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9782206400532 se03 ldp republique fait religieux .pdf



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 3. La République et le fait religieux
 depuis 1880 
MISE AU POINT SCIENTIFIQUE SUR LE SUJET D’ÉTUDE
1. ANCRAGE CHRONOLOGIQUE

Contextualisation

avant

1880

Pour comprendre « La République et le fait religieux depuis 1880 », il faut s’intéresser aux mutations sociales profondes qui
marquent le XIXe siècle et s’affirment sous le Second Empire. Les racines de cette effervescence intellectuelle s’ancrent dans la
pensée des Lumières (notamment le voltairianisme), dans le positivisme d’Auguste Comte, dans les réflexions du républicain
et catholique modéré Jules Simon1 (1814-1896) et dans les débats d’un courant maçonnique amorcé par Alexandre Massol2
(1805-1875) dans les années 1860 qui va déboucher sur une nouvelle définition de la franc-maçonnerie en 1877 qui supprime
la référence à Dieu et à l’immortalité de l’âme pour lui substituer « l’inviolabilité de la personne humaine, fondement de la
morale universelle, résumée dans la devise : Liberté, Égalité, Fraternité ». Ce faisceau de réflexions favorise un anticléricalisme
qui s’affiche de plus en plus, y compris dans l’entourage du prince Bonaparte qui ne cache pas son hostilité au pouvoir temporel
du pape, mais qui ne remet pas en cause le Concordat de 1801, et qui cultive l’ambiguïté, car l’alliance du trône et de l’autel
est aussi un moyen d’encadrer les masses. D’ailleurs dans les années 1850, l’Église catholique se voit confier la mission de
moraliser le peuple dont les débordements font peur. L’État laisse l’Église contrôler l’enseignement primaire par le biais des
congrégations religieuses. Ainsi, en 1852, le règlement des écoles communales publiques prévoit-il que « le principal devoir
de l’instituteur est de donner aux enfants une éducation religieuse ». Mais cette tentative de reconquête des masses, n’a rien
modifié des courants antérieurs de déchristianisation dont la ville est le lieu privilégié.
L’anticléricalisme devient le trait d’union entre républicains et radicaux encore très conservateurs, qui vont trouver là un
moyen d’éluder dans un premier temps le débat social. Le programme de Belleville (1869) de Léon Gambetta est le reflet de
cette laïcisation idéologique puisqu’il prévoit : « la suppression du budget des cultes et la séparation de l’Église et de l’État » et
« l’instruction primaire laïque, gratuite et obligatoire avec concours entre les intelligences d’élite, pour l’admission aux cours
supérieurs, également gratuits ». La fin du Second Empire et la naissance chaotique de la IIIe République vont être l’occasion
pour les républicains et les radicaux de mettre en application cette idéologie pour lutter contre une restauration monarchique
soutenue par l’Église catholique.

La « République

des républicains » à partir de

1880-1910

Un anticléricalisme modéré.
Après les élections législatives de 1876, les républicains s’installent au pouvoir. La forme du régime est contestée notamment
par les monarchistes et un débat central s’impose : celui de la laïcité de l’État. Pour les républicains de tous bords « la laïcité
de l’État suppose la laïcité de l’enseignement » (Clé : F. Caron, La France des patriotes). Il s’agit pour Jules Ferry « de faire
disparaître la dernière, la plus redoutable des inégalités qui viennent de la naissance, l’inégalité de l’éducation »3. Pour Mona
Ozouf4, les objectifs de Jules Ferry sont également liés à la volonté d’unifier par l’école, lieu privilégié d’acquisition de la pensée
républicaine, une France dont les « patois » sont multiples et qui n’a pas conscience d’être une nation c’est-à-dire « une âme »5
comme l’a prouvée la défaite de 1870.
Cependant s’attaquer à la question de l’enseignement, c’est avant tout s’attaquer aux privilèges de l’Église catholique qui
intervient dans l’enseignement secondaire, dans le Conseil supérieur de l’Université aux côtés des représentants d’autres
confessions et qui a la mainmise sur l’enseignement primaire. Elle profite de dispenses (lettres d’obédience) en ce qui concerne
le brevet de capacité que doivent posséder les instituteurs. C’est aussi poser clairement la question du salaire de ces instituteurs
jusque-là très faiblement rémunérés d’un traitement minimum fixé par l’État auquel s’ajoutent les droits d’écolage payés par
1 Dans les années 1860, il défend la séparation de l’Église et l’État, au nom de la liberté de conscience et en 1870, la Ligue française de l’enseignement
soutient son action au Corps législatif en faveur de l’instruction gratuite et obligatoire. (Clé : F. Caron, La France des Patriotes, Fayard, 1985.) Il fut
également ministre de l’Instruction publique du gouvernement provisoire de 1870 et Président du Conseil renvoyé par Mac Mahon lors de la crise du 16
mai 1877.
2 Pour en savoir un peu plus : http://histoire-education.revues.org/1328
3 Discours du 10 avril 1870 à la salle Molière
4 Mona Ozouf, Jules Ferry, La liberté et la tradition, Gallimard, 2014.
5 Clé : E. Renan discours du 11 mars 1882 à la Sorbonne intitulé : Qu’est-ce qu’une nation ?

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les familles et jusqu’ici majoritairement versés aux écoles confessionnelles. Dès 1879, dans la loi du 9 juillet, l’article 7 soulève
le débat en s’attaquant aux congrégations religieuses. Il prévoyait que sans autorisation elles ne pouvaient ni enseigner ni tenir
un établissement d’enseignement. Mais ce sont les Jésuites qui sont visés par Jules Ferry qui les considère comme « un groupe
d’individu en conspiration constante contre le régime établi ». La presse et les caricaturistes se font l’écho de ces débats. Le
29 mars 1880, le gouvernement publie deux décrets : l’un dissout l’ordre des Jésuites et l’autre demande aux congrégations de
solliciter une autorisation par voie législative.
Malgré tout et bien qu’anticlérical, c’est-à-dire opposé à l’influence des Églises sur les décisions de l’État et agnostique, Jules
Ferry est respectueux des convictions d’autrui. En effet, dans son discours à la Chambre des Députés du 25 mars 1880, il
demande avant tout que les enseignants des congrégations religieuses prouvent leur savoir comme tous les autres maîtres
d’école et « de remettre l’enseignement religieux à celui qui est seul compétent pour le donner […] » à savoir le représentant de
la religion choisie par les parents. Le congé du jeudi doit permettre à ces derniers de faire donner à leur enfant l’enseignement
religieux de leur choix. L’école devient donc gratuite en 1881 et obligatoire et laïque en 1882.
Le conflit entre républicains et Église catholique s’installe et se diffuse largement dans la population par la presse, les pétitions
et les manifestations publiques. Pour Léon Gambetta, fondateur du journal La République française, l’opposition au projet
républicain est composée de « nobles qui ne veulent pas s’accommoder de la démocratie, une congrégation qui veut asservir
la France ». Il serait cependant inexact de penser les autres confessions absentes du débat. Ferdinand Buisson qui soutenait
Jules Ferry n’était-il pas issu de l’école libérale du protestantisme de Neufchâtel… Mais il est clair qu’elles ne bénéficient pas
du régime concordataire et ont donc tout à gagner dans ce combat pour la laïcité.
Pour l’historien François Caron durant les années 1880, « les républicains créèrent une nouvelle mythologie » visant à asseoir
l’image de la République laïque et à fonder l’unité nationale. Elle s’oppose clairement aux manifestations religieuses comme les
processions. Elle s’impose dans les manifestations nationales comme les commémorations du 14 juillet, dans les enterrements
civils1 comme celui de Victor Hugo nettement anticlérical le 1er juin 1885 qui permet la confiscation par décret de l’église
Sainte Geneviève pour en faire le Panthéon ; mais également dans les manuels scolaires comme celui d’Ernest Lavisse (18421922) qui vise à construire une conscience nationale à partir de l’image du héros : Vercingétorix, Jeanne d’Arc ; ou encore dans
les cours d’instruction civique comme dans ce texte extrait de L’Instruction primaire du 30 décembre 1883 : « Servir son pays
est un devoir et un honneur. La patrie est notre grande famille, elle a droit à toute notre affection, à tout notre dévouement.
Nous devons nous sacrifier pour la défendre ; nous ne sommes pas nés pour nous mais pour elle […] ».
En 1884, la loi Naquet sur le divorce est incompatible avec la pratique du catholicisme. Les cadres en sont donc très limités : il
ne peut être prononcé, à la demande du mari ou de la femme que pour faute et à condition d’en apporter la preuve.
La République radicale : de l’anticléricalisme à l’antireligion
À partir de 1899, la position anticléricale des républicains se radicalise. Ils reprochent à l’Église catholique son antisémitisme
lors de l’affaire Dreyfus particulièrement virulente dans des journaux animés par les pères assomptionnistes comme La Croix
et le Pèlerin. Mais les choses sont loin d’être aussi tranchées, car les politiques de tous bords sont aussi divisés que la société sur
la question comme le montre le groupe socialiste auquel appartient Jaurès qui malgré la publication de J’accuse vote et signe
un texte de loi qui déclare la guerre « au capital juif ou chrétien ».
Lorsque Waldeck-Rousseau2 arrive au pouvoir en juin 1899, son objectif est de rétablir l’ordre républicain largement remis
en cause par l’affaire Dreyfus qu’il considère comme innocent. Il s’attaque aux congrégations (et plus particulièrement aux
assomptionnistes) qu’il n’aime pas car il les juge trop riches et surtout, pour lui elles forment la jeunesse dans un esprit
antirépublicain. La loi sur les associations de juillet 1901 permet d’établir un contrôle strict de la fortune des ordres et interdit
l’enseignement à tous les religieux non autorisés. Pour Jaurès, c’est le commencement d’un combat. La chambre a été plus loin
que le voulait Waldeck-Rousseau. Il démissionne en 1902 et laisse la place à Émile Combes. Redevenu sénateur de la Loire, il
s’oppose au projet de séparation des Églises et de l’État.
Lorsqu’Émile Combes3 est nommé à la présidence du Conseil, il garde également le ministère de l’Intérieur et des Cultes.
S’appuyant sur une majorité républicaine et laïque appelée « le Bloc », il utilise la loi de juillet 1901 et la renforce par celle du
7 juillet 1904 pour supprimer complètement l’enseignement congréganiste ce qui entraîne de nombreuses expulsions comme
celle des moines de la Grande-Chartreuse. La loi de contrôle voulue par Waldeck-Rousseau devient une loi d’exclusion. Son
interprétation du Concordat lors de la nomination des évêques de Dijon et de Laval l’entraîne dans un conflit ouvert avec
le pape Pie X. Il en profite pour supprimer le traitement des membres du clergé jugés trop antirépublicains. Les relations
1 La loi sur la liberté des funérailles est votée en 1887.
2 Pierre, Marie, René, Ernest Waldeck-Rousseau (1846-1904). Il devient Président du Conseil et ministre de l’Intérieur et des cultes en juin 1899, alors que
l’Affaire Dreyfus a provoqué une crise sociétale.
3 Plus qu’anticlérical, Émile Combes, ancien séminariste, exerce un pouvoir basé sur la cooptation et l’antireligion.

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diplomatiques avec le Vatican sont rompues le 30 juin 1904. Il entreprend alors la Séparation des Églises et de l’État, mais
n’a pas le temps de faire aboutir ce projet puisqu’il est obligé de démissionner le 18 janvier 1905 à la suite de l’affaire des
fiches organisées dans l’armée par le général André. Celui-ci cumulait des renseignements sur les idées politiques des officiers
et contenait une catégorie « va à la messe », composée elle-même de quatre sous-catégories : « seul » ; « avec sa famille » ;
« spontanément » ; « sous l’influence de sa femme ».
C’est donc sous le gouvernement Rouvier qu’Aristide Briand, député de Saint-Étienne, nommé rapporteur dès l’origine,
finalise le projet. Il cherche le consensus car la « République ne salarie ni ne subventionne aucun culte » mais elle garantit la
liberté de conscience et le libre exercice de toutes les religions. Le pape est hostile à la séparation1. Les débats sont nombreux
y compris dans la population jusqu’aux prêches du dimanche, divisant des communes. La loi est adoptée le 9 décembre 1905.
Dès 1906, la question des inventaires se révèle être un véritable catalyseur. Une vague de violence secoue le pays entraînant
des morts et l’intervention des forces de l’ordre et de l’armée. Aristide Briand devenu ministre des Cultes trouve des voies de
conciliation en donnant une interprétation favorable à l’Église de la partie de la loi concernant « les édifices de culte » et en
faisant voter en 1907 une loi rendant licite l’exercice de la messe. Il faut cependant attendre la guerre de 1914 pour que les
municipalités anticléricales appliquent la loi sans mener une guerre contre les curés.
La laïcité apaisée
L’entrée dans la Première Guerre mondiale et la mort de Pie X apaisent les tensions et favorisent « l’Union sacrée ». Cependant
la France refuse toute entorse à sa laïcité, comme les prières publiques proposées par le clergé pour invoquer la victoire de
la patrie. D’après l’historien Jean-Paul Scot, à la fin de la guerre la grande majorité des catholiques ont accepté la Séparation.
Benoît XV entend renouer avec la France. Avec la victoire, l’État récupère les trois départements d’Alsace-Moselle et se trouve
à nouveau confronté à la question religieuse car ils sont toujours soumis au régime concordataire. Clemenceau, alors président
du Conseil, décide de maintenir ce régime et en profite pour relancer les relations avec le Saint-Siège : la loi du 10 juillet 1920
qui déclare la fête de Jeanne d’Arc (canonisée en avril de la même année) fête nationale de la Patrie est une main tendue vers
celui-ci. De son côté, en 1921, le Vatican accorde un droit de regard au gouvernement sur la nomination des évêques. Mais la
mort de Benoît XV réveillent les plus intégristes du clergé français. Leurs espoirs sont déçus par Pie XI qui dans son encyclique
Maximam gravissimamque lève l’interdit sur la loi de 1905 tout en continuant à dénoncer le principe de la Séparation.
Mais le catholicisme n’est pas la seule religion en France et dans les colonies. Ainsi durant la Première Guerre mondiale, de
nombreux musulmans ont été appelés sous les drapeaux pour défendre la patrie. Si la loi de 1905 leur promet la liberté de
conscience, le nombre de mosquées sur le territoire reste insuffisant. Bien que la « République ne reconnaît, ne salarie ni ne
subventionne aucun culte », elle cherche à remercier et à commémorer les 100 000 musulmans morts durant la Grande guerre.
L’Institut musulman ou Grande Mosquée de Paris est donc construit avec la participation de l’État par la loi du 19 août 1920
au nom de la fraternité franco-musulmane.
Durant la Seconde Guerre mondiale, l’État français remet partiellement en cause la laïcité, comme dans ces quelques exemples : dès 1940
l’enseignement congréganiste est à nouveau autorisé et les devoirs envers Dieu sont réinscrits dans les programmes de l’enseignement
primaire. Ils seront remplacés en 1941 par « les valeurs spirituelles, la patrie, la civilisation chrétienne ». Le Maréchal Pétain n’hésite pas à
s’afficher dans des manifestations religieuses comme lors de son pèlerinage à Notre-Dame des fers à Orcival en août 1943.
La position du général De Gaulle en ce qui concerne la laïcité est plus ambiguë. S’il reproche à la grande majorité de l’épiscopat
français son attitude à l’égard des juifs durant la guerre, il continue de considérer la France comme un pays chrétien, comme
en témoigne cette interview accordée en 1959 au journaliste américain David Schoenbrun : « Pour moi, l’histoire de France
commence avec Clovis, choisi comme roi de France par la tribu des Francs, qui donnèrent leur nom à la France, premier roi à
être baptisé chrétien. Mon pays est un pays chrétien et je commence à compter l’histoire de France à partir de l’accession d’un
roi chrétien qui porte le nom des Francs.2 ». Cependant et bien qu’on célébra la messe à l’Élysée3, il ne remet pas en cause le
principe de la laïcité de la loi de 1905. Les constitutions des IVe et Ve Républiques réaffirment dans l’article 1 ce principe : « La
France est une République indivisible, laïque, démocratique et sociale ».
Une laïcité réaffirmée et questionnée…
Aujourd’hui, la laïcité doit faire face à de nombreux défis. Le premier est lié à la sécularisation de la société qui ne sait plus
très bien quel en est le sens. Ainsi oscille-t-elle entre diverses notions : « neutralité religieuse, séparation des Églises et de l’État,
défense de l’égalité hommes-femmes et de la mixité4 » ; les suivants sont liés au multiculturalisme de la population française.
1 Voir encyclique Vehementer nos du 11 février 1906.
2 Clé : article de Philippe de Saint Robert dans Le Figaro : http://www.lefigaro.fr/debats/2008/10/18/01005-20081018ARTFIG00001-de-gaulle-la-laicite-et-l-actionpolitique-.php
3 Voir : Laurent De Gaulle, Une vie sous le regard de Dieu, Éditions de l’Œuvre, 2009.
4 Voir manuel page 45 document 3 : Stéphanie Le Bars, « À quelle laïcité se vouer en France ? », Le Monde, lemonde.fr, 10 janvier 2014.

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À la fin du XXe siècle, deux projets de lois autour de l’enseignement provoquent des manifestations : le premier projet en 1984
appelé loi Savary souhaitait intégrer l’école libre à un « grand service public » ; il jette dans la rue les partisans de l’école libre ;
le second projet en 1994 appelé projet Bayrou proposait un déplafonnement des subventions à l’école dite libre ; il jette dans
la rue les partisans de l’école laïque.
La diversité des croyances de la population française oblige parfois le législateur à réaffirmer sa position, comme ce fut le cas
dans la loi du 15 mars 2004 dite loi sur les signes ostentatoires dans l’espace public qui rappelle que : « L’État est le protecteur
de l’exercice individuel et collectif de la liberté de conscience. La neutralité du service public est à cet égard un gage d’égalité
et de respect de l’identité de chacun. En préservant les écoles, les collèges et les lycées publics, qui ont vocation à accueillir
tous les enfants, qu’ils soient croyants ou non croyants et quelles que soient leurs convictions religieuses ou philosophiques,
des pressions qui peuvent résulter des manifestations ostensibles des appartenances religieuses, la loi garantit la liberté de
conscience de chacun » ; ou dans la loi du 11 octobre 2010 qui précise que « nul ne peut, dans l’espace public, porter une
tenue destinée à dissimuler son visage ». La récente diffusion de la Charte de la laïcité dans les établissements scolaires montre
l’importance dans l’apprentissage de la citoyenneté du respect de ce principe.
Cependant régulièrement les médias diffusent des « affaires » liées au non respect de la laïcité dans l’espace public comme celui
de la cadre de la mairie de Conflans-Sainte-Honorine, licenciée en 2013 pour avoir distribué des calendriers illustrés du logo
de son église baptiste à plusieurs de ses collègues ou encore de l’employée de la crèche Baby Loup licenciée en 2008 pour avoir
porté un voile islamique en présence des enfants.
Sans considérer qu’il existe un plan idéal, on peut aborder le sujet comme suit :
ĂĂ Une première partie qui insiste sur une laïcité nécessaire à l’instauration durable de la République du fait de l’alliance
traditionnelle du trône et de l’autel.
ĂĂ Une deuxième partie qui, après avoir montré les difficultés liées aux applications des lois, montre l’apaisement.
ĂĂ Une troisième partie qui met en évidence que la laïcité aujourd’hui doit être réaffirmée du fait de l’évolution de la société et
de la compréhension qu’elle en a. Loin d’être définitivement acquise, elle reste un sujet de débat et d’interrogation.

2. PISTES BIBLIOGRAPHIQUES :

Les

incontournables :

Caron François, La France des patriotes de 1851 à 1918, Le livre de poche, références, 1985.
Anthologie présentée par Philippe Muller, Vive l’École républicaine ! Librio, 1999.
Ozouf Mona, Jules Ferry, la liberté et la tradition, Gallimard, 2014.
Ozouf Mona, Jules Ferry, Bayard, Coll. BNF, Les grands hommes d’État, 2005.
Ormières Jean-Louis, Politique et religion en France, Complexe, 2002.
Bauberot Jean, Laïcité 1905-2005, entre passion et raison, Seuil, « La couleur des idées », 2004.
Pena-Ruiz Henri, « Qu’est-ce que la laïcité ? », coll. Folio-Actuel n°104, Gallimard, 2003.
Ladous Régis, Quagliarini Alain, Religion et culture en France, Allemagne, Italie et Royaume-Uni au XIXe siècle, Ellipses, 2001.
Scot Jean-Paul, « L’État chez lui, l’Église chez elle ». Comprendre la loi de 1905, Éditions du Seuil, coll. Inédit Histoire, 2005.
Azria Régine, « Le fait religieux en France », La Documentation photographique, n° 8033, 2003.
« Guide républicain. L’idée républicaine aujourd’hui », SCEREN-CNDP, ministère de l’Éducation nationale, 2004.
Winock Michel, La Belle Époque, Éditions Perrin, 2002.
Dixmier Michel, Lalouette Jacqueline, Pasamonik Didier, La République et l’Église. Images d’une querelle, Éditions de La
Martinière, 2005.
Sitographie d’après la fiche Éduscol :
« La séparation des Églises et de l’État » : www.assemblee-nationale.fr/histoire/eglise-etat/chronologie.asp
« Les lois scolaires de Jules Ferry » : www.senat.fr/evenement/archives/D42/index.html
Le site internet de l’Institut européen des sciences en religion (IESR), notamment sa sitographie : www.iesr.ephe.sorbonne.fr/
index406.html#tocto5508 et son espace « école et religions » www.iesr.ephe.sorbonne.fr/index406.html

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LE SUJET D’ÉTUDE DANS LE PROGRAMME
LE SUJET D’ÉTUDE
Il s’agit avant tout d’étudier les relations entre l’État et les différentes religions depuis 1880. La France, « fille aînée de l’Église »
est animée par un débat idéologique autour du bien-fondé de l’alliance du pouvoir et de l’autel favorisé par la défaite de 1870
et par une déchristianisation urbaine de plus en plus affirmée. L’idée de laïcité déjà présente dans les idées des Lumières et de
la Révolution française va s’épanouir dans la construction agitée de la IIIe République et ceci d’autant plus que les républicains
en font un élément déterminant de sa construction afin d’affaiblir le lien multiséculaire entre les monarchistes et l’Église
catholique et garantir à tous la liberté de conscience. Les années 1880-1906 sont le reflet de ce combat anticlérical notamment
avec les lois scolaires de Jules Ferry et la loi de séparation des Églises et de l’État. De 1907 à 1950, les relations entre l’État et
l’Église catholique cherchent un équilibre. Aujourd’hui, dans une France déchristianisée la laïcité soulève de nombreux débats
face à la diversité des confessions présentes sur son territoire.
On étudie donc trois périodes :
ĂĂ La laïcité de combat qui accompagne les grandes mutations sociales du XIXe siècle que le professeur a déjà abordé
notamment avec la question ouvrière. On pourra faire un lien par exemple avec la participation active de Jean Jaurès.
ĂĂ L’équilibre difficile dans les relations de l’État et des Églises notamment avec la remise en cause sous Vichy de la laïcité.
On pourra alors faire un lien avec la politique anti-juive menée par l’État français et le retour aux « valeurs traditionnelles
du christianisme ».
ĂĂ Les débats récents autour de la laïcité dans une France terre d’accueil et multiconfessionnelle qui recoupent également des
questions du programme d’éducation civique comme la Constitution de la Ve République ou encore le thème « Le droit,
la loi, la liberté ».

LES SITUATIONS
Elles s’intéressent à deux temps clés de la première période. Elles sont donc le reflet d’un combat idéologique pour la liberté
de conscience qui remet en cause profondément les relations de l’État et l’Église catholique liés par le Concordat, une histoire
multiséculaire et culturelle.
Les lois laïques des années 1880.
Premières mesures prises par la « République des républicains », elles promeuvent les idées des Lumières et l’importance du
progrès de la science. Elles sont souvent l’objet d’un combat contre l’Église catholique soit parce qu’elles bousculent la morale
chrétienne comme la loi sur le divorce ; soit parce qu’elles reviennent sur des acquis de celle-ci notamment en ce qui concerne
les lois scolaires de Jules Ferry. Mais les lois scolaires ont avant tout pour objectif de partir à la « conquête des esprits » non
seulement pour les ouvrir à la science et à ses progrès, mais également pour stabiliser le régime en formant des citoyens.
Briand et la loi de séparation des Églises et de l’État.
L’élaboration de la loi de 1905 est l’occasion d’aborder les débats idéologiques autour d’un texte qui dans l’idée oppose cléricaux
et anti-cléricaux. Aristide Briand est cependant l’homme du consensus car la laïcité ne peut être l’objet de tensions dans la
société mais bien la garante de la liberté de conscience.

LE SUJET D’ÉTUDE DANS LE MANUEL :
TROIS PARCOURS PÉDAGOGIQUES POSSIBLES
Les parcours pédagogiques développés ci-dessous permettent, quel que soit le choix de l’enseignant, de répondre à l’objectif
défini par le programme. Ils amènent à comprendre les différentes étapes de la construction d’une France laïque, nécessaire
à la stabilisation d’un régime républicain, dans une période de grandes mutations sociales. Mais ils conduisent aussi à la
nécessité d’une laïcité sans cesse réaffirmée dans une France de plus en plus multiconfessionnelle dans laquelle la défense de
la liberté de conscience reste un enjeu primordial.

Parcours 1
1er temps : Appréhender les différentes étapes de la construction de la laïcité en France à partir de la frise chronologique
pages 40/41 et du document 1 page 45.

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Le professeur demande aux élèves de repérer trois temps/étapes de la construction de la laïcité en France et de justifier de leur
choix en utilisant les dates clés et le document 1 de la page 45.
2e temps : Comprendre le combat mener par les républicains en s’appuyant sur la situation 1 : les lois laïques des années
1880 pages 46/47 du manuel.
Le professeur guide les élèves pour les amener à trois conclusions :
ĂĂ La démarche des républicains vise avant tout à former des citoyens, à séculariser l’État et la vie sociale et à stabiliser le régime.
ĂĂ Les républicains veulent ôter à l’Église son influence et favoriser les sciences et le progrès.
ĂĂ Les républicains défendent la liberté de conscience.
Le professeur demande ensuite aux élèves de chercher dans la leçon page 50 des éléments qui justifient ces objectifs. Il peut
également demander aux élèves de faire les exercices de compréhension et de reformulation de cette même page.
3e temps : Mesurer les évolutions nécessaires à l’application de la loi de séparation des Églises et de l’État (proposition de
pédagogie inversée) à partir de la leçon page 51.
Le professeur demande dans un premier temps aux élèves de lire attentivement la leçon et d’organiser les connaissances dans
le tableau de la page 51. Il demande ensuite aux élèves d’illustrer chacun des items du tableau par un ou plusieurs documents
de la page 45 et de justifier leurs choix.
Le professeur peut ensuite demander aux élèves de répondre à la question « vers l’exam » pour conclure ce 3e temps.

Parcours 2
1er temps : Appréhender l’objectif du projet républicain à partir de la page d’ouverture page 39 du manuel.
Le professeur demande aux élèves d’exprimer leur ressenti face au document iconographique de la page d’ouverture (Il peut
à cette occasion le projeter). Les idées d’opposition entre l’Église catholique et l’État, de combat, d’école doivent émerger.
Le professeur lit ensuite le discours d’Émile Combes et demande aux élèves d’en noter les idées clés : laïcité, souveraineté
nationale, refus de la monarchie, indépendance de la République à l’égard du pouvoir religieux.
La parole professorale est primordiale dans cette approche car certaines notions doivent être définies. Le professeur peut
toutefois demander aux élèves de chercher certaines définitions dans le manuel ou le dictionnaire : laïcité, souveraineté,
sécularisation… République.
2e temps : Comprendre comment les républicains mènent le combat pour la laïcisation de la société et de l’État.
Le professeur utilise le document 2 page 42 et la situation 2 : Aristide Briand et la loi de séparation des Églises et de l’État pages
48/49 du manuel.
La question de l’école a été abordée avec le document iconographique de la page d’ouverture, la lettre aux instituteurs de Jules
Ferry, permet de comprendre les objectifs de la loi du 28 mars 1882. Ce sont donc ces objectifs que le professeur demande aux
élèves de trouver.
La deuxième étape du combat c’est la séparation. Le professeur demande aux élèves d’étudier la situation 2 : il s’agit de faire
émerger non seulement le combat, mais surtout le consensus nécessaire pour l’application de la loi.
3e temps : Comprendre comment la laïcité est respectée et comprise depuis la loi de 1905 à partir des documents 1 page
44 et 3 page 45.
Avec l’étude de ces documents le professeur fait émerger deux notions clés de l’application de la loi de 1905 :
ĂĂ La République concède une place dans l’espace public à toutes les religions ;
ĂĂ La laïcité demande à être réaffirmée et redéfinie dans une société de plus en plus sécularisée.
Le professeur pourra alors, s’il le souhaite faire lire la leçon page 51 aux élèves et vérifier leur compréhension et faisant faire
les exercices de cette même page.

Parcours 3
1er temps : Contextualiser et comprendre le projet républicain à partir du document 1 page 42.
Ce document, antérieur de 5 années à notre période d’étude permet de comprendre que les républicains s’appuient sur un héritage
des Lumières ; qu’ils cherchent à stabiliser un régime et qu’ils refusent le retour de la monarchie soutenue par l’Église catholique.
2e temps : Montrer comment les républicains mettent leur projet en œuvre et en comprendre les objectifs à partir des
situations 1 pages 46/47 et 2 pages 48/49.
Le professeur veille à faire émerger la notion de combat, mais aussi celle de la liberté de conscience et celle du consensus.
© Delagrave 2014 – Histoire-Géographie-Éducation civique Bac Pro – Livre du professeur

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Il peut ensuite faire lire la leçon page 50 et faire vérifier sa compréhension par les exercices proposés.
3e temps : appréhender comment la laïcité s’est appliquée depuis la loi de 1905 en s’appuyant sur les documents 2 page
44, 1 et 4 page 45.
Ce groupement permet de faire émerger :
ĂĂ Une laïcité établie car écrite dans la Constitution ;
ĂĂ Mais conciliante qui respecte toutes les religions y compris celle avec qui le combat fut le plus difficile ;
ĂĂ Mais une laïcité sans cesse réaffirmer y compris dans le premier lieu où elle s’est exprimée.
Le professeur pourra ensuite demander aux élèves de lire la leçon de la page 51, puis de relier les trois points dégagés à des
exemples tirés de la leçon qui n’ont pas été abordés par les documents.

Page d’ouverture et exploitation
pédagogique

p. 39

Les documents proposés permettent au professeur de faire
émerger les idées-clés du thème étudié. Ils abordent les objectifs
du combat pour la laïcité mené par les républicains pour
stabiliser le régime. Le titre guide les élèves dans leur réflexion.

Discours d’Émile Combes du 4 septembre
1904
L’auteur : D’abord destiné à l’état ecclésiastique, Émile Combes
rompt avec le catholicisme et s’engage en politique dans le parti
radical. Après avoir été successivement sénateur, vice-président
du sénat, ministre de l’Instruction publique, des Beaux-Arts et
du Culte ; il devient président du Conseil et ministre de l’Intérieur
et des Cultes en 1902 et mène une politique anticléricale proche
de l’anti-religion. Il utilise la loi de 1901 contre les congrégations
et leur interdit d’enseigner. Il rompt les relations diplomatiques
avec le Vatican et il est à l’origine du projet de séparation des
Églises et de l’État.

Document iconographique : Dessin de
Roubille, « L’enseignement de la liberté »,
Le Rire, 26 mars 1904
L’auteur : Auguste Roubille (1872-1955) est un illustrateur,
affichiste et caricaturiste français.
Le choix de l’âne est lié au fait qu’il est têtu et ne change pas d’avis : il
symbolise l’attitude de chacune des parties.
Ce document oppose
le mot « liberté »
avec la situation de
l’enfant prisonnier de
ce combat.

Le combat qui s’engage est d’abord un combat
entre la République et les congrégations
religieuses jusque-là autorisées à enseigner.
Mais le gouvernement de Combes se sert de la
loi de 1901 pour le leur interdire.

Ce document définit la notion de République qu’il oppose
radicalement à la monarchie.

Questionnement possible :
Le professeur peut par exemple proposer aux élèves de recopier
et de remplir le tableau ci-dessous à partir du texte et de leurs
connaissances.
Monarchie

République

Principes
fondamentaux

Pouvoir
personnel et
héréditaire d’un
monarque.

Souveraineté de la nation et
sécularisation de la société.
Subordination de tous
les corps et de toutes les
institutions à l’État.

Place de
l’Église dans
le régime

Alliance du trône
et de l’autel.

Laïcité. Indépendance
totale à l’égard du pouvoir
religieux.

« Qu’elle soit noire ou rouge, une bourrique est toujours une bourrique »
Le combat entre l’Église (plus particulièrement les congrégations
religieuses) et la République est rude car chacun campe sur ses positions.

34

© Delagrave 2014 – Histoire-Géographie-Éducation civique Bac Pro – Livre du professeur

L’intérêt de ce document est de montrer que l’école est au cœur
du projet des républicains pendant toute la période. Pour eux,
elle forme des citoyens et doit donc inculquer aux enfants les
notions de patrie, de progrès et de science. Pendant toute la
période l’éducation fait l’objet d’un combat, et d’autant plus
qu’Émile Combes fait de la loi de 1901 un moyen pour interdire
aux congrégations d’enseigner.

Questionnement possible :
Le professeur peut projeter l’œuvre au tableau et guider la
réflexion des élèves en attirant leur attention sur les différents
points de la caricature. L’idée principale à mettre en avant est
l’école.
Il peut alors demander :
ĂĂ Quelle(s) partie(s) du discours d’Émile Combes cette
caricature illustre-t-elle ?
Les élèves devront justifier leur choix.
Ces deux documents permettent de tirer les fils conducteurs
suivants :
ĂĂ La mise en place d’un régime basé sur la souveraineté
du peuple qui nécessite une laïcisation de l’État et une
sécularisation de la société.
ĂĂ La mise en œuvre de ce projet va faire l’objet d’un véritable
combat idéologique qui oppose principalement l’Église
catholique et l’État.
Ces deux constats obligent le professeur à expliquer et à
contextualiser la place de l’Église catholique dans le système
sociétal du début de la période étudiée.

Des repères pour situer le sujet d’étude

p. 40-41
Objectifs du corpus
Le corpus permet aux élèves d’identifier les trois grandes étapes
de la construction de la laïcité en France :
ĂĂ la formation du citoyen : les lois scolaires des années 1880 ;
ĂĂ la laïcité de combat : la séparation des Églises et de l’État et
l’affirmation par la loi des valeurs laïques ;
ĂĂ la nécessité du consensus et l’égalité des relations entre l’État
et toutes les religions de France.

La construction du corpus
Les quatre documents iconographiques permettent un repérage
rapide des étapes précédemment citées et la frise chronologique
permet de les approfondir et d’identifier les parties en présence
puisque la laïcité voulue par les républicains remettait en cause
des relations multiséculaires entre l’Église catholique et l’État.

Document 1
Dessin de Gilbert Martin paru en couverture de la revue Le Don
Quichotte, 21 avril 1884.

L’auteur : Charles Gilbert-Martin est un dessinateur connu
également sous le pseudo de Guillaumet. Fondateur de
l’hebdomadaire satirique Le Don Quichotte.
L’intérêt du document 
: Au premier plan la République
accompagnée d’un petit enfant sème des « semences laïques »
(texte sur panier). Ils sont suivis au deuxième plan par un corbeau.
Le message de cette caricature est donc que c’est par l’école que
la République va pouvoir laïciser la société. Toutefois, l’Église
catholique jusque-là majoritairement chargée de l’éducation
des enfants continue à être une menace. La République, telle
une mère protège l’enfant. Ce document peut donc être mis
en relation avec les lois de Jules Ferry, mais également peut
servir de support à une réflexion sur l’ensemble des « semences
laïques » c’est-à-dire la loi sur le retrait des crucifix, la loi sur le
divorce… Les élèves retrouvent certaines de ces lois dans la frise
chronologique.

Document 2
Carte postale vers 1905.
L’intérêt du document : La République hiératique, avec tous
ses attributs chasse un prêtre d’une église. À ses pieds, on peut
voir des objets de culte. Cette carte postale illustre la position de
l’État face à la position de l’Église catholique en ce qui concerne
la séparation. Elle montre aussi les problèmes posés par la
gestion des biens de l’Église en raison de la fin du concordat.
Elle renvoie aux événements de 1906 liés aux inventaires.

Document 3
Manifestation contre la loi sur l’interdiction des signes religieux
dans les écoles publiques, 2004.
L’intérêt du document : Il est double. Le premier tient à la liberté
d’expression dans l’espace public. En France, pays laïc, des gens
manifestent pour une question religieuse : ce sont les libertés
de conscience, d’opinion et d’expression qui s’expriment.
Le deuxième intérêt, de fait, touche justement à la limite de
ces libertés. Le projet républicain pour partie héritier du
voltairianisme applique « la liberté des uns finit où commence
celle des autres ». La loi sur les signes religieux est avant tout
une loi de protection à un moment où les esprits sont encore
malléables. Le slogan central est pourtant aussi l’expression de
la volonté républicaine. Ce document montre donc la nécessité
de réaffirmer la laïcité dans l’espace public sans pour autant
remettre en cause la liberté de conscience. L’équilibre est donc
sans cesse à trouver.

Document 4
Les représentants des grandes religions reçus à l’Élysée à l’issue
de la cérémonie des vœux des autorités religieuses, le 6 janvier
2004.
L’intérêt du document : L’État en la personne du Président
de la République reçoit les représentants des trois principales
confessions présentent sur le territoire français. Le fait qu’ils
soient reçus ensemble est d’abord signe que l’État ne privilégie
aucune de ces confessions, mais reconnaît leur existence. De
plus, cette reconnaissance permet à l’État d’établir un dialogue
avec les représentants de ces cultes.

© Delagrave 2014 – Histoire-Géographie-Éducation civique Bac Pro – Livre du professeur

35

La frise chronologique des pages 40 et 41.
Elle reprend la majeure partie des événements abordés par les
documents ou les leçons. Elle montre l’évolution de la laïcité
en France et souligne les débats qu’elle soulève. Elle permet
d’identifier les étapes de sa mise en place.
Réponse à la question proposée page 41 :
Préciser en quelques mots comment ont évolué les relations
entre la République et les religions.
Les relations entre la République et les religions font dans un
premier temps l’objet d’un combat, principalement entre la
République et l’Église catholique comme le montrent les dates
de la frise chronologique entre 1880 et 1946 ou encore les
documents 1 et 2 page 40. Même si la France est définitivement un
État laïc, les relations avec les différentes religions sont souvent
interrogées par des questions de société comme le port du voile
ou les débats concernant l’école dite « libre ». L’État cherche le
dialogue avec les représentants des différentes confessions afin
d’éviter le fanatisme et les dérives communautaires.

CORPUS A : La IIIe République et
la laïcisation de la société
(1880-1905)

p. 42-43

Objectif du corpus et logique de sa
construction
Les documents choisis permettent de traiter le combat pour
la laïcité des républicains. Ils respectent ainsi les consignes du
programme autour des lois scolaires de Jules Ferry et de la loi de
1905, mais ils abordent aussi les autres lois laïques comme celle
sur le divorce. Enfin, ils mettent en évidence les protagonistes
principaux de ce combat : l’Église catholique et les républicains
puisque l’État était lié à l’Église par le Concordat de 1801.
Le professeur est libre d’utiliser l’ensemble du corpus ou de
choisir parmi les documents proposés.

Les documents du corpus
Document 1 : Le projet des républicains.
L’auteur : Léon Gambetta est né à Cahors en 1838. Il étudie le
droit à Paris, obtient sa licence en 1860 et mène une carrière
d’avocat jusqu’en 1869 date à laquelle il se lance en politique et
prononce la profession de foi du parti radical connu sous le nom
de « programme de Belleville ». Ses talents d’orateur favorisent
sa carrière. Il est le premier à proclamer la République lors
de la journée révolutionnaire du 4 septembre 1871. Député, il
soutient l’amendement Wallon, qui le 30 janvier 1875 introduit
le terme de République dans la Constitution et participe au
vote des lois constitutionnelles. Il participe à la chute de MacMahon après la crise du 16 mai 1877 et contribue à la victoire
des républicains. Il est profondément anticlérical.
Le contexte : L’année 1875 est un tournant dans l’histoire
parlementaire de la France. Durant cette année s’élabore les lois
constitutionnelles de la IIIe République notamment en ce qui

36

concerne le rôle des chambres législatives. Mais la République
est encore fragile car les monarchistes et conservateurs sont
encore très actifs.
L’intérêt du document : Il exprime le projet des républicains
pour pérenniser la République. Au cœur de ce projet on retrouve
la laïcité, la liberté de conscience au travers d’un anticléricalisme
affiché, et la séparation de l’État de toute influence dogmatique.

Document 2 : L’école au cœur du projet républicain.
L’auteur : Jules Ferry commence sa carrière politique en 1869
comme député radical. Le 4 février 1879, il est appelé par Jules
Grévy au gouvernement et devient ministre de l’Instruction
publique et des Beaux-Arts. De septembre 1880 à novembre
1881 s’ajoute à cette fonction celle de Président du Conseil.
Surnommé « Ferry sans Dieu » il s’illustre par sa politique
scolaire de 1880 à 1882.
Le contexte : Profondément marqué par la défaite de 1870, Jules
Ferry s’interroge sur la « cohésion nationale » et cette question
va être au cœur de sa pensée. L’école est pour lui un des moyens
de cette « cohésion nationale ». Ce document date de 1883 et
concerne l’application de la loi du 28 mars 1882 notamment en
ce qui concerne la laïcité de l’école. Il s’agit de la lettre de rentrée
du ministre aux instituteurs, elle explique la position de l’État.
L’Intérêt du document : Il explique le projet républicain face
aux diverses confessions : « l’instruction religieuse appartient
aux familles », « l’instruction morale à l’école ». L’objectif affiché
est la liberté de conscience et l’acquisition des connaissances. On
retrouve ici les idées des Lumières mais également la volonté de
dissocier croyances et connaissances longtemps soumises à une
interprétation par les congrégations religieuses enseignantes. Le
professeur pourra faire un lien avec le dessin d’Ashaverus page
53 du manuel.

Document 3 : Les républicains et le mariage.
L’auteur : Alfred Le Petit (1841-1909) est un peintre, caricaturiste
et photographe français républicain et anticlérical.
Le support : Le Sans-Culotte est un journal hebdomadaire
politique et satirique de mouvance radicale-socialiste fondé par
Alfred Le Petit le 28 septembre 1878 et ceci jusqu’au 27 avril
1879. Comme son nom l’indique il se réclame de l’héritage
révolutionnaire. Il paraît au moment où les républicains
cumulent les succès électoraux jusqu’à la présidence de la
République en janvier 1879, mais également à un moment ou les
oppositions sont très fortes. Alfred Le Petit par ses caricatures
vise les monarchistes, les bonapartistes, le cléricalisme. Malgré la
victoire des républicains, la loi sur la presse reste très restrictive
et les caricatures de Le Petit subiront souvent la censure.
L’Intérêt du document. La loi Naquet du 27 juillet 1884 rétablit
le divorce sur le seul fondement de fautes précises : adultère,
condamnation à une peine afflictive et infamante, excès, sévices
et injures graves. On voit sur le document un couple enchaîné
par le cou et un ange tenant une clé susceptible d’ouvrir le
cadenas qui maintient le couple uni. L’ange, c’est Alfred Naquet
(1834-1916) de confession juive, promoteur du divorce (et
partisan de la séparation de l’Église et de l’État). Cette loi est
libératrice pour la femme, on se souviendra par exemple des

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