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2016 01 15 L Equipe Bretagne .pdf



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8

FOOTBALL

Ligue 1

Vendredi 15 janvier 2016 | L’ÉQUIPE

NICE - ANGERS

21e JOURNÉE

Romain Thomas

De toute première fraîcheur

Le défenseur central d’Angers découvre la L 1 à vingt-sept ans, avec un enthousiasme remarquable
après un parcours assez tortueux.
VINCENTVILLA

ANGERS – On n’interviewe pas
Romain Thomas, on bavarde en
toute simplicité avec lui, car il
questionne spontanément son
interlocuteur sur le journalisme
sportif ou sur son parcours. Dans
cette brasserie d’Angers, à
l’heure du déjeuner, on sent chez
lui le goût des autres et on n’imagine pas un millimètre d’écart
entre ce qu’il paraît et ce qu’il est.
« Il sourit, parle naturellement,
abonde Yves, son père. C’est un
bon p’tit gars, qui arrive sur le
tard dans le monde pro. Parfois,
il rigole. L’autre jour, il m’a dit :
“Tiens, j’ai joué contre Ibra !”Moi
aussi, je l’ai chambré voilà peu,
en lançant : “Tu te rends compte,
dans les notes de L’Équipe, t’es
au-dessus de Matuidi !”On vit ça
sans se prendre la tête. Il profite
de chaque instant. En début de
saison, il disait : “Que c’est beau,
la Ligue 1 !”»
Mais cela fait déjà plusieurs
mois que la L 1 s’extasie, elle
aussi, devant le défenseur central du SCO, tour haute de
193 centimètres, qui bouche
l’horizon des attaquants adverses. Pour sa première saison à ce
niveau, à vingt-sept ans, ce Finistérien expose dans la vitrine du
Championnat des prestations
de haute qualité. Pourtant, à l’été
2010, il était loin de s’imaginer
que l’échelle de la réussite sportive lui permettrait d’aller si haut.
Au terme de son premier contrat
pro avec Brest, il s’était retrouvé sans club, avec pour seule
perspective le stage des chômeurs de l’UNFP, issue de secours qu’il était réticent à emprunter. «J’avais vingt-deux ans
et, un peu naïvement, je pensais :
“Je n’ai pas besoin d’y aller, je
vais trouver quelque chose”, ra-

conte-t-il. Mais, mes parents me
disaient : “C’est bien que tu le
fasses.”Je ressens du respect envers eux car, durant mes huit ans
à Brest, ils se sont mis en quatre
pour que je me plaise. Je les ai
écoutés.»



Il est arrivé
avec des yeux
grands comme ça”

STÉPHANE MOULIN

Il a bien fait, car ce stage figure
une borne essentielle sur son
parcours, la preuve qu’on peut
être sans emploi et en tirer des
bénéfices très élevés. «J’ai eu un
déclic, en matière de diététique
notamment, même si je n’étais
pas un fêtard, ajoute-t-il. J’ai
ainsi perdu huit à neuf kilos dans
les trois ou quatre mois suivants.
J’ai eu une prise de conscience :
j’ai compris que c’était peut-être
ma dernière chance. » Il la saisit
dans la foulée en ralliant Carquefou (CFA), grâce à une passe
décisive de Pascal Bollini, de
l’UNFP. « Il connaissait bien Denis Renaud, le coach, ajoute Romain Thomas. Il lui a dit de moi :
“Je suis persuadé qu’il a quelque
chose.”Je n’avais pas non plus
mille choix, excepté un club de
D 2 hollandaise qui était dans la
charrette et où je ne me voyais
pas du tout. À Carquefou, je me
suis tout de suite senti très bien.»
Au point de séjourner en LoireAtlantique durant trois saisons, le
temps de grimper d’une division
et de se rapprocher un peu plus
de son destin.
Lors de la première journée de
National, face à Bourg-Péronnas, le 4 août 2012, Axel Lablatinière, le recruteur du SCO, a les
yeux qui traînent sur le match et
qui se fixent sur lui. « Ce n’était
pas une armoire à glace, mais il
était grand, mince, très intelli-

Jean-François Robert/L’Équipe

DENOTREENVOYÉSPÉCIAL

ENBREF
27 ans.
1, 93 m ; 84kg.
Club : Angers.
Défenseur.

SOIR DE LIGUE 1
LUDOVIC VANDEKERCKHOVE
SYLVAIN CHARLEY

20H-23H

Romain Thomas, dans le couloir du stade Jean-Bouin d’Angers menant au terrain, le 7 janvier.
gent, avec un bon jeu de tête et
une bonne relance, raconte-t-il.
Il commandait bien sa défense.
Je me suis dit : “Putain, ce joueur,
il est bon !” » La première impression a été la bonne : recruté à
l’été 2013 comme troisième ou
quatrième défenseur, Thomas a
très vite mis sens dessus dessous
la hiérarchie par ses performances.
Et le voilà, depuis deux ans et
demi, vissé à un siège de titulaire.
« C’est sans surprise pour moi,
avoue Denis Renaud. En effet,
au-delà de sa qualité et de ses
prestations, il est très intelligent,
a une volonté permanente d’essayer de comprendre les exercices et où l’entraîneur veut aller,
ce qui lui donne un coup
d’avance par rapport à certains.
Il est aussi extrêmement minutieux par rapport à la nourriture
et au sommeil. Et il adore le
foot : questionnez-le sur ce qui
se passe en Ligue des champions comme en district, dans

sa Bretagne, il répondra.» Cette
passion pour le ballon rond crépite en lui, comme son enthousiasme et sa fraîcheur, avivés par
son parcours accidenté : on savoure toujours plus ce dont on a
failli être privé. « Ce n’est pas
inespéré d’être là aujourd’hui,
mais je me trouve dans un contexte que je n’aurais jamais
pensé connaître il y a quelque
temps, avoue le joueur, représenté depuis peu par Yvan
Le Mée. C’est fabuleux.» Alors, à
la table du professionnalisme, il
dévore.
« Il est arrivé chez nous avec
beaucoup de détermination,
avec des yeux grands comme ça
et il les a gardés, juge Stéphane
Moulin, son entraîneur. Il franchit ainsi les paliers les uns après
les autres sans difficulté. Ça
exige de sa part beaucoup de
concentration et d’énergie, qu’il
met toujours au moment où il le
faut, car il a toujours soif d’apprendre, de progresser.»

Et de travailler, donc, comme
en témoigne sa réaction, en
2012, au moment de l’accession
de Carquefou en National : il
s’est réjoui d’avoir désormais
plus d’entraînements par semaine. Cette boulimie résume sa
volonté et sa ténacité, illustrées
par cette anecdote que pêche
son père dans la mare aux souvenirs. « Quand il était au cross,
c’était un guerrier, un chien, raconte ce dernier. Il donnait tout
pour gagner. Lors d’un Championnat à Carhaix (Finistère),
quand il avait onze ou douze
ans, il devait faire six tours de
circuit et avait perdu une chaussure dans la boue, lors du dernier. Il glissait sur un pied car
c’était dur, mais il avait fini avec
une chaussure à la main. C’est
un sacré compétiteur, comme
on le voit sur le terrain ; en dehors, c’est un gars tranquille. »
Mais qui fait de plus en plus de
bruit dans son Landerneau natal, dans le Finistère. ¢

10

FOOTBALL

Ligue 1

Vendredi 15 janvier 2016 | L’ÉQUIPE

MONACO

Jérémy Toulalan

«Je ne suis pas
vieille France»

Andrew Couldridge/Action Images/Panoramic

À trente-deux ans, le milieu et capitaine de l’ASM
l’assure : il est «loin d’être un vieux con».
Et ne se sent pas en décalage
avec la jeune génération monégasque...
sauf peut-être pour ses goûts musicaux.

DENOTREENVOYÉSPÉCIAL

VINCENTDULUC

MONACO – Passer un long moment en compagnie de Jérémy
Toulalan, comme nous l’avons
fait lundi à Monaco, fait partie des
plaisirs de ce métier et de ce milieu. Il faut en profiter : en fin de
contrat en juin 2017, il ne sait pas
encore s’il poursuivra ou non sa
carrière au-delà de cette
échéance. À trente-deux ans, le
capitaine de l’ASM vit une saison
centrée sur la lutte pour la
deuxième place dans un club qui,
en barrage de Ligue des champions, a été puni de sa gestion financière et spéculative plutôt que
sportive.
L’international français (36 sélections de 2006 à 2010) continue pourtant de défendre loyalement les choix difficilement
lisibles de sa direction. C’est dans
la logique de sa prolongation de
contrat, en avril 2015. Lui qui
semble parfois afficher un peu de
détachement à l’égard du milieu
du foot prouve plutôt, dans ce
long entretien, qu’il aura du mal à
se détacher du jeu, de la compétition, et de leurs plaisirs. Il n’y a pas
de « c’était mieux avant », audelà de ses goûts musicaux, qu’il
défend avec le sourire. Il y a surtout le portrait, par un joueur

dans sa quinzième année professionnelle, du football d’hier et
d’aujourd’hui, mêlés et pas si différents.
« Désormais, cette saison, le seul
objectif de Monaco, et le vôtre, est
d’être deuxième ?
On n’était pas partis pour ça. Le
plus gros coup qui pouvait nous
arriver était de ne pas nous qualifier pour la Ligue des champions
(1-3, 2-1 en barrage face au Valence CF), et cela nous a fait mal,
moralement mais aussi financièrement, au niveau du club. Cela a
été difficile à digérer.
Avez-vous compris et accepté la
stratégie du club au mois d’août
2015 ?
Quand j’ai prolongé mon contrat,
au printemps dernier, j’étais au
courant, je savais qu’il y aurait des
départs. Le plus embêtant a été
celui d’Anthony Martial, parce
qu’il est survenu au dernier moment. Il était difficile de se retourner pour chercher un autre attaquant. Mais je l’ai dit dans une
réunion avec des supporters en
début de saison, à la place des dirigeants, pour 80 millions
d’euros je l’aurais vendu aussi.
Mais Martial n’a pas été remplacé.
Vous ne vous dites pas que vous
vous êtes fait avoir ?
Non, sincèrement, je savais que le
club allait vendre des joueurs



Dans ma carrière,
j’ai connu deux
grands motivateurs,
Gérard Houllier et
Manuel Pellegrini.
Gérard Houllier,
personne ne fait de
causeries comme lui,
c’est le plus fort”

après notre bonne saison dernière. Depuis le début, les dirigeants prennent de jeunes
joueurs, qu’ils vendent chers.
C’est un fonctionnement transparent. Après, il est difficile de
créer un groupe, une unité, mais
si on regarde bien, le club a quand
même fait des investissements
l’été dernier.
On a l’impression, quand même,
que le projet a changé, que le club
a accepté, au nom du business,
d’être moins compétitif...
Ce qu’il s’est surtout passé, audelà du cas d’Aymen Abdennour
(blessé et finalement transféré à
Valence), c’est que de nombreux
jeunes sont arrivés et que l’on
n’était pas prêts tout de suite. Le
tour de barrage est venu trop tôt.
Depuis, Monaco a rarement été
bon ou joli à voir…
Ça, je le dis régulièrement. C’est
comme face au Gazélec le weekend dernier (2-2) : notre première
période a été l’une des pires cette

318

Le nombre de
matches de Ligue 1
disputés

par Jérémy Toulalan, dont
296 comme titulaire.

2

Le milieu a marqué
deux buts en Ligue 1 :
le premier avecNantes
à Strasbourg (2-0,
le 2 octobre 2004),
le dernier en date sous
le maillot de Monaco
contre Reims (3-2,
le 21 février 2014).

saison, mais la seconde a été très
bonne, et c’est tout nous. On n’a
pas de régularité. Maintenant, on
nous critique énormément sur
notre jeu et nos performances
mais je ne vois pas beaucoup
d’équipes bien jouer. “Antho”
Martial nous a manqué dans cette
première partie de saison. C’est
un joueur que j’apprécie beaucoup, techniquement et humainement. Il a été critiqué pour sa
nonchalance ; j’ai été un des premiers à la lui reprocher, mais il a
compris qu’il fallait qu’il soit en
mouvement, parce que, dès qu’il
est arrêté, cela ne fonctionne pas.
À l’extérieur, les gens ne croient
plus vraiment au projet
monégasque. Et vous ?
Jusque-là, on a fait deuxièmes,
troisièmes et, là, on est troisièmes. Donc oui, j’y crois.
Sur un plan personnel, comment
jugez-vous votre première moitié
de saison ?
Moyenne. Moyenne moins. La
non-qualification en Ligue des
champions m’a fait mal. Dans ma
carrière, j’ai presque tout le temps
joué cette épreuve. Même avec
Malaga, qui ne l’avait jamais disputée, on est allés en quarts de finale (2013). Alors cette année,
c’est un peu plus difficile. On est
moins bien mais on est quand
même troisièmes. On doit faire

mieux, dans le jeu comme dans
les résultats, mais on est là.
Quel plaisir prend-on dans une
équipe qui a autant de difficultés
offensives à domicile, par
exemple ?
Dans une saison comme ça, le
plaisir serait de terminer deuxièmes, malgré les difficultés. Cela
signifierait une qualification pour
la Ligue des champions et, pour
ma dernière année de contrat,
puisqu’il est possible que je finisse la saison prochaine, terminer par la Ligue des champions
serait magnifique. C’est une
phrase bateau mais c’est parce
que le football est simple, au
fond : quand, collectivement, on
fait les efforts ensemble, on est
performants. En première mitemps contre Ajaccio, on avait
l’impression que le Gazélec était
Barcelone, parce qu’on ne faisait
aucun effort de pressing. Mais ensuite, en faisant les efforts, on a pu
jouer. Ceux qui connaissent un
petit peu le foot savent que la
qualité technique n’est pas suffisante.
Vous sentez-vous en décalage
avec les nouvelles générations ?
Cette question m’amuse plus
qu’elle ne m’embête. Quand je
discute avec les jeunes, je vois
bien que je suis loin d’être un
vieux con (sourires).
uu

11

Vendredi 15 janvier 2016 | L’ÉQUIPE

Ligue 1
MONACO

nul de l’OL à Madrid (2-2), en Ligue des champions, en 2006.

Pour la première saison de son histoire en Ligue des champions,
Malaga atteint les quarts de finale (0-0, 2-3) en avril 2013, un
excellent souvenir pour Jérémy Toulalan.



Au bord du terrain,
et pas spécialement
à Monaco, j’entends
souvent des trucs
du genre : ‘Avec
tes cheveux gris,
il est temps que
t’arrêtes !’ Cela
me fait rire”

Quand vous jouiez ensemble en
équipe de France (notamment lors
des qualifications à la Coupe du
monde 2010), la moitié du milieu
vous “taillait” et maintenant, vous
êtes tous les deux reconnus…
J’ai l’impression qu’il a moins besoin des autres pour exister. Moi,
j’ai souvent existé quand il y avait
un bon relayeur avec moi pour
faire le lien entre la défense et
l’attaque, comme avec Juninho à
Lyon, ou Tiago, ou encore Cazorla à Malaga. D’ailleurs, quand
Cazorla est parti à Arsenal, j’ai été
moins performant à Malaga. Je
pense que c’est la différence entre
Lassana et moi.
Il remonte un peu plus vite le
ballon mais, à Malaga, vous le
faisiez aussi…
Oui. Mais moi, c’est à l’arraché.
C’est peut-être l’impression que
cela donne…
Non, non, c’est vraiment à l’arraché, je vous assure (rires). Parfois,
je me fais “tailler” et je suis un peu
d’accord avec les gens. J’ai toujours eu ce complexe d’être
moins doué techniquement que
les autres et il m’a fallu longtemps
pour me dire que ce n’était pas

Après le succès des Bleus aux îles Féroé (1-0), Jérémy Toulalan
salue son partenaire Lassana Diarra, « le meilleur milieu
défensif français » selon lui.

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forcément le cas. À Malaga, je n’ai
pas ressenti ce complexe et j’ai
pris un plaisir immense avec Cazorla. À Lyon, avec “Juni”, c’était
autre chose, il était clair que je
courais pour lui et que cela arrangeait tout le monde. Mais moi
aussi ! Cela a fait ma carrière et
cela me rappelle ce que disait
Rémy (Vercoutre ) en pensant à
toutes les primes gagnées grâce à
Juninho : “Juni, sur la maison que
je construirai grâce à toi, je mettrai une plaque à ton nom !’’
Vous n’êtes pas un vieux joueur
encore…
Vous n’entendez pas les tribunes !
C’est parce qu’à Monaco on
entend tout…
Au bord du terrain, et pas spécialement à Monaco, j’entends souvent des trucs du genre : ‘‘Avec tes
cheveux gris, il est temps que
t’arrêtes !’’ Cela me fait rire. Mais
je pense forcément à la retraite. Je
me suis même posé la question la
saison dernière. Mais j’ai bien fait
de continuer, et tous les anciens
que je croise me disent de ne pas
arrêter si je peux jouer encore.
Reste cette question : qu’est-ce
que je vais faire après ? Mais si je
continue, ce n’est pas parce que je
n’ai pas la réponse. Je continue
parce que c’est un boulot exceptionnel et parce que plus on se
rapproche de la fin, plus on sait la
chance qu’on a. J’aime le foot,
j’aime le dépassement de soi et,
pour le reste, il y a certains aspects du milieu que j’apprécie. J’ai
progressé, je suis moins ours que
quand je suis arrivé à l’OL et que
Sidney (Govou) m’avait dit que
j’étais un autiste. Physiquement,
c’est plus dur, j’ai les chevilles qui
gonflent, mais pas la tête, ça va,
ça (sourires). Surtout, je sais que
j’aurai du mal, après, à retrouver
les émotions de la compétition.
Quand on marque un but – d’accord, pas moi, mais quand mon
équipe marque –, c’est vraiment
fort. Bon ! avec Monaco, j’ai
quand même marqué contre
Reims et, pour trouver aussi fort,
il faudrait que je saute en parachute ou faire des trucs extraordinaires. Nous, les trucs extraordinaires, ils sont là, devant nous, et
ils reviennent tous les trois jours.
Sincèrement, c’est magnifique. » ¢

R.C.S. B 682 005 079

fois en deux ans. Mais la
deuxième fois, c’était chez le Betis
et, à la mi-temps, il avait lancé :
‘‘Isco et Toulalan, à la douche !’’
On était tellement surpris, on ne
savait pas s’il fallait sourire ou
être honteux. Mais c’est un grand
psychologue et je regrette qu’il
quitte Manchester City.
Sur le terrain, vous parlez plus aux
arbitres qu’à vos coéquipiers…
Je ne suis jamais très loin d’eux
sur le terrain alors oui, on parle
facilement. Mais je ne les ai jamais insultés. En revanche, oui, je
peux râler. Dernièrement, on a eu
un problème avec un arbitre et
j’ai dû dire un truc comme : “Mais
c’est pas possible, tu ne peux pas
siffler que dans un sens !” Il m’a
répondu : “Allez, vous avez la
deuxième mi-temps pour revenir.” Je lui ai dit : “Mais t’as vu
comme on est nuls ?”
Vous ne regrettez jamais vos
choix de carrière ?
Je n’ai jamais eu de regrets. Le
seul qui me reste, c’est que l’aventure n’ait pas continué à Malaga.
Ces saisons-là ont été exceptionnelles (2011-2013). Je n’ai jamais
eu un public comme ça derrière
moi, à chanter mon nom pendant
de longues minutes, même si les
gens m’aimaient bien à Lyon, je
crois. En dehors des titres, ma
plus grande fierté c’est que tous
les clubs dans lesquels je suis
passé m’ont demandé de revenir.
Lyon l’a fait, Malaga aussi.
Vous avez l’âge où on fait les
bilans ?
Ah ! pas loin, quand même. J’ai
trente-deux ans, je vais en avoir
trente-trois. J’ai l’âge de savoir
que j’ai beaucoup travaillé et que
j’ai eu beaucoup de chance.
En voyant Lassana Diarra réussir
son retour en équipe de France, à
l’automne 2015, vous ne vous

êtes pas dit que cela aurait pu être
vous, si vous l’aviez voulu, un ou
deux ans plus tôt ?
Non. Déjà parce que Lassana
n’était pas à la Coupe du monde
2010. Ensuite parce que ce qu’il
montre depuis qu’il est à Marseille confirme ce que je pensais
déjà avant : c’est le meilleur milieu défensif français, et depuis
longtemps. Il a tout et il rayonne
encore plus depuis son retour. Il
est puissant, il va plutôt vite ;
techniquement, il n’a rien à envier à personne. En équipe de
France, il n’y a pas photo.
D’ailleurs, quand Didier Deschamps était venu me voir pour
Jérémy Toulalan échappe au joueur qu’il a remplacé à Lyon après que je revienne en bleu, je lui
son départ au Real, Mahamadou Diarra, devant Juninho, lors d’un avais dit de prendre Lassana.
Didier Fèvre/L’Équipe



Techniquement, il
n’a rien à envier à
personne. En équipe
de France, il n’y a pas
photo. D’ailleurs,
quand Didier
Deschamps était
venu me voir pour
que je revienne en
bleu, je lui avais dit
de prendre Lassana
(Diarra) ”

Pierre Lahalle/L’Équipe

En Coupe de France, contre
Saint-Jean-Cap-Ferrat, c’est Nabil Dirar qui a mis la musique. En
général, c’est vrai, c’est du rap.
Mais, là, l’enceinte était juste à
côté de nous et il a mis Michel
Sardou. Les Portugais étaient
fous (rires) ! J’ai dit : “On la laisse !”
En plus, c’était pas n’importe laquelle, c’était les Lacs du Connemara ! L’hymne des fins de soirée.
Je remarque que derrière, on a
gagné 10-2. Comme quoi une
musique bien choisie fait la différence ! Pour être sérieux, je ne
suis pas complètement en décalage avec eux. Je pense que, avec
les années, j’ai réussi à m’adapter.
On a l’impression que je suis un
peu obtus mais, avec le temps, je
me suis un peu plus ouvert aux
autres. Bon ! pour du rap, les mecs
me regardent en rigolant, mais le
R’n’B’ ou la pop, il y a des chansons que j’aime bien. Je ne suis
pas complètement vieille France.
C’est quoi, être capitaine d’une
équipe aussi cosmopolite que
Monaco ?
C’est être à l’écoute de tout le
monde, essayer de voir ce qui se
passe. Je ne parle pas énormément, je préfère montrer l’exemple par l’effort. Il faudrait peutêtre que je parle plus, notamment
pour la motivation de l’équipe,
mais ce n’est pas ma nature. La
saison dernière, avant les matches, le coach me demandait de
faire un discours et je le faisais,
mais je n’ai jamais aimé ça. Et
puis chacun n’a pas besoin d’un
discours pour tout donner. On
peut donner moins, bien sûr, moi
le premier, mais c’est parce que je
vieillis, pas parce que je ne suis
pas motivé (sourires). La culture
de la gagne manque, à l’entraînement, dans la plupart des clubs.
À Lyon, je me souviens d’une
séance incroyable le lendemain
d’un match à Kiev, pendant lequel les titulaires étaient sur le
banc. Dans ma carrière, j’ai
connu deux grands motivateurs,
Gérard Houllier et Manuel Pellegrini. Gérard Houllier, personne
ne fait de causeries comme lui,
c’est le plus fort, franchement.
Pellegrini, lui, c’est l’autorité naturelle et l’élégance. Il ne criait
presque jamais. Peut-être deux

Aran/Cordon/Presse Sports

uu Sauf pour la musique…

FOOTBALL 13

Vendredi 15 janvier 2016 | L’ÉQUIPE
16es DE FINALE

SAINT-MALO (CFA) - STADE MONTOIS (CFA) (DEMAIN)

Coupe de France

Richard Martin/L’Équipe

Roland Beaumanoir
au Parc des Princes
mercredi soir,
à l’occasion du quart
de finale de la Coupe
de la Ligue entre
le Paris-SG et Lyon.

Morgan
de Saint-Malo
L’US Saint-Malo est l’un des clubs
amateurs les mieux structurés.
L’œuvre de son président,
Roland Beaumanoir, patron de la célèbre
enseigne de vêtements
RAPHAËL RAYMOND

Comme il était à Paris, il en a profité pour assister à PSG-Lyon (2-1)
mercredi. Dans la loge qu’il partage avec Louis Le Duff, le créateur des enseignes Brioche Dorée
ou Pizza Del Arte, et Christian
Roulleau, le patron de Samsic, le
leader dans le service aux entreprises. Juste pour le plaisir. En fait,
le match qui fait palpiter Roland
Beaumanoir cette semaine, c’est
celui que l’US Saint-Malo livrera
demain en début de soirée face à
une autre équipe CFA, Mont-deMarsan, pour une place en huitièmes de finale de la Coupe de
France.
Beaumanoir aurait largement
les moyens d’offrir un écrin plus
clinquant à sa passion du ballon
rond. Son nom ne vous dit rien ?
Les magasins Cache-Cache, c’est
lui. Scottage aussi. Morgan, Bréal,
Bonobo ou La City également. Au
total, il en compte 2 800 dans le
monde, dont 1 000 en Chine. Pas
mal pour un homme qui s’est fait
tout seul, à partir de 1981 quand il
a eu, dit-il sans blaguer, « la
chance de [se] fâcher avec [son]
père, ce qui l’a poussé à créer son
entreprise ». Selon Challenges,
l’entrepreneur pèse 800 millions
d’euros. En 2015, le magazine l’a
classé au 82e rang des fortunes
françaises. Dans ce classement,
seuls trois actionnaires de club
de L 1 le devancent. Margarita
Louis-Dreyfus (Marseille), François Pinault (Rennes) et Jérôme
Seydoux (Lille).
À l’heure où il cherche à comprendre le désintérêt, pour ne pas
dire le dédain, des patrons du
CAC40 à son égard, notre football
pro devrait porter un regard attentif à l’image qu’il renvoie à un
capitaine d’industrie fan de foot

comme Beaumanoir. « Je pense
aimer le football, mais ce monde
est extrêmement bizarre, juget-il. Du plus haut au plus bas
niveau, il y a toujours une recherche de postes et une incompétence flagrante quand ça ne
tourne pas à la corruption. Je suis
venu à l’USSM dans une démarche sociale et éducative plutôt
que purement sportive. Je reste
là-dessus. Président d’un club
pro, c’est beaucoup de temps,
c’est extrêmement personnalisé.
Quand je vois le stress que vit un
homme comme René Ruello à
Rennes, franchement... »

SITE INTERNET, BUS
ET SALON D’ACCUEIL
À Saint-Malo, la pression est
moindre évidemment. Mais l’ambition est là, un peu singulière,
comme ses moyens. Troisième
du groupe D de CFA, l’USSM dispose d’un budget confortable de
1,2 million d’euros, grâce au soutien de plus de cent partenaires et
avec à peine plus de 10 % de subventions des collectivités locales,
ce qui est très peu à ce niveau. Son
site Internet, le bus à ses couleurs,
ses salons d’accueil témoignent
de son dynamisme.
L’équipe fanion n’a pas attendu
la Coupe de France pour faire recette. Elle se produit devant
1 000 spectateurs en moyenne.
Mais ce n’est pas le seul pôle d’attraction puisque les féminines
évoluent en D 2. Beaumanoir
aurait pu se constituer une équipe
de mercenaires pour briller en
montant les échelons. Seulement,
ça ne correspond pas à ses aspirations. S’il est revenu dans le
foot, ce n’est pas uniquement
parce qu’il est malouin ou que ses
copains avec qui il jouait « quand
les moins de 19 ans s’appelaient

COUPE DE FRANCE

(16es DE FINALE)
¢ DEMAIN
19:00
Saint-Malo (CFA) Stade Montois (CFA)
¢ MARDI 19 JANVIER
18:00
GFCAjaccio - Guingamp
Rennes - Bourg-en-Bresse (L 2)
18:30
Angers - Bordeaux (Eurosport 2)
19:00
Bastia - Sochaux (L 2)
Sarre-Union (CFA) - Niort (L 2)
21:00
Paris-SG - Toulouse (Eurosport 2)
¢ MERCREDI 20 JANVIER
18:30
Évian-TG(L 2) - Monaco
Chambly (N) - Lyon
Trélissac (CFA) - Lille
FC Mantois 78 (CFA) - Nantes
Concarneau (CFA) - Troyes
(ces cinq matches en multiplex
sur Eurosport 2)
19:30
Boulogne (N) - Lorient
21:00
Marseille - Montpellier (France 3)
¢ JEUDI 21 JANVIER
21 :00
Saint-Étienne - ACAjaccio (L 2)
(Eurosport 2)
¢ SAMEDI 23 JANVIER
18 :00
Granville (CFA 2) Sarreguemines (CFA 2)

ESPAGNE

COUPE DU ROI
(8es DE FINALE RETOUR)
¢ HIER
Grenade - VALENCE CF : 0-3
(aller : 0-4).
Buts : Zahibo (42e), Alcacer (63e),
Piatti (84e s.p.).
ATLÉTICO DE MADRID Rayo Vallecano : 3-0 (aller : 1-1).
Buts : Correa (40e),
Griezmann (80e, 90e + 1).

PORTUGAL (18e JOURNÉE)

AUJOURD’HUI
21:30 : Sporting Portugal (1er) Tondela (18e).
¢

encore juniors » ont sollicité un
coup de main.
Beaumanoir a eu un déclic le
soir du 29 mai 2005. Les Français
venaient de dire non au référendum pour la constitution européenne. Devant sa télé, l’entrepreneur est choqué « devant
toute cette jeunesse qui éprouvait
le besoin, qui perdure malheureusement, de se recroqueviller
face à la difficulté ». Il se dit qu’il
« faudrait quand même qu’ [il] lui
donne un peu de temps ». Il choi-

sit le foot « car tout passe par
l’éducation et le sport est un vecteur d’éducation puissant ».
Il a repris le club en DH, l’a vu
descendre après sa première année de mandat d’un échelon. La
rigueur lui a permis de retrouver
sa place en CFA. À Saint-Malo,
tous les joueurs, sauf un, travaillent. « Les gamins qu’on récupère ont tous fait des centres de
formation, raconte Beaumanoir.
Ils rêvent tous de revenir dans le
circuit dont ils sont sortis. Statisti-

quement, c’est très rare. Je leur
propose d’apprendre un métier
car, à trente ans, ils feront quoi ?
Agent de joueurs parce que tu ne
sais que taper dans un ballon ? Ce
n’est pas raisonnable. » Chez
Beaumanoir, ils sont donc une
vingtaine à apprendre un métier.
En National, ce serait plus compliqué. Même s’il avait les moyens de
suivre, leur patron, cet homme
qui leur offre une seconde
chance, se demande si une montée serait bien raisonnable. ¢


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