sa position par rapport à ça, là il s’agit de la sienne parmi d’autres.
Contexte de la recherche : participe à une recherche financée par l’Agence Nationale de la Recherche
sur le Sida ; demande très concrète et très pratique. Demande en 1989 pour faire une enquête par
questionnaire sur la sexualité, du comportement sexuel, des jeunes de 15 à 18 ans. (avant, aucune
donnée sur cette population à l’échelle nationale). Voulait savoir qui utilise le préservatif, qui ne
l’utilise pas, qui avait des rapports sexuels avant 18 ans.
Equipe qui n’était pas focalisé que sur le comportement. Equipe interdisciplinaire. En revanche,
limite : les questions sur la prévention du SIDA ont été abordées par l’OMS de manière un peu
problématique : les statistiques ont été faites dans le monde entier avec les mêmes questions partout.
C’est un modèle rudimentaire de Psychologie de la santé qui a été utilisé : tout individu rationnel qui
sait ce qu’est le SIDA va avoir peur et se protègera. Très très rudimentaire.
Il fallait prendre en compte la signification d’une relation, connaître la signification d’une relation
pour les personnes. On a voulu faire qq chose de plus complexe. L’enquête par questionnaire permet,
quand on le sait, d’interroger un nb très important de personne. Mais même une approche quantitative
n’était pas suffisante toute seule. Il fallait utiliser plusieurs méthodes.
Pour sa thèse, elle a cherché à avoir des méthodes plus qualitatives.
De cette enquête quantitative, ils ont regardé, pour les personnes entre 15 et 18 ans qui avaient déjà eu
des rapports sexuels (la moitié de la population avait déjà eu des rapports à cet âge-là). Ils ont posé des
questions sur le préservatif mais surtout, ils ont introduit une technique qui s’appelle la technique
biographique. Dans une enquête quantitative, il s’agit d’un calendrier où on a demandé à des
personnes qui avaient déjà eues des rapports sexuels, de situer sur le calendrier mois par mois pendant
trois ans, du début et de la fin de leurs relations sexuelles avec un maximum de 4 relations.
Elle a fait un travail qualitatif en deux temps.
Premier temps : entretien sur leur vie à eux. Pas de questions sur la sexualité. Entretien biographique
sur les 4 dernières années en leur demandant s’ils ont rencontré des personnes plus ou moins
importantes dans leur vie.
Deuxième temps : présentation de plusieurs types de calendrier et les sujets essayent d’inventer des
histoires fictives. On essaye de voir s’il y a des similitudes entre leur vie et les histoires.

CM PSYCHOLOGIE SOCIALE

Année 2013-2014

S6

Quand, à la première question des entretiens, est-ce qu’il y a des personnes qui ont été marquantes
dans votre vie ? il y avait des différences entre les filles et les garçons.
Filles : parlaient d’une histoire très importante dans leur vie et qui était souvent la trahison d’une
meilleure amie
Garçon : parlaient de la confiance aussi mais la confiance en soi et ils parlaient souvent d’une fille. Il a
très envie de sortir avec une fille pour pouvoir sortir avec elle.
Un mot revient souvent : la confiance. Mais il n’a pas la même façon de s’exprimer chez les uns et les
autres. C’est la manière de se comporter, de vivre une relation. Ces expréiences étaient fondamentales
pour d’autres relations par la suite et dans la manière de reconstruire son histoire biographique. Dans
le cas des filles, cette première amitié trahie était comme un modèle pour la première relation
amoureuse. Il y avait l’idée que l’on apprend à se méfier de l’autre, de ne pas donner sa confiance à
n’importe qui et cela avait un retentissement sur la première expérience sexuelle des filles.
Rapport entre représentation et pratique :
Des histoires et des relations vécues changent des représentations de la confiance qui restent un enjeu
un peu fondamental pour ces personnes-là.
Retentissement sur le choix du partenaire sexuel. Pour les filles, on voit une sorte de sélectivité.
1er temps : Elles se décrivent comme des personnes confiantes, elles se voyaient comme des personnes
disposées à être confiantes.
2e temps : Après la trahison, la confiance devient une affaire de discernement.
3e temps : Découle d’une méfiance préalable. Elle intervient progressivement au cours d’un processus
de mise à l’épreuve de l’autre. Devient aussi une valeur importante
Le préservatif était vu comme un geste de non-confiance à l’époque. Donc, même si ça faisait peu de
temps qu’ils se connaissaient, ils n’utilisaient plus le préservatif.
Deux entretiens l’ont un peu étonnée. Deux filles qui avaient des rapports, quand elles parlaient des
préservatifs, l’une disait qu’elle utilisait les préservatifs pendant un certain temps et puis, elle a pris la
pilule, et ils ont arrêté le préservatif. Elle a vu une baisse de désir pour son partenaire. Chose bizarre
puisque les sensations sont censées être meilleures sans. Il se trouvait que le préservatif la rassurait
parce que c’était une sorte de barrière entre elle et le partenaire. Elle avait l’impression d’être tjrs
disponible, accessible à l’autre, et son ami avait un studio et que du coup, il n’y avait rien qui la
protégeait de l’autre. La confiance était de s’abandonner et le préservatif était symbolique dans ce
sens.
Le rapport entre RS et pratiques sont des rapports complexes et dépendent beaucoup de l’objet de la
représentation.
La deuxième fille a eu la même expérience, sa relation a eu pleins de problème lorsqu’elle a arrêté le
préservatif. Elle a expliqué pourquoi elle a choisi tel garçon pour son premier rapport. Elle n’a pas
voulu avoir de rapports sexuels avec tous ses prétendants. En choisissant ce garçon-là, elle a dit
qu’avec lui, c’était plus naturel. Les garçons avaient donc une pression énorme pour rendre cela
naturel, pour donner l’impression que c’est quelque chose de fluide, de naturel. Quand elle a arrêté le
préservatif, elle ne trouvait plus ça naturel. Elle avait l’impression que tout dépendait d’elle avec la
pilule alors qu’avec le préservatif, c’était au garçon d’essayer de le faire. Pour elle, cela paraissait
évident que ça avait un sens. Il fallait s’interroger sur ce qui est construit comme naturel ; il y avait un
lien important entre l’exposition à l’autre et la confiance.
Cette approche a permis de comprendre que le préservatif n’était pas qu’un objet et qq chose par
rapport au SIDA et MST, mais qu’il a un sens pour certaines personnes par rapport à leur histoire de
vie.


Related documents


cm psychologie sociale
cm psychologie sociale
cm psychologie sociale
cm sociale
cours magistral 4
cours magistral


Related keywords