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Asselineau, le «Frexit» sinon rien
noemail@mediapart.fr (Mathieu Magnaudeix)
Mediapart - Articles

Sous les bravos et les hourras, François Asselineau, pataud et ému,
écarte les bras, les referme. C’est son jour : ce samedi 25 mars, son
parti, l’Union populaire républicaine (UPR) fête ses dix ans dans un
centre de l’est parisien. On entend des « Asselineau président ! ».
L’homme sur la scène, parfait inconnu, s’est qualifié pour la
présidentielle grâce à 587 parrainages récoltés auprès de maires . Cet
après-midi, il y a bien 4 000 personnes, venues de toute la France pour
l’applaudir : le monde parallèle des « asselinistes » ne rate aucune des
vidéos de leur héros sur Youtube. Avec une belle constance, ils couvrent
depuis dix ans les ronds-points et les ponts d’affiches à son effigie.

25 mars. François Asselineau, lors de son meeting parisien. © Mathieu
Magnaudeix
Le programme de l’UPR tient en six lettres, scandé par l’assistance :
« Frexit ! ». Asselineau veut « sortir la France de l’Union européenne, de
l’euro et de l’Otan ». Activer, sitôt son élection, qu’il envisage le plus
sérieusement du monde, l’article 50 du traité de Lisbonne qui déclenche
le « retrait unilatéral » d’un pays de l’Union européenne, comme
viennent de le faire les Britanniques. L’Europe, dit-il, est « une
dictature », une « utopie mortelle en train de nous mener au désastre
national ». Un « apartheid planétaire » qui ne dit pas son nom. Il fustige
l’euro, ce « tsunami pas viable qui risque de s’effondrer », les
« européistes » et l’ « oligarchie euro-atlantiste » .
Il est, dit-il, le seul à assumer une rupture franche. « Monsieur DupontAignan ne veut pas sortir de l’euro. Marine Le Pen et Jean-Luc
Mélenchon sont dans l'ambiguïté constante. » « Nous avons ce soir le
début d’une atmosphère de libération ! » lance Asselineau à ses
partisans, qui aiment à se définir comme des « résistants ». Un panneau
dans le public proclame : « L’armée de l’ombre UPR surgit à la
lumière ». Asselineau lance une vidéo où Philippe Séguin dénonce en
1992 à l’Assemblée nationale le traité de Maastricht comme un « viol »
de la « souveraineté nationale ». « Il avait tout vu. Nous avons sabordé
l’État de droit. » Un peu plus tard, deuxième vidéo : c’est de Gaulle,
l’idole d’Asselineau, qui dit en 1965, « chacun a sa patrie, nous avons la
nôtre » et plaide pour la « coopération entre États ».
Ne le prenez pas pour un « hurluberlu ». Asselineau, il y tient, est un
garçon sérieux. Le CV est ultra-classique pour un homme politique :
énarque, inspecteur des finances, conseiller de plusieurs ministres de
droite dans les années 1990 – Gérard Longuet, Françoise de Panafieu,
Hervé de Charette. Asselineau, 59 ans, a aussi été élu de Paris sur les
listes tibéristes, et a côtoyé de près l’ancien ministre Charles Pasqua. Il a
été son directeur de cabinet de 2000 à 2004 au conseil général des
Hauts-de-Seine, qui fut longtemps, avec la mairie de Paris, la base
arrière des financements occultes du RPR.

« J’avais tout le pedigree nécessaire pour entrer dans un grand parti
politique, être ministre, travailler dans une grande banque et gagner des
sommes phénoménales. » Mais il a tourné le dos à ce destin
pour « sauver son pays ». En mars 2007, « c’était un dimanche
pluvieux », il crée l’UPR. « Il y avait une quinzaine de personnes et des
amis venus un petit peu faire masse. Une personnalité de droite m’avait
dit : vous n’arriverez à rien. » Son parti affiche aujourd’hui 21 000
adhérents (chiffre invérifiable, comme pour tous les mouvements
politiques), un million de dons collectés, sept salariés, un site très
consulté et dix millions de vues sur Youtube. « M. Macron est à un
million de vues. Il est vrai que M. Macron a une couverture médiatique à
faire pâlir la famille de Monaco. »

Au meeting du 25 mars. © Mathieu Magnaudeix
L’UPR, dit-il, « recrée la politique à l’ancienne : comme dans les années
50, pas du music-hall ou des petites phrases ». Dans les urnes, le parti
est confidentiel – d’après le dossier de presse fourni aux journalistes,
son score le plus élevé est un 3,2 % en 2015 dans un canton du territoire
de Belfort. Mais Asselineau croit son heure venue : « J’essaie de tirer

constamment vers le haut cette campagne qui s’enlise. » Aux
législatives, il espère présenter des candidats « dans 577
circonscriptions de France et d’outre-mer ».
En 2012, l’UPR n’avait que 700 membres. Cinq ans plus tard, le voici en
lice pour l’élection. Asselineau a commencé sa collecte de parrainages
« fin 2015 ». On a « bâti une organisation pour démarcher les maires ».
Lui-même dit en avoir vu « 108 ». Il assure que le Brexit et la victoire de
Trump ont donné à son argumentaire anti-UE et anti-Otan un écho
favorable. « Les trois quarts des maires qui m’ont parrainé sont plus ou
moins d’accord avec mes analyses. » D’autres, « très européens »,
souhaitaient qu’ils puissent se présenter. Asselineau a aussi beaucoup
joué sur l’« extrême mécontentement vis-à-vis des réformes
territoriales ». « Énormément de maires de petits villages, explique-t-il,
m’ont dit “nous sommes en dictature” parce qu’on les force à fusionner
avec le village d’à côté. » Lors de son grand oral devant les maires de
France, il a répété que la baisse des dotations aux collectivités est une
« demande directe » de Bruxelles.

« Irréfutable »

Au meeting de l'UPR, Jean-Luc Mélenchon est décrit comme « ambigu
» sur l'UE et l'euro © Mathieu Magnaudeix
Ce « succès », l’UPR l’a obtenu sans « la moindre couverture
médiatique », répète Asselineau, qui joue dès qu’il le peut la carte du
vilain petit canard : un de ses carburants favoris. La foi de ses
aficionados, hyperactifs sur les réseaux sociaux, les forums et les sites
d’information , fait le reste. Beaucoup ont été happés par les longues
conférences qu’il donne partout en France, ensuite postées sur Internet
pour expliquer « l’influence américaine dans les relations
internationales », « les origines cachées de la construction
européenne », ou comment « la tromperie universelle » est devenue le
« mode de gouvernement ».
Ces vidéos, qui peuvent durer des heures, mélangent faits vérifiés et
extrapolations, liés par une rhétorique conspirationniste omniprésente .
Le site de l’UPR fourmille d’analyses dans la même veine. Citant un
dossier du magazine Historia, Asselineau affirme que les « pères de
l’Europe » étaient des agents de la CIA , affirmation démentie par le
magazine, étayée par aucun historien. Il voit une « manipulation » dans

les appels, fréquents, de politiques à impulser une « autre Europe ».
Comparaisons chromatiques « irréfutables » à l’appui, il juge le logo de
l’UMP « traîtreusement américain » et celui d’EELV « contraire à toutes
nos traditions républicaines ».
Lors de sa conférence de presse d’avant-meeting, il explique aux
journalistes que le « drapeau bleu aux étoiles d’or » européen est
« celui du Saint Empire romain germanique céleste ». Les États-Unis
l’obsèdent et il les voit partout, derrière l’émergence du Front national ,
Daech, les instituts de sondage ou… la réforme territoriale .

© Mathieu Magnaudeix

Asselineau a un côté vieux grognard compassé, mais son public
surprend. Il y a beaucoup d’hommes (« à 77 % ») mais pas mal de
visages féminins. Asselineau tient une explication : « Les femmes, qui
ont de l’intuition pour protéger les enfants, commencent à comprendre
que nous sommes la solution. » On croise des personnes âgées, bien
sûr, mais aussi beaucoup de jeunes. Asselineau le concède : ses
adhérents sont « en désaccord sur des tas de choses entre eux ».

Et « ils viennent de tous les horizons politiques ». Le mouvement n’est
« pas à droite ou à gauche » : il est d’abord et avant tout pro-« Frexit ».
Ici, la droite souverainiste est à domicile. Mais à la buvette où la coupe
de champagne est à 3 euros, sous le premier soleil de printemps, on
croise aussi nombre d’adhérents qui disent venir de la gauche. En tout
cas quand ils veulent bien parler – certains refusent : les médias, disentils, déforment leurs propos. Asselineau assure que les adhérents « de
gauche et d’extrême gauche » sont désormais majoritaires dans le parti.
Nicolas, 43 ans, a voté Mélenchon puis Hollande en 2012. Il a pris sa
carte à l’UPR en novembre. « C’est la première fois que j’adhère à un
parti. » « Hollande a fait une politique étrangère pire que Sarkozy et la
même politique sociale. Je préférerais voter pour un candidat de gauche
mais il ferait une politique de droite », dit ce gardien d’immeuble
parisien nostalgique de la « ligne » orthodoxe du communiste Georges
Marchais.
Clément Mézières, un barbu de 24 ans, est venu d’Aquitaine le matin
même. Électeur mélenchoniste en 2012, il a rejoint le mouvement il y a
peu, « choqué, bouleversé » par « le matraquage médiatique antiAsselineau ». Il a visionné lui aussi les vidéos du président de l’UPR,
« remplies de bons sens, d’un esprit très républicain et démocratique,
un côté éducation populaire ». Il connaissait peu « le fonctionnement de
l’Union européenne », de la République, des institutions. Pour lui, le
Brexit est une « espérance ». Si son champion n’est pas au second tour,
il « ne pourra voter ni Mélenchon, ni Le Pen, et surtout pas Macron, le
candidat de Hollande et sa politique ni de gauche, ni de droite, mais très
libérale ».
« Jusqu’ici, je n’avais jamais adhéré à un parti. Je ne trouvais pas de vrai
leader. Avec les vidéos, j’ai ouvert les yeux sur une réalité voilée,
explique Baptiste Calté, coach parisien de 58 ans qui a adhéré il y a un
mois. J’ai vu que tout cela était argumenté. Asselineau explique bien les
stratagèmes de l’Union européenne pour détruire nos institutions, la
démocratie, privatiser la Sécurité sociale ». Avant, lui aussi votait à
gauche.

À quelques mètres, « Stéphane quelque chose », un architecte
bordelais trentenaire, discute avec Cédric, autre Girondin de 37 ans. Eux
sont de vieux adhérents. Stéphane avait voté Sarkozy « pour qu’il
emmerde » les « nonistes » de 2005. À l’époque, il était un
« fédéraliste » européen convaincu. Il a adhéré à l’UPR il y a quatre ans,
après avoir vu les vidéos et lu les livres conseillés par Asselineau. Il en a
tiré une conviction : « Dans l’histoire, les monnaies plurinationales, ça ne
fonctionne pas. »
Cédric, lui, a adhéré à peu près au même moment. « J’ai vu une
conférence d’Asselineau, ça a été une révélation. J’étais plutôt centre
gauche. Maintenant je suis gaulliste de droite. » Aux présidentielles, il a
voté Mamère, Besancenot, Mélenchon. Hollande, au second tour en
2012. Il récite par cœur des phrases entières du fameux discours du
Bourget où Hollande désignait la finance comme son « ennemi ». « Ça
m’avait fasciné ! » Aujourd’hui, à part Asselineau, certaines de ses
figures intellectuelles de référence s’appellent Dieudonné et l’essayiste
antisémite Alain Soral. « Comme dit Soral, je suis pour la gauche du
travail et la droite des valeurs », dit Cédric. À ses côtés, l’architecte se
désole et lui suggère de se taire. « Ouais, t’as raison, je me lâche trop. »
Une heure avant, François Asselineau avait assuré devant les
journalistes que son mouvement est dénué de toute « trace
d’extrémisme ».
A lire aussi sur le blog de Tuxicoman : MOBA natif linux : Heroes of
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