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Transfuge N107 Mars 2017 .pdf



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Au programme

J

par Vincent Jaury

ulia Ducournau fait notre couverture de ce
mois pour son premier long métrage, Grave.
Notons au passage que Transfuge est un des
seuls magazines sinon le seul à prendre le
risque de mettre en couv un premier film. Mais
c’est que l’équipe ciné croit beaucoup à cette
jeune cinéaste de trente-trois ans et qu’il y a fort à
parier que dans dix ans on reparle d’elle comme
d’une réalisatrice française incontournable. Tout
le monde parle déjà du film dans le milieu de la
critique, il était sélectionné à la Semaine de la
critique à Cannes, il a fait sensation à Sundance, et
a obtenu le Grand prix du très reconnu festival de
Gérardmer (ainsi que le prix de la critique dont
fait partie notre journaliste Frédéric Mercier).
Justine est une fille surdouée qui intègre l’école
de vétérinaire où se trouve déjà sa grande sœur.
Elle est bizutée et l’on force cette végétarienne a
manger de la viande crue. A partir de là, le film
bascule dans le cannibalisme... Nous avons fait
un long portrait de la réalisatrice, le plus précis
possible, pour éclairer le film.
Kamel Daoud est en ouverture de nos pages
littéraires. On ne présente plus cet intellectuel
algérien, son courage malgré sa fatwa à dénoncer
l’islamisme du monde entier. Un livre paraît de
l’ensemble de ses chroniques paru entre 2010 et
2016, Mes Indépendances (Actes sud). Il redonne
ses lettres de noblesse au genre de la chronique
qui sous la plume de Daoud devient littéraire.
C’est le chroniqueur le plus lu d’Algérie, très
apprécié aussi dans le monde arabe progressiste.
Il a notamment beaucoup défendu la cause
des femmes dans une région où leurs droits
sont quotidiennement bafoués. Nous l’avons
longuement interviewé.
Dans un autre genre, nous avons mené
l’enquête sur quelques mois du côté des éditions
Gallimard. La prestigieuse maison est-elle toujours
à la hauteur de sa réputation ? Il faut bien dire
que oui selon un grand nombre d’intervenants
que nous avons interviewés. La maison de Proust

et de Céline a de beaux jours devant elle. Mais des
voix s’élèvent, souvent en off, tant elles semblent
redouter Gallimard. Éditeurs, libraires, critiques,
romanciers nous donnent leurs avis.
Il nous a semblé par ailleurs intéressant
de s’intéresser de nouveau au philosophe et
sociologue Geoffroy de Lagasnerie, qui avait
fait notre couverture l’année dernière pour son
essai très stimulant sur la justice, Juger (Fayard).
A l’occasion du très bon livre qu’il a fait paraître
en cette rentrée, Penser dans un monde mauvais,
(PUF), Oriane Jeancourt s’est entretenue près
de trois heures avec lui à la Closerie des Lilas,
pour essayer de mieux comprendre l’origine de
sa pensée, et de mieux savoir qui est ce jeune
homme de trente cinq ans venu du très chic
XVIeme arrondissement de Paris devenu une des
figures les plus en vues de la gauche radicale.
A vous tous, chers lecteurs, qui souhaitez
lire autre chose que ce qu’on lit dans la presse
mainstream, qui en avez ras le bol d’entendre
parler de ces élections, ces petites affaires, ces
petites phrases, ces tweets sans intérêt, bienvenue
à Transfuge !
ÉDITO / Page 3

SOMMAIRE
Page 24

Page 3

N°107 MARS 2016

KAMEL DAOUD

NEWS

3/

Édito

6/

On prend un verre avec Constance Rousseau

CHRONIQUES
nez dans le texte de François Bégaudeau
10 / Croyez ce que vous voulez
8 / Le

12 / Journal

d’un homme pressé
express : Olivier Minne
16 / Interview express : Claudio Giovannesi
18 / Interview express : Kiyoshi Kurosawa
20 / Interview express : Ivan I. Tverdovsky
22 / En coulisse avec Manuel Tricoteaux
14 / Interview

Page 4 / TRANSFUGE

Page 74

Page 24
24 / Cahier

JULIA DUCOURNAU

DU CÔTÉ DE LA LITTÉRATURE

critiques : comme chaque mois,
Transfuge vous choisit ses 10 livres incontournables
dont le formidable Mes Indépendances de Kamel Daoud
52 / Poche
53 / Polar
54 / Déshabillage : Paul Vacca
56 / Essai : Céline, la race, le juif
58 / Essai : portrait de Geoffroy de Lagasnerie
64 / Enquête : Gallimard est-il toujours Gallimard ?

Page 92

Page 72

WARREN BEATTY
« Quelque sujet qu’il traite, Jérôme Leroy pense
et écrit en poète. »

SUR NOS ÉCRANS

72 / Édito

: Julia Ducournau, Grave
82 / Sélection des meilleurs films du mois
86 / DVD
92 / Classique : Warren Beatty
98 / Remous : Retour sur Papa ou Maman 2
74 / L’événement

GÉRARD GUÉGAN, SUD-OUEST DIMANCHE

« Roman de politique-fiction, d’anticipation sociale, roman noir,
roman du temps enfui aussi, beaucoup, et roman d’amours
défuntes enfin, Un peu tard dans la saison est tout cela à la fois. »
LIONEL DESTREMAU, LE MATRICULE DES ANGES

« Jérôme Leroy cultive les émerveillements minuscules
et les voluptés de la mélancolie. »
SOPHIE PUJAS, LE POINT

Page 102

« Ses romans nous sont devenus indispensables. »

EN VILLE

BENOÎT DUTEURTRE, LE FIGARO LITTÉRAIRE

: MayDay à la Colline
: Arno Breker, une biographie
110 / Musique : Psychedelic Celluloid

« Chez Leroy, la noirceur est toujours éclairée par
une possible rédemption. »

102 / Scène
106 / Art

ELISE LÉPINE, TRANSFUGE

« Direct, tranchant, excitant. »

114 / En

route ! Va devant !

editionslatableronde.fr

JEAN-CLAUDE RASPIENGEAS, LA CROIX

J’AI PRIS UN VERRE AVEC…

CONSTANCE ROUSSEAU

Par Frédéric Mercier
Photo Franck Ferville

C

’est une affaire bien mystérieuse :
Constance Rousseau m’a donné rendezvous au bar de l’hôtel Regina, au coin
de la rue des Pyramides où j’avais
rendez-vous juste avant pour m’entretenir
de f ilms d’horreur. Détail piquant de
l’affaire, elle était comme moi la veille au
festival international du film fantastique
de Gérardmer où elle présentait Le Secret
de la chambre noire, le nouveau film de
Kiyoshi Kurosawa dont elle est l’inoubliable
héroïne. Et bien qu’au cours du repas du
dîner de clôture, nous étions assis à quelques
centimètres l’un de l’autre, alors que je ne
cessais de chercher son regard, elle me jure
ne m’avoir ni remarqué ni vu. Qu’importe,
c’est le lot des gens transparents ! (En tout
cas, ça faire rire Franck, le photographe.)

« je ne prends aucune place »
Ce jour là, au Regina, au fur et à mesure
qu’elle boit son café, Constance Rousseau
ne cesse de m’intriguer. À commencer par
ses origines : elle est fi lle d’un ingénieur
médical qui élabore des instruments destinés
aux tests sanguins. « Mon père se décrit
comme un vampire qui vit du sang de ses
compatriotes. » Difficile d’imaginer que cette
douce et frêle Parisienne puisse tant aimer se
repaître d’images horrifiques. Et pourtant,
elle me parle avec appétit de spectres, de
zombies et de John Carpenter, l’un de ses
Page 6 / TRANSFUGE

cinéastes préférés. A en juger par la délicatesse
de son visage, de ses gestes effectuées du bout
de petits doigts graciles – « ma gestuelle est très
mesurée, je ne prends aucune place » s’excuset-elle alors que je la regarde fasciné, on jurerait
plutôt une petite fi lle sage. Elle s’en amuse :
« J’aimais très tôt pourfendre les interdits avec
des films d’horreur. Les Yeux sans visage est mon
film préféré. » Coïncidence déroutante : c’est
aussi le fi lm favori de Kurosawa. Chose bien
inquiétante : c’est à son œuvre que Constance
Rousseau a consacré une partie de son mémoire
qui portait sur l’étude de l’utilisation de l’image
vidéo dans les films de fantômes et notamment
ceux de Kurosawa. Si bien que tourner pour
le cinéaste était son rêve absolu. Mais les
coïncidences ne s’arrêtent pas là et prennent
un tour surnaturel : dans Le Secret de la chambre
noire, elle joue Marie, une ingénue éprise de
botanique qui espère pouvoir travailler au
Jardin des Plantes et échapper avec son amant
à l’emprise de son père, un photographe
passionné par les daguerréotypes. Or, il se
trouve que si elle n’avait pas été comédienne,
si elle n’avait pas un jour de ses seize ans été
repérée dans la rue par la directrice de casting
de Mia Hansen- Love qui cherchait l’héroïne de
Tout est pardonné, Constance Rousseau eût sans
doute été… botaniste. Elle qui, comme Marie,
aime le soir errer seule au Jardin des Plantes.
On ne s’étonnera plus de rien et certainement
pas que dans le dernier Kurosawa, elle campe
un personnage qui semble avoir été calqué
sur l’être insaisissable que j’ai en face de moi :
ingénue, héroïne romantique, douce, ironique,
fantôme aux yeux noirs dont la beauté émane
d’un autre siècle. Pourtant, elle me jure avoir
été recrutée après écriture du scénario. Il est
des mystères sans réponses. A l’image de mon
trouble qui persiste après cet entretien, pour
une star en devenir saisie ici avant la mue,
l’ultime métamorphose. Constance forever !

Ce que nous pouvons
A propos de Que faire des classes moyennes?
Nathalie Quintane, POL
par François Bégaudeau

Q

ue faire des classes moyennes? » est une
question sérieuse, à traiter par les plus
sérieux des gens sérieux, les économistes.
Les économistes ne se contentent pas
d’observations empiriques, leurs études d’élite les
ont dotés d’outils objectifs, scientifiques. Nathalie
Quintane commence par là. Par la définition
chiffrée de la classe moyenne, dont elle démontre,
retournant l’arme des statistiques contre ses usagers
préférés, qu’elle est vide. Avec elles « on sait ce
qu’est la classe moyenne, mais cela ne correspond
à rien ». La science économique produit un savoir
aussi juste que sans référent.
Paradoxe pour paradoxe, la littérature, elle,
attrape d’autant mieux le réel qu’elle ne prétend
pas à l’objectivité. « On est en peine observation
participante » écrit Quintane. La classe moyenne,
elle en est. La littérature s’assume subjective, elle.
Et ne pose jamais une question pour la seule gloire
de la science. Quintane est de gauche, c’est depuis
une inquiétude de gauche qu’elle tache d’élucider
en quoi les classes moyennes « concourent (ou
non) à l’état déplorable de la société tout entière
et peut-être du monde ». Electrifiée par l’urgence
politique, la poète chercheuse ne s’interdira pas
de juger, de pester, de se moquer. Convoquera des
mots comme vengeance, et même comme l’ancien
« venjance ». Soucieux d’entretenir l’illusion de sa
neutralité, un économiste ne dit ni venjance, ni
vengeance. Il ne dit pas qu’un esprit de vengeance
anime la classe moyenne, qui mène on sait bien où.
Ou plutôt on ne sait pas bien où, et c’est pourquoi
nous produisons de la littérature. Ce sont les
économistes qui savent bien. Au sens où le petit
Logan est sommé de montrer à sa maîtresse qu’il
sait bien sa leçon. Et Logan sait bien sa leçon, c’està-dire qu’il ne sait rien. L’économiste qui sait ne
sait rien, et ainsi s’achève un paragraphe qui tente
en vain d’imiter le style inimitable de Quintane.
Délivrée de maîresses et maîtres, la littérature ne
sait pas bien. En cela la classe moyenne est un sujet
pour elle. Sujet qu’on sait pas bien. Objet fuyant,
confus, ambivalent - et chacun est ambivalent par
rapport à elle (« Avez-vous le sentiment d’appartenir à
la classe moyenne? Oui/non »). Objet approximatif,
et la littérature procède par approximations. Elle
approxime. Elle tourne autour du pot ; tente des
approches, à elle seule bande de sioux rampants
autour d’un camp de cavalerie.
« Mon surf » permet ça. Par « mon surf »,
Quintane désigne les heures de navigation devant
Page 8 / TRANSFUGE

le nez dans le texte

l’écran, au gré des liens. Mais désigne aussi un
mode de pensée qui n’a pas attendu Internet pour
cheminer à l’aventure, pour faire proliférer le sujet
plutôt que de le circonscrire. « Serrer les classes
moyennes », cela implique de desserrer l’étreinte,
de voir large. D’aller chercher à la fois des
courbes, des images, des lignes autobiographiques
ou historiques, des écrivains comme Debord ou
« quelqu’un que j’ai entendu à la radio » ; de se
servir du miroir de classe moyenne africaine pour
mieux appréhender la nôtre. La littérature saisit
mieux son objet parce qu’elle le prend de biais.
Qui approche de biais produit une pensée
tordue idoine pour approcher la classe moyenne,
elle-même tordue à force de tordre le cou vers la
bourgeoisie inaccessible tout en pataugeant dans la
boue des dominés. Il en résulte des énoncés tordus :
« débonnaire c’est exactement ce que la classe
moyenne n’est pas ». C’est sommaire, ça va trop vite,
c’est un raccourci, mais le raccourci est en poésie le
prix de la fulgurance. Il ouvre un point de vue
que la route principale n’offre pas. Par exemple :
« le ressentiment est une révolte qui a mal vieilli ».
Vingt-cinq ans que suivant les pas de Nietzsche,
vous piétinez autour de ce mot là, ressentiment, et
d’un coup ça vous parait lumineux. Comme vous
parait lumineuse la « foule semi-clandestine » pour
évoquer le prolétariat contemporain. Et que dire
de « cette anhédonie révélée à contrario par l’excès
expressif des publicités »?
A front renversé de cette logique de
compression, c’est aussi parfois en étirant que
la littérature pallie les carences de la science.
En détaillant : « Toute une représentation les
accompagne, des idées de petits déjeuners à la
campagne, de facteurs à vélo, de gouters dans le
sac avant l’école, de vaccination canine, de soirées
télé, de Wii, de cousinades et de barbecues, de
baptêmes non suivis de communion, encore moins
de confirmations ». Ce que peut la littérature sur des
sujets pas-pour-elle ? Elle peut cette « vaccination
canine ». Elle peut des nuances comme « non
suivis de communions », ou dans le même esprit
évoquer la « nostalgie des robes-chemises mais
pas du psychédélisme ». Elle peut la notation
surnuméraire, imprévisibles, hors des radars.
Elle peut « une sieste sur un transat à rayures. ».
D’autres auraient dit « les vacances », Quintane dit
« une sieste ». Et ajoute : « sur un transat ». Puis : « à
rayures ». Ce que peut la littérature pour le monde
parti en couilles ? Dire les rayures.

CROYEZ
CE QUE VOUS VOULEZ...
ELÉMENTS DE LANGAGE

E

t l’on se mit à parler une nouvelle langue.
Non pas en un jour, ni en deux, non pas en
une tribune, décision nationale, Congrès de
Versailles, mais en un glissement, invisible
puis spectaculaire, comme ces plaques de neige
qui se décollent des montagnes et emportent les
skieurs avec eux.
Jeudi 9 février : Marine Le Pen, à la télévision,
dit à une femme, africaine, en pleine formation :
vous ne serez pas embauchée, si je suis élue.
C’est la “préférence nationale”. Et tout le monde
comprend ce qu’elle veut dire, parce que depuis
dix, quinze, vingt ans, ces mots sont connus,
mieux, assimilés.
Alors l’on pense à Victor Klemperer, oui,
le philologue allemand, le Klemperer de LTI,
la langue du Troisième Reich, ( Pocket) livre qu’il
faudrait distribuer, non pas dans les écoles
seulement, mais dans les rédactions, cafés,
entreprises, universités, usines, agences pour
l’emploi, coins de la rue, enfin partout où l’on
parle. Klemperer, donc, dans l’Allemagne des
années trente, devint le chroniqueur impuissant
de la métamorphose d’une langue alllemande
qu’il adorait, il y a consacré sa vie, et qui accueillit
soudain de nouveaux mots ; mischlinge, ( pour
dire les demi-juifs), Rassenchande, ( honte de sa
race), ou Gemeinschaft ( communauté, pour dire
communauté nationale). Des mots inconnus de
Heine, de Goethe, mais des mots qui permirent
de décréter que Klemperer ne pouvait plus
exercer dans son université, qu’il fallait lui
préférer un Allemand de souche, bref appliquer
“la préférence nationale”. Des mots qui
l’envoyèrent à l’usine, des mots qui cherchèrent

Page 10 / TRANSFUGE

à l’éliminer. Qui fera le LTI des années 2010 ?
Non pas seulement une analyse de la langue du
Front National- il n’est plus question de montrer
que ces gens là parlent en brutes- mais des mots
qui sont entrés dans nos quotidiens, nos réseaux
sociaux, nos débats, nos cerveaux ces dernières
années ? Ces mots qui ne nous révoltent plus, ces
mots que pratique une grande partie de la classe
politique et nous abaissent à penser en “nation”,
en “protection nationale”? Il y a urgence.
Autres mots, ceux que l’on rétorque à
Hisham Matar, dans les années 90, lorsqu’il
cherche son père : “disparu”, “effacé”, rayé des
listes des prisons libyennes. Il les retranscrit dans
son beau récit qui vient de paraître, La Terre qui
les sépare (Gallimard). Matar, brillant étudiant
libyen à Londres n’est pas de ceux qui s’arrêtent
aux murs des mots. Alors, il se lance dans une
enquête, avec une obstination délirante, peutêtre incompréhensible pour ceux qui n’ont pas
perdu leur père dans les geôles d’un bourreau
comme Kadhafi. Le jeune homme est habité par
une force inouïe, venue du souvenir de la chaleur
d’un foyer qu’il a connu dans son enfance :
cosmopolite, cultivé, dans une Libye que l’on
peine à reconnaître. Peut-être est-ce cela le plus
frappant dans ce livre, la vitesse avec laquelle
le monde d’Hisham Matar s’est effondré, ce
monde engagé sur la voie du progrès, ce monde
plein d’espoirs, d’enfance, d’énergie. Il aura
suffit d’une volonté de destruction, de nouveaux
mots brandis, d’autres interdits, pour que ces
hommes que décrit Matar, ce père, cet oncle et
tant d’autres superbes figures de la contestation
démocratique, disparaissent.


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