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La crise polonaise (1980-1983)
par Borys Biedron (6T2)
06.2016
1. Brève résumé de l’histoire de la Pologne pendant la Guerre froide
2. Le crise de 1980
3. Les personnages
3.1. Wojciech Jaruzelski
3.2. Tadeusz Mazowiecki
4. Les documents
4.1. Le discours de Wojciech Jaruzelski lors de proclamation de l’état de siège
4.2. Le photo « Apocalypse Now » de Chris Niedenthal

1. Brève résumé de l’histoire de la Pologne pendant la Guerre froide
En août 1944 est formé a Moscou le Comité polonais de libération nationale (PKWN), regroupant
des membres du Parti ouvrier polonais (PPR, communiste) et d’autres partis de gauche tolérées par
les communistes. Quand l’Armée rouge entre sur le territoire polonais, le PKWN y devient le
gouvernement provisoire. Le premier ministre du gouvernement polonais en exil, Stanislaw
Mikolajczyk, suit les conseils des Britanniques et rejoint ce gouvernement. Il crée le Parti paysan
polonais (PSL) pour faire contre-poids aux communistes, mais lors des élections truquées de 1947,
le PSL est sévèrement battu et Mikolajczyk se retrouve obligé de fuir le pays peu après. Sous la
direction du premier secrétaire Boleslaw Bierut, le PPR absorbe le Parti socialiste polonais pour
devenir le Parti ouvrier unifié polonais (PZPR). Le PZPR mène une politique stalinienne, il
industrialise le pays, tente de collectiviser les terres agricoles, réprime sévèrement toute opposition
politique, et rend le pays économiquement dépendant de l’URSS. Cette politique est continué après
la mort de Staline en 1953 (et donc la fin du période de « guerre froide »). Bierut meurt en 1956, et
suite aux grèves très importantes, Wladyslaw Gomulka prend la tête du pays, et promet une
libéralisation du régime.
Gomulka reste au pouvoir pendant toute la période de « coexistence pacifique ». Au début, il
libéralise vraiment le régime polonais – on arrête la collectivisation des terres, la censure est
assouplie, on donne plus de libertés aux citoyens, et le gouvernement adoucit sa politique envers
l’Église catholique. Néanmoins, pendant la période de « détente » les « durs » du PZPR menés par
Mieczyslaw Moczar, ministre de l’Intérieur, reprennent du terrain vers 1968 suite a une campagne
anti-intellectuelle et antisémite. Gomulka réussira a rester au pouvoir grâce au soutien de l’URSS,
mais en 1970, il devra démissionner suite a une révolte ouvrière qui sera réprimée brutalement par
l’armée. Il est remplacé par Edward Gierek, qui veut améliorer l’état de l’économie polonaise en
achetant des nouvelles technologies de l’étranger, grâce aux prêts accordés par des pays de
l’Occident. Cette politique entraîne la Pologne dans un crise économique profonde, car le pays est
incapable de rembourser les prêts. Les ouvriers perdent confiance dans les communistes, ce qui se
manifestera par des grèves importantes en juin 1976, vers le début de la période de « guerre
fraîche ». Les travailleurs font sujet des répressions, et une groupe d’intellectuels opposés au régime
créera le Comité pour la défense des ouvriers (KOR) pour les soutenir. L’opposition au régime
devient de plus en plus importante, avec la naissance d’un nombre croissant de formations
dissidentes, et avec l’élection du cardinal Karol Wojtyla comme pape en 1978, cette opposition aura
le vent en poupe.
Le mécontentement des ouvriers avec la situation économique se manifestera de nouveau par les
grèves de 1980, organisés au début pour protester contre la hausse des prix de la viande, mais qui
reprendront aussi des revendications de la démocratisation du pays. La grève la plus importante,
dans les chantiers navals de Gdansk, menée par Lech Walesa et Bogdan Borusewicz, se terminera
par la signature des accords de Gdansk, qui permettront pour la première fois la création d’un
syndicat indépendant - « Solidarité ». Ce mouvement reprendra a son apogée 10 millions de
membres, et réclamera la mise en place des réformes démocratiques.
Gierek est perçu au sein du PZPR comme incapable de gérer la situation politique et économique. Il
est remplacé en juillet 1981 comme premier secrétaire par Stanislaw Kania. Néanmoins, alors que
« Solidarité » devient de plus en plus puissante et l’URSS fait de la pression pour que le PZPR
réprime le mouvement, l’armée prend de plus en plus de l’influence au sein du parti. Le général
Wojciech Jaruzelski, alors ministre de la Défense, devient donc d’abord Premier ministre et puis
premier sécrétaire. Il décide alors de mettre en place un état de siège pour étouffer l’opposition, le
13 décembre 1981. L’état de siège va durer jusqu’en 1983.

Sous Jaruzelski, pendant la période de « sclérose des blocs », le gouvernement fait des tentatives de
réforme économique, mais celles-ci n’auront pas l’effet désiré, car l’inflation augmente et le
nomenklatura prendra de plus en plus de pouvoir sur l’économie. Enfin, avec le montée d’un
mouvement de grèves en 1988, Jaruzelski se retrouve obligé de négocier avec la « Solidarité »
clandéstine. Ces pourparlers mèneront a l’Accord du Table rond – le PZPR lève l’interdit sur
« Solidarité » et organise des élections partiellement libres en 1989, qui se termineront par une
victoire historique de « Solidarité », qui formera un gouvernement sous l’intellectuel catholique
Tadeusz Mazowiecki. Ce gouvernement introduit des réformes profondes politiques et
économiques, transformant la Pologne en un pays démocratique et capitaliste, terminant ainsi
l’époque du communisme.

2. Le crise de 1980
L’état de siège fut proclamé en Pologne le 13 décembre 1981, dans le but d’arrêter les tentatives de
reforme du système socialiste de la République populaire de Pologne.
En 1980, la Pologne subit une crise économique profonde. A cause de la politique économique
d’Edward Gierek, secrétaire général du PZPR, elle est fortement endettée et incapable de
rembourser la dette. En été 1980, le gouvernement a décidé d’augmenter les prix de la viande. Des
ouvriers ont riposté en lançant des grèves, qui furent d’abord décrites dans la presse du régime
comme des « interruptions inexpliqués du travail ». Au final, près de 80.000 ouvriers ont rejoint le
mouvement des grèves qui revendiquait des hausses de salaire, mais aussi une démocratisation des
syndicats officiels, qui furent sous la contrôle intégrale du PZPR. Même si celui-ci n’avait pas de
dirigeants, les ouvriers ont pu se coordonner avec l’aide du Comite pour la défense des ouvriers
(KOR), organisation d’opposition lancée en 1976 pour dénoncer les violations des droits de
l’homme.
La grève la plus importante avait eu lieu dans les chantiers navals de Gdansk. Elle fut organisée par
des membres des Syndicats libres de la côte (WZZW), syndicat d’opposition fondé en 1978, dont
Lech Walesa, Bogdan Borusewicz, et Anna Walentynowicz. La grève a été organisée justement pour
protester contre le licenciement de Walentynowicz pour ses activités en tant que membre des
WZZW. Elle débute le 14 août 1980. Les ouvriers réclament d’abord la réintégration de
Walentynowicz et de Walesa (qui a aussi été licencié en 1976 pour avoir critiqué les syndicats
officiels), la hausse des salaires, et la construction d’un monument a la mémoire des ouvriers tues
lors de la répression des grèves en décembre 1970. Le 16 août, la direction des chantiers navals
accepte ces revendications, mais la grève continue en solidarité avec les ouvriers des autres
entreprises de la région, qui continuent leurs grèves. Le 17, on forme le Comité de grève interentreprises (MKS), qui a pour but de coordonner le mouvement des grèves. Le Comité a formulé
une liste de 21 demandes aux autorités, dont des revendications sociales comme des hausses de
salaires ou l’indexation des salaires, mais aussi le respect de la liberté de parole et du droit de grève,
le droit de créer des syndicats indépendants vis-a-vis du gouvernement et du PZPR, et la libération
de tous les prisonniers politiques.
Dans ces conditions, le gouvernement ne pouvait plus essayer d’apaiser les tensions en offrant des
hausses de salaire aux ouvriers, comme il l’avait fait avec les premières grèves. En réponse d’un
appel signé par 64 intellectuels, dont Tadeusz Mazowiecki et Bronislaw Geremek, une commission
a été envoyée pour ouvrir des négociations avec les grévistes. En même temps, l’URSS pousse le
gouvernement polonais a prendre des mesures fortes contre les ouvriers. Le premier secrétaire du
PZPR Gierek refuse néanmoins d’utiliser la force « tant que la situation ne s’aggrave pas », même
s’il continue de dénoncer la participation des groupes « terroristes » et « contre-révolutionnaires »
dans les actions ouvrières.

Le 31 août 1980, Lech Walesa et le vice-Premier ministre Mieczyslaw Jagielski signent enfin les
accords de Gdansk. Dans ces accords, le gouvernement accepte la création des syndicats
indépendants, reconnaît le droit de grève, et s’engage a limiter la censure. Le gouvernement voit
néanmoins ces accords surtout comme un moyen de gagner du temps pour trouver un moyen de se
débarrasser des mouvements d’opposition.
Enfin, le 17 septembre 1980, le MKS se met d’accord sur le statut du nouveau syndicat indépendant
– le Syndicat indépendant autogéré « Solidarité », qui fut reconnu par la Cour suprême en
novembre. Son homologue destiné aux agriculteurs, le Syndicat indépendant autogéré des
agriculteurs individuels « Solidarité », est né en avril 1981. Malgré les efforts du gouvernement
pour dissuader la population, les rangs de « Solidarité » croissent très vite pour atteindre près de 10
millions de membres, c’est-a-dire 80 % des travailleurs polonais. En même temps, le gouvernement
prépare déjà une solution – en novembre 1980, le ministre de la Défense, le général Wojciech
Jaruzelski, proclame lors d’une réunion du Comité pour la défense du pays qu’on a déjà élaboré une
série des décrets concernant la mise en place d’un état de siège sur tout le territoire du pays en cas
de nécessité.
Le gouvernement fait tout pour saboter « Solidarité ». Dans la propagande, le syndicat est présenté
comme étant dominé par des éléments « anti-socialistes ». Les communistes essaient de provoquer
les travailleurs a faire grève, pour ensuite accuser le syndicat d’aggraver le crise économique du
pays en menant ces grèves. Les accords conclus entre « Solidarité » et le gouvernement sont
souvent pas respectés – par exemple, en janvier 1981 le gouvernement annonce qu’une samedi sur
deux sera un jour de congé, alors que les accords conclus prévoyaient que tous les samedis seraient
des jours de congé. La tactique du PZPR fut de discréditer « Solidarité » dans les yeux de la
population en le reprochant d’avoir provoqué le crise économique. En même temps, les dirigeants
de la Pologne et de l’URSS se rencontrent souvent, les soviétiques disant souvent que la Pologne
peut « absolument compter sur ses alliés du Pacte de Varsovie ».
Le 11 février 1981, le premier ministre polonais, Jozef Pinkowski, démissionne. Il est remplacé par
Wojciech Jaruzelski. Cette nouvelle est d’abord accueilli positivement par les dirigeants de
« Solidarité », mais le gouvernement ne change pas son façon d’agir.
En mars 1981, lors d’une réunion entre des membres de « Solidarité » et des membres du conseil
provincial de Bydgoszcz, des policiers entrent dans le bâtiment et jettent les syndicalistes dehors.
Certains d’entre eux sont tabassés et se retrouveront a l’hôpital. Le but de cette action fut de
provoquer « Solidarité » a une grève générale, ce qui servirait de prétexte pour mettre en place l’état
de siège que demande de plus en plus le Kremlin. Néanmoins, après de longues négociations, Lech
Walesa sera persuadé d’arrêter la grève a la dernière minute.
Lors du IXe Congrès du PZPR en juillet 1981, Edward Gierek est destitué du poste de premier
secrétaire du parti et carrément exclu du parti avec nombre de ses collaborateurs, y compris l’ancien
premier ministre Edward Babiuch. Il est remplacé par Stanislaw Kania, plus proche des
réformateurs.
En même temps, la pénurie de nourriture commence a se faire ressentir - dans certaines villes on
organise des « marches de la faim » pour demander une amélioration du système de
l’approvisionnement. La presse communiste rejette toute responsabilité des problèmes de
l’approvisionnement sur « Solidarité », dont les dirigeants chercheraient a prendre le pouvoir.
Vers octobre 1981, lors du séance plénière du Comité central du PZPR, on évoque – publiquement –
la possibilité de la mise en place de l’état de siège, car le pays serait menacé. Kania démissionne de
son poste, et Jaruzelski lui succède. L’armée commence a se préparer, néanmoins les autorités

continuent de faire semblant d’essayer de négocier avec l’opposition – Jaruzelski rencontre Lech
Walesa ainsi que le primate Jozef Glemp.
La dernière réunion de la Commission nationale de « Solidarité » a lieu le 11 et le 12 décembre
1981. Elle se déroule dans une atmosphère tendue, car on entend déjà des rumeurs sur des
mouvements de l’armée et des Réserves motorisés de la Milice civique (ZOMO). L’état de siège est
enfin proclamé le 13 décembre 1981. Les agents de la Milice civique (MO, police polonaise) et de
la Service de sécurité (SB, police secrète) entrent dans des sièges de branches régionales de
« Solidarité » pour arrêter les militants. L’activité de tous les syndicats et d’autres organisations
civiques est suspendue par le gouvernement, ainsi que la publication de la plupart de journaux. Les
grèves sont interdites, et les 100 entreprises les plus grandes de Pologne ainsi que certaines
branches de l’économie comme les communications, l’industrie minière et le secteur de l’énergie
sont mises sous contrôle intégrale de l’armée. Les droits civiques sont suspendus, on met en place
une censure de la correspondance, les frontières sont fermées, et une couvre-feu est mise en place.
La plupart des dirigeants de « Solidarité », y compris Lech Walesa, sont internés, ainsi que certains
communistes comme Edward Gierek et ses anciens collaborateurs de qui on décidera de faire les
boucs émissaires responsables pour la crise, ou encore certains membres réformateurs du PZPR. En
tout, près de 10.000 personnes furent internés lors de la proclamation de l’état de siège.
Dans un discours télévisé, Jaruzelski annonce officiellement la mise en place de l’état de siège, ainsi
que la création du Conseil militaire pour le salut national (WRON), un organe composé de
militaires qui dirigerait provisoirement le pays pendant l’état de siège. Il proclame que l’état de
siège a été mis en place afin d’éviter de l’anarchie ou même une guerre civile en Pologne, et qu’il
serait éventuellement levé quand le « danger » serait enfin écarté.
70.000 soldats et 30.000 policiers sont envoyés dans les rues des villes polonaises pour maintenir la
paix – certains d’entre eux vont participer a la pacification des grèves d’occupation dans certains
entreprises. En effet, « Solidarité » avait décidé auparavant qu’elle riposterait a toute tentative par
les autorités de s’attaquer directement au syndicat par une grève générale. Malgré la difficulté que
les ouvriers ont eu a se coordonner, il y a néanmoins eu des grèves d’occupation dans de
nombreuses entreprises, qui dureraient souvent plusieurs jours – la mine « Piast » a Bierun tiendra
jusqu’au 28 décembre. La plus célèbre d’entre ces grèves fut celle dans la mine « Wujek » a
Katowice – elle se termine par la mort de 9 mineurs.
Malgré cette résistance, on considérera après que la mise en place de l’état de siège a été plus facile
que prévue, ce qui sera attribué au fait que les communistes comme l’opposition – craignaient une
intervention du Pacte de Varsovie en cas d’échec de l’état de siège. Cela demeure néanmoins
toujours un sujet controversé – les partisans de Jaruzelski maintiennent toujours que la mise en
place de l’état de siège a empêché une telle intervention, alors que d’autres maintiennent que, même
si l’URSS voulait bien que « Solidarité » soit réprimée et que des mouvements semblables ne se
créent pas dans d’autres pays du bloc est, ils n’allaient pas intervenir en Pologne. alOn sait que les
pays de l’OTAN avait préparés une liste de mesures a prendre en cas d’intervention soviétique en
Pologne, y compris un gel de relations diplomatiques, un embargo strict, la liquidation de tous les
filiales d’entreprises du bloc est présents dans les pays de l’OTAN, et une augmentation générale
des dépenses de l’armement. L’URSS devait être au courant de cela, et on peut se demander si ces
plans, ainsi que son implication préexistante dans la guerre en Afghanistan, n’avaient pas convaincu
Brejnev qu’il valait mieux que la tâche de la répression soit laissée aux Polonais eux-mêmes.
Malgré tout, les États-Unis imposeront toujours des sanctions économiques sur la Pologne et sur
l’URSS, et tous les pays de l’OTAN sont d’accord pour suspendre les négociations a propos de la
dette polonaise et d’arrêter de prêter de l’argent. Le président Reagan arrêtera des livraisons de

nourriture au gouvernement polonais, même s’il promet de continuer a envoyer de la nourriture
directement au peuple polonais.
Les dirigeants de « Solidarité » qui ont réussi a échapper a l’internement, comme Zbigniew Bujak
ou Wladyslaw Frasyniuk, tentent de reconstruire clandestinement le syndicat, et d’organiser des
grèves et autres actions pour protester contre l’état de siège. Le 31 août 1982, la deuxième
anniversaire de la signature des accords de Gdansk, des manifestations seront organisées dans 66
villes. Ces manifestations seront aussi réprimées – plus de 5.000 personnes seront arrêtées.
L’activité principale de l’opposition sera, néanmoins, la publication des journaux clandestins. On
estime qu’en 1982, il existait environ 800 journaux clandestins sur tout le territoire du pays.
Sous pression de l’Occident et du pape Jean-Paul II, l’état de siège est suspendu le 18 décembre
1982. En même temps, environ 1.500 internés sont libérés, y compris Lech Walesa. Les restrictions
sur les droits civiques restent néanmoins en place, même si les manifestations contre le
gouvernement commencent a perdent leur ampleur. Même la visite du pape en Pologne en juin 1983
n’amène aucun changement véritable dans le pays. Le 22 août 1983, le gouvernement estimant qu’il
a réussi a arrêter le déclin économique du pays, l’état de siège est formellement levé et le Conseil
national pour le salut national est dissous, même si les droits civiques sont toujours très restreints.

3. Les personnages
3.1. Wojciech Jaruzelski

Wojciech Jaruzelski (gauche) et Nicolae Ceaușescu, lors de la visite de ce dernier en Pologne en 1984

Wojciech Jaruzelski (1923-2014) fut le dirigeant de la République populaire de Pologne entre 1981
et 1989. Il est né dans une famille de petite noblesse. Après l’invasion de la Pologne par les
Allemands et le Soviétiques en 1939, Wojciech ainsi que toute sa famille sont déportés vers l’URSS
– il se retrouve a Kazakhstan, ou il doit travailler dans une mine de charbon. Néanmoins, Jaruzelski
épouse la cause communiste et entre dans une école militaire de l’Armée rouge pour devenir
officier. Il entre dans l’Armée polonaise de l’Est, alliée a l’URSS et dirigée par le général Zygmunt
Berling.
Après la guerre, Jaruzelski intègre le PZPR. Il monte très vite dans les rangs de l’armée ainsi qu’en
politique - en 1956, a l’age de 33 ans, il devient le plus jeune général de brigade en Pologne. Il
devient vice-ministre de la Défense en 1961, en 1964 il est élu au Comité central du PZPR, il
remplace le maréchal Marian Spychalski en tant que ministre de la Défense en 1968, et enfin en
1971, il devient membre du Bureau politique du PZPR.

En décembre 1970, les ouvriers des chantiers navals dans le nord du pays se mettent en grève pour
protester contre une hausse des prix de la nourriture. Le premier secrétaire du PZPR, Wladyslaw
Gomulka décide d’envoyer l’armée pour réprimer ces grèves. Jaruzelski protestait soi-disant contre
cette décision, mais en tant que ministre de la Défense, il était directement responsable des actions
de l’armée, et il n’a certainement pas démissionné de son poste. Gomulka est obligé de quitter le
poste du premier secrétaire suite a ces événements.
Alors que le crise du pays s’aggrave, Jaruzelski devient Premier ministre en février 1981, et
remplace Stanislaw Kania, qui s’oppose a la mise en place d’un état de siège, comme premier
secrétaire du PZPR en octobre. En décembre, il proclame l’état de siège, qui restera en place
jusqu’en 1983. Jaruzelski continuera de diriger le pays après 1983 – en 1985 il démissionne du
poste du Premier ministre pour devenir Président.
En 1988, la Pologne est de nouveau paralysée par des grèves. Au début, le gouvernement refuse de
négocier, mais la crise économique et la montée au pouvoir en URSS de Gorbatchev encourage
Jaruzelski a lancer des négociations avec Walesa et les autres dirigeants de « Solidarité ». Des
longues négociations sont conclus par l’Accord du Table rond en avril 1989. « Solidarité » est
désormais de nouveau légale, et on se met d’accord pour tenir des élections partiellement libres en
1989. Ces élections seront remportées par « Solidarité », et le parlement ne ré-élira Jaruzelski
comme Président que de justesse. Il démissionne alors de toutes ses fonctions en sein du PZPR, et
restera dans son poste jusqu’en décembre 1990, quand Lech Walesa est élu Président lors des
premières élections complètement libres en Pologne depuis 1922. Il se retire par la suite de la
politique.
Jaruzelski continuera de défendre en public sa décision de mettre en place l’état de siège. Il se
retrouvera devant un tribunal pour cette décision, mais le procès, qui débute en 2008, sera suspendu
trois ans après a cause de sa mauvaise santé. Il meurt d’un cancer en 2014.

3.2. Tadeusz Mazowiecki

Tadeusz Mazowiecki lors de son discours d’investiture en tant que Premier ministre en 1989

Tadeusz Mazowiecki (1927-2013) fut un opposant du régime communiste polonais, et Premier
ministre entre 1989 et 1991. Lors de son mandat, il lancera des réformes profondes pour faire de la
Pologne un pays démocratique et doté d’une économie de marché.

Mazowiecki fait des études de droit a l’Université de Varsovie, mais ses études se prolongent et il
quitte enfin l’université lorsqu’il apprend que le programme a entre-temps été changé pour mettre
plus d’accent sur la théorie marxiste. Il devient journaliste et membre notoire des cercles
intellectuels chrétiens de gauche. Il rejoint l’association PAX, association d’intellectuels catholiques
proches du régime communiste. Ces intellectuels tentent en quelque sorte d’unir le communisme et
le catholicisme social – un d’entre eux, Stanislaw Stomma, dit vouloir « accepter le communisme
tout en lui imposant ses valeurs ». Il sera néanmoins exclu du PAX en 1956, car il l’a publiquement
critiqué pour ses positions fort ambiguës face aux tentatives de réforme du régime stalinien. Entre
1958 et 1981, il sera le rédacteur du revue catholique « Wiez » (Lien).
Mazowiecki deviendra en 1961 député au Sejm, représentant le mouvement « Znak » (Signe),
soutenu par l’Église catholique. Il le restera jusqu’en 1971. En tant que député, Mazowiecki
protestera contre les réformes d’éducation du gouvernement, qui voulait que l’école polonaise soit
ouvertement athée. En 1968, alors que le PZPR lance une campagne antisémite, Mazowiecki et le
plupart des députés du « Znak » critiquent le gouvernement, alors qu’ils risquent de perdre leurs
mandats. Dans les années 1970, Mazowiecki se rapproche du Comité pour la défense des ouvriers,
alors dominé par le « gauche laïque » d’Adam Michnik, Jacek Kuron, et Jan Jozef Lipski.
En 1980, Mazowiecki signera le Lettre des 64, un lettre signé par 64 intellectuels pour appeler le
gouvernement a négocier avec les ouvriers en grève. Avec Bronislaw Geremek, il ira lui-même a
Gdansk pour donner ce lettre a Lech Walesa, ce qui les conduira a devenir tous les deux des
conseillers de Walesa. Apres la création de « Solidarité », Mazowiecki deviendra en 1981 rédacteur
de l’ « Hebdomadaire Solidarnosc », journal officiel du syndicat. Après l’incident a Bydgoszcz ou
des membres de « Solidarité » sont agressés par des policiers lors d’une réunion, Mazowiecki fera
tout pour convaincre Walesa a négocier avec le gouvernement pour empêcher une grève générale,
qui aurait sûrement servi d’excuse au gouvernement pour mettre en place un état de siège.
Lors de l’état de siège en décembre 1981, Mazowiecki sera interné, et il le restera jusqu’en
décembre 1982.
Mazowiecki sera un des principaux négociateurs du coté de Solidarité lors des pourparlers qui
mèneront a l’Accord du Table rond. Cet accord mènera aux élections partiellement libres de 1989,
mais Mazowiecki refuse de se présenter comme candidat car sa proposition de se présenter aux
élections en alliance avec des membres d’organisations d’opposition autres que « Solidarité » sera
rejetée. Malgré cela, lorsqu’il s’avère que « Solidarité » a remporté les élections et que le
communiste Czeslaw Kiszczak est incapable de former un gouvernement, Mazowiecki est désigné
comme Premier ministre. Il forme un gouvernement d’union nationale avec le PZPR et ses alliés
parlementaires, qui fera de la Pologne un régime démocratique et mènera des réformes parfois très
dures pour libéraliser l’économie.
Il entre de plus en plus en conflit avec Walesa, qui reste en dehors du gouvernement et estime que
les réformes de Mazowiecki ne vont pas assez loin. Mazowiecki estimant que Walesa est devenu
dangereux pour la démocratie, il se présentera contre lui lors des élections présidentielles de 1990,
mais ayant perdu beaucoup de sa popularité a cause des couts sociaux élevés des réformes
économiques, il arrivera troisième, derrière Walesa et le populiste canadien d’origine polonais
Stanislaw Tyminski. Après cet échec monumental, il démissionne et crée un nouveau parti politique,
l’Union démocratique (UD). Il n’occupera cependant plus de fonction politique importante en
Pologne. Entre 1992 et 1995 il est rapporteur de l’ONU pour l’ex-Yougoslavie, mais il est déçu par
l’inaction de l’OTAN face aux atrocités et démissionne de son poste.

En 2005, il est un des fondateurs du Parti démocrate, formation regroupant des anciens de l’UD
ainsi que des politiciens de la gauche post-communiste, mais ce parti ne jouera aucune rôle majeure.
En 2010, il devient un des conseillers du Président Bronislaw Komorowski. Il meurt en 2013.

4. Les documents
4.1. Discours de Wojciech Jaruzelski lors de la mise en place de l’état de siege
Citoyennes et citoyens de la République populaire de Pologne !
Je vous adresse aujourd’hui en tant que soldat et en tant que chef du gouvernement polonais. Je vous parle
des sujets d’importance extrême. Notre partie est au bord du précipice. Le travail de nombreuses
générations, le maison polonais bâti sur les cendres est ruiné. Les structures de l’État cessent de fonctionner.
L’économie, déjà faible, reçoit chaque jour encore des nouveaux coups. Les gens sont accables par les
conditions de vie qui se dégradent. Les lieux de travail, ainsi que des nombreux maisons polonais, sont
divises. L’atmosphère des conflits sans cesse, des malentendus, de la haine sème la ravage psychologique, et
détruit nos traditions de tolérance. Les grèves, les préparations de grève, et des manifestations sont devenu
la norme. Même la jeunesse y est entraînée. Hier soir, des nombreux bâtiments publiques furent occupés.
Certains disent qu’il faut s’en prendre – physiquement – aux « rouges », aux gens qui ont des opinions
différents qu’eux. Le terreur, les menaces, et même des cas de violence directe se multiplient.
[…]
J’annonce qu’aujourd’hui s’est constituée le Conseil militaire pour le salut national. Le Conseil d’État, en
accord avec la Constitution, a déclaré aujourd’hui, a minuit, l’état de siège sur tout le territoire du pays. Je
veux que vous comprenez tous les motifs et les buts de notre action. Nous ne voulons pas d’un coup d’état
militaire, d’une junte militaire. La nation polonaise a assez de force et de sagesse pour développer un
système socialiste efficace et démocratique. Dans un tel système, l’armée pourra rester a sa place – dans ses
casernes. Aucun des problèmes de la Pologne ne peut être résolu durablement avec la violence. Le Conseil
militaire pour le salut national ne remplace aucunement les organes de pouvoir établis par la Constitution.
Sa tache est de protéger l’ordre juridique, et de créer les garants exécutifs qui permettront la restauration de
l’ordre et de la discipline. C’est la seule voie pour sortir le pays de ce crise, de le protéger contre sa
décomposition. Le Comite de la défense du pays a nommé des commissaires militaires sur tous les niveaux
de l’administration nationale, et dans certains entreprises. Les commissaires ont reçu le droit de surveiller
les activités de l’administration publique – des ministères jusqu’aux communes.
[…]
Dans l’intérêt national, plusieurs personnes menaçant la sécurité du pays ont été internés, dont des militants
radicaux de « Solidarité » et d’autres organisations illégales agissant contre l’État. Le Conseil militaire a
aussi ordonne l’internement des dizaines de personnes coupables d’avoir entraîné dans les années 70 le
pays dans ce crise profond, ou d’avoir abusé de leurs positions pour leur gain personnel – dont Edward
Gierek, Piotr Jaroszewicz, Zdzisław Grudzień, Jerzy Łukaszewicz, Jan Szydlak, Tadeusz Wrzaszczyk, et
encore d’autres. La liste complète sera bientôt publiée. Nous allons constamment lutter contre le mal dans la
société polonaise – peu importe ou celui-ci est né.
[…]
Citoyennes et citoyens !
Comme il n’est pas possible de se retirer du socialisme, il n’est pas possible de revenir vers les méthodes
erronées d’avant août 1980. Les démarches d’aujourd’hui servent au maintien des bases du renouveau
socialiste. Tous les grandes reformes seront continues dans des conditions de l’ordre, de la discussion
rationnelle, et de la discipline. Cela vaut aussi pour la reforme économique. Je ne veux rien promettre. Une
période difficile nous attend. Pour qu’on puisse vivre mieux demain, il faut reconnaître aujourd’hui la
réalité et comprendre la nécessite des sacrifices. Je veux une chose - le calme. C’est une condition
primordiale pour qu’on puisse créer une avenir meilleure. Nous sommes un pays souverain. Nous devons
donc sortir de ce crise par nos propres moyens. Nous devons écarter le danger nous-mêmes. L’histoire ne
pardonnerait pas a la génération actuelle d’avoir gaspillé cette chance. Il faut mettre fin a la dégradation


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