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inula montana causse beaussac carnets nat d raymond 2017 .pdf



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Les carnets naturalistes
de Vendoire

Didier Raymond

Photo 1 : Station d'Inula montana en fin de floraison, causse de Beaussac (Dordogne)
(phot. D. Raymond 1er juillet 2017).

Une station
d'Inula montana et d'Allium sphaerocephalon
sur la commune de Beaussac
(Dordogne)... et autres digressions
J'ai récemment évoqué dans ces mêmes carnets une particularité géologique qu'il
est possible de voir sur la commune de Beaussac (RAYMOND 2017b). Empruntant
parfois le trajet de Mareuil-sur-Belle à Javerlhac, j'en profite toujours pour observer la
nature qui borde la route et c'est souvent la région de Beaussac qui retient mon attention.
Cette portion de territoire Périgourdin, coincée entre bois (les bois de Beaussac), prairies
et landes, de part et d'autre de la Nizonne, montre un environnement typique du causse
calcaire. Ici il ne s'agit pas du causse Périgourdin, étroite bande Jurassique qui bute sur le
socle cristallin plus au Nord, mais des coteaux souvent arides du Crétacé supérieur. En

rive droite de la Nizonne, non loin du pont du Râteau, entre la petite carrière d'Aucors et
le Roc de la Figure d'Henri IV, les calcaires de l'Angoumien ont été érodés au cours de la
dernière glaciation de Würm. Les affleurements rocheux présentent à leur base les dépôts
caractéristiques communément appelés grèzes. L'assise calcaire et les grèzes supportent
un sol maigre investi par le Genévrier (Juniperus communis) et d'autres arbustes formant
des massifs qui délimitent des petites parcelles de pelouses sèches (photo 2).
C'est sur l'une de ces pentes, exposée au Sud Sud-Est, que l'Inule des montagnes,
Inula montana, a pu trouver un terrain propice à son développement (photos 1, 14 et 15).
Accompagnant cette dernière, l'Ail à tête ronde, Allium sphaerocephalon, colonise des
surfaces beaucoup plus étendues (photos 3 à 9). On peut noter d'autres plantes
avoisinantes, la Germandrée botride (Teucrium botrys), deux Orpins (Sedum reflexum et
album) (photos 4 et 10), la Campanule à feuilles rondes (Campanula rotundifolia) (sur la
roche - mes photos étaient trop mauvaises pour figurer ici), une Molène (Verbascum
lychnitys) (photo 11), une Laitue (Lactuca virosa), le Panicaut champêtre ou ChardonRoland (Eryngium campestre) (photos 6 et 13), la Vipérine (Echium vulgare) (photo 12),
une Immortelle (Helichrysum staechas) (photo 13), une Achillée (Achillea nobilis (?)
sans les fleurs) (photo 12) pour les plus visibles d'entre elles.
Les Inules se remarquent assez facilement grâce à de gros capitules dont les
ligules sont très développées. J'ai signalé récemment la présence de l'Inule à feuilles de
saule (Inula salicina), qui pousse en petite station en bordure de route non loin de
Verteillac (RAYMOND 2017q). « L'Inule des montagnes est une plante de la médecine
traditionnelle provençale utilisée dans les mêmes indications qu’Arnica montana, plante
menacée et difficilement cultivable. Inula montana pourrait constituer une alternative à
l’utilisation de cette dernière » (Projet Inula montana umr-qualisud université d'Avignon
– voir le lien plus bas). Elle est signalée dans le secteur géographique du même périmètre
qu'Inula salicina (Sud Nontronnais, Mareuillais, Verteillacois...), là où des lambeaux de
causses subsistent. On peut voir sa localisation géographique à l'échelle de la France
métropolitaine notamment dans l'Atlas partiel de la flore de France de Pierre Dupont
(DUPONT 1990). Dans ces années 90 je communiquais, comme d'autres, mes
observations botaniques à Pierre Dupont et j'avais prospecté les secteurs de Beaussac,
Connezac, Rudeau-Ladosse, Saint-Sulpice-de-Mareuil… mais je m'y rendais
principalement au printemps pour guider mon ami le naturaliste Michael Chinery, qui lui
recherchait surtout les insectes (en particulier les papillons). Je n'avais pas relevé cette
espèce, mais je dois ajouter aussi que comme d'autres botanistes amateurs j'étais à la
recherche de stations d'Orchidées et devais certainement passer à côté de familles tout
aussi intéressantes ! Depuis, je me suis rendu à l'évidence que les Orchidées en général, à
l'exception de rares espèces, sous-espèces ou variétés (nombreuses), sont somme toute
assez communes comparées à bon nombre de plantes moins populaires mais tout aussi
importantes d'un point de vue botanique.
La lecture des travaux de Paul Jovet, que l'on trouve en ligne depuis peu sur le site
Persée, me conforte dans l'idée qu'aucune plante ne devrait être dédaignée car toutes sont
importantes pour la compréhension des répartitions géographiques et de la
phytosociologie. Botaniste hors norme, Paul Jovet qui était à sa manière un « passe
murailles » à l'instar de son contemporain André-Georges Haudricourt (autre botaniste
touche à tout qui cumulait plusieurs spécialités), a relevé toute sa vie l'évolution de la
flore « la plus humble » qui se développe en milieu urbain, dans les friches industrielles,
ou dans tous les lieux plus ou moins abandonnés pour un temps par l'activité humaine.

Ces environnements sont de véritables laboratoires de l'adaptation des végétaux aux
différents changements d'environnements qu'induisent les interventions humaines. Ces
impacts sont d'ailleurs continues depuis au moins le Néolithique (anthropisation de plus
en plus marquée). Mais les « paléolithiques » n'avaient-ils pas déjà influencé leur
environnement en implantant des stations de surface, d'abris sous roche ou d'entrées de
grottes, plus ou moins temporaires (les résultats des analyses polliniques, notamment,
soulèvent pas mal de questions, on peut peut-être y voir les prémices d'une adaptation
des plantes à la présence humaine). Dans une moindre mesure évidemment, mais la
« domestication » des plantes a dû commencer bien avant le Néolithique, période
considérée habituellement comme celle de l'invention de l'agriculture et de l'élevage.
Paul Jovet a aussi parfaitement mis en évidence qu'il convenait d'éviter la répétition
automatique d'idées reçues, généralement incomplètes ou quelquefois fausses, en se
contentant d'observer le terrain sans idées préconçues (voir notamment le cas de la
Fougère Aigle considérée encore aujourd'hui comme acidiphile alors qu'on la rencontre
presque partout en terrains calcaires, y compris directement sur du calcaire massif). On
lit aussi très souvent que telle ou telle espèce est absente d'un département, mais les
cartographies ne sont que le reflet des rares relevés effectués à l'occasion comme je peux
en faire moi-même. Il y a également les « validations » des taxons reportés sur les cartes
et dans la réalité presque aucuns ne le sont, les professionnels faisant eux-mêmes peu
d'observations tout en ayant guère confiance dans les relevés des amateurs. Comme en
archéologie, il suffit de chercher pour trouver mais peu nombreux sont ceux qui
cherchent vraiment. Autrefois les botanistes avait une vision géographique d'ensemble et
fonctionnaient par secteurs géologiques et climatiques. À présent tout a une connotation
administrative et chaque territoire concerné se doit de s'approprier ce qui s'y trouve. Qui
n'a pas déjà entendu la formule : « On a du… » ou « de la... » et même « On a un... » en
désignant un personnage réputé s'il s'agit d'un naturaliste ! Même les cartes de
distribution de la faune et de la flore s'arrêtent aux limites administratives, ce qui est
pour le moins absurde et en tous cas sans intérêt.
Mais direz-vous, quel rapport peut-il y avoir entre les travaux de Paul Jovet sur la
flore urbaine et les fleurs sauvages des coteaux du Crétacé périgourdin ? En fait tous les
rapports possibles. Les plantes sont vraisemblablement les premiers organismes à
s'installer sur un espace laissé vacant, les autres organismes arrivant à leur suite pour
profiter justement de leur présence. Chaque centimètre carré de terrain est en
permanence dans l'attente d'être colonisé par une flore qui trouvera des conditions
favorables à son installation. La dissémination des graines peut ralentir ou limiter
l'extension des végétaux, mais le temps fait le reste et des chaînes s'instaurent en mettant
en œuvre des associations et des concurrences entre les plantes. Le paysage est peu à peu
façonné et parvient à trouver un certain équilibre que domine vite la forêt pour la période
climatique actuelle et dans nos régions. Considérer les espaces dits naturels comme
immuables est une illusion de notre perception du temps et de notre méconnaissance de
l'histoire aussi. Les paysages que nous voyons quotidiennement ont été façonnés pour
nos besoins et sont plus ou moins maintenus en l'état depuis des siècles, mais il suffirait
que nous disparaissions pour que les végétaux recolonisent tous les espaces n'étant plus
entretenus (y compris urbains). Que dire aussi des espèces invasives, d'introduction
humaine, qui sont un réel problème car elles entrent en concurrence avec les espèces déjà
présentes depuis des siècles au moins et elles appauvrissent la biodiversité en accaparant
parfois de très grands espaces.

Ce n'est pas parce qu'une plante n'a pas été observée dans une région qu'elle ne s'y
trouve pas à priori si les conditions de sa présence sont réunies, mais les idées reçues
sont tenaces et ce qui va à leur encontre est souvent dérangeant. Les protections
réglementées des espèces quant à elles n'ont en général que peu d'effets, ce ne sont trop
souvent que des alibis qui exonèrent ceux qui réglementent et rassurent les autres. Trop
peu de personnes s'intéressent aujourd'hui à l'environnement dans le sens de son
observation au quotidien et beaucoup d'évènements (surtout les plus délétères) passent
inaperçus. Des passionnés doués des meilleures compétences comme l'était Paul Jovet,
ou d'autres comme lui, sont aussi des espèces en voie de disparition, si elles n'ont pas
déjà disparu !

Photo 2 : Pelouse sèche sur le calcaire de l'Angoumien du causse de Beaussac
(phot. D. Raymond 1er juillet 2017).

Photo 3 : Station d'Allium sphaerocephalon, avec Sonchus sp. pelouse sèche de
Beaussac (phot. D. Raymond 1er juillet 2017).

Photo 4 : Idem photo 3, avec Sedum reflexum (phot. D. Raymond 1er juillet 2017).

Photo 5 : Station d'Allium sphaerocephalon, pelouse sèche de Beaussac
(phot. D. Raymond 1er juillet 2017).

Photo 6 : Un Allium sphaerocephalon avec Eryngium campestre,
pelouse sèche de Beaussac (phot. D. Raymond 1er juillet 2017).

Photo 7 : Station d'Allium sphaerocephalon, autre vue
(phot. D. Raymond 1er juillet 2017).

Photo 8 : Groupe d'Allium sphaerocephalon, pelouse sèche de Beaussac
(phot. D. Raymond 1er juillet 2017).

Photo 9 : Forme blanche d'Allium sphaerocephalon avec tapis de Teucrium sp.
pelouse sèche de Beaussac (phot. D. Raymond 1er juillet 2017).

Photo 10 : Sedum album, Mousse et Lichen, pelouse sèche de Beaussac
(phot. D. Raymond 1er juillet 2017).

Photo 11 : Verbascum lychnitys, pelouse sèche de Beaussac
(phot. D. Raymond 1er juillet 2017).

Photo 12 : Echium vulgare avec Achillea nobilis (?) à droite, pelouse sèche de Beaussac
(phot. D. Raymond 1er juillet 2017).


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