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Faute
Mal dit, mal tourné
Phrase trop lourde
Hein ? Qu’est ce que t’as voulu dire ?

Derrière la fractale
La pièce où il vivait le plus clair de son temps n'avait jamais semblé si petite, à Orson. Un aller-retour entre
chacun de ses murs lui permettait d'encore mieux le mesurer. Plus les jours passaient, et plus le rat domestique
se convainquait, non sans anxiété, que les objets autour de lui étaient tous, lentement, en train de rapetisser.
L'étape qui l'avait le plus marqué, lors de ce phénomène, avait été la fois où sa roue elle-mêmes avait craqué
sous son poids, et s'était soudain détachée de son moyeu de plastique.
Depuis, Orson passait le temps en cavalant le long des murs de sa pièce, en hauteur comme en largeur, jusqu'à
ce que la faim, la fatigue, ou l'ennui ne l'incitent à explorer d'autres lieux.
Bien évidemment, la faim avait été la première à le presser hors de sa cage, pareillement au cas de ses
semblables alors enfermés avec lui. Par chance, ils n'avaient guère tardé, ensemble, à débusquer un sac de
graines dans un placard voisin, et le festin qui s'était ensuivi n'avait même pas donné lieu à la moindre bagarre
(ce qui devait fatalement arriver quelques jours plus tard). Lorsqu'ils en avaient eu fini avec leur besoin
alimentaire, ces rats ne s'étaient pas plus longtemps interrogés quant à savoir pourquoi on les avait depuis
laissés, comme cela, livrés à eux-mêmes. L'air ambiant contenait toujours des résidus de particules toxiques,
auxquelles presque tous les organismes en présence venaient manifestement de succomber, durant les jours
précédents.
L'éclairage et le chauffage y compris. Plus aucun interrupteur ne marchait.
Toutefois, ce fait-là était loin de préoccuper Orson autant que le rétrécissement nouveau des parois, et,
visiblement, aussi, celui de tout le reste... Le pire, pour le rongeur, était encore de se rendre compte de son
impuissance totale à y changer quoi que ce soit. Aucune cale étrangère à son corps ne pouvait lui servir. Outre
ce constat, jamais sa patience ne saurait rivaliser avec celle que l'endroit employait, lui, à rétrécir. La seule force
brute ne pourrait nullement l'aider. Ce qu'il lui fallait à la place, c'était une solution. Une méthode... Le même
genre de celles qui lui avaient, jadis, indiqué l'issue de tant de labyrinthes. L'heure, désormais, était venue
d'élever ces exploits... à une bien différente échelle.
Désormais, c'était absolument tout son environnement, qui était en train de se métamorphoser en labyrinthe. Et
sa perspective... en danger de mort ! Les humains eux-mêmes n'auraient probablement su dire combien de
temps il leur restait, à lui et à ses congénères, avant de finir complètement écrasés. Le pauvre rat avait rarement
été victime d'un stress aussi lourd, sous d'anciennes menaces. Dans tous les cas... il n'avait jamais, comme ici,
vraiment craint de mourir.
D'où s'expliquait justement qu'il ait maintenant tendance à courir dès que l'occasion se présentait, le sport lui
rappelant toute sa vivacité, en même temps qu'il occultait toutes ses peurs. Autour de lui, la plupart de ses
compagnons d'infortune imitaient ce comportement, avec simplement, parfois, quelque agressivité
supplémentaire. Mais tôt ou tard, Orson était bien conscient qu'il leur faudrait une solution beaucoup plus durable,
coûte que coûte...
Malheureusement, pour ne rien arranger, le froid accru, libéré de la climatisation, l'empêchait de se concentrer.
Son crâne lui pesait, par là, autant que s'il avait été de pierre. Il fallait dire que sa respiration, en parallèle, ne se
passait plus aussi bien que dans le passé (quoi que l'air ait déjà cessé, depuis un moment, d'être nocif). Les
efforts à présent demandés aux poumons de l'animal s'ajoutaient de ce fait aux autres facteurs de fatigue