PDF Archive

Easily share your PDF documents with your contacts, on the Web and Social Networks.

Share a file Manage my documents Convert Recover PDF Search Help Contact



2471946216529105610 .pdf


Original filename: 2471946216529105610.pdf

This PDF 1.4 document has been generated by PDF Architect 2, and has been sent on pdf-archive.com on 19/01/2018 at 17:02, from IP address 91.91.x.x. The current document download page has been viewed 291 times.
File size: 237 KB (1 page).
Privacy: public file




Download original PDF file









Document preview


10 |

FRANCE

0123
VENDREDI 19 JANVIER 2018

SANTÉ

Bientôt remboursée, la
télémédecine devient réalité
Les négociations entre Assurance-maladie et médecins pour fixer
les règles et les tarifs débutent jeudi. La généralisation se fera par étapes

A

près des années d’expérimentations éparses, la télémédecine s’apprête à devenir
une réalité pour une partie de
la population française. Dans
un avenir proche, des salles
de téléconsultation pourraient, par exemple,
ouvrir leurs portes dans les pharmacies dans
les déserts médicaux. Dans ces territoires,
des médecins pourraient aussi effectuer des
consultations à domicile à distance, par écran
interposé, avec le concours d’infirmières
équipées d’outils connectés et sécurisés.
C’est avec la volonté d’améliorer l’accès aux
soins, d’éviter des hospitalisations et de « diminuer le recours inutile aux urgences » que
débutent jeudi 18 janvier les négociations
entre la Caisse nationale d’assurance-maladie (CNAM) et les syndicats de médecins libéraux. Objectif de ces discussions prévues
pour durer jusqu’à fin mars : fixer les règles
et les tarifs que les médecins pourront demander pour une téléconsultation (consultation médicale à distance) et une télé-expertise (sollicitation d’un spécialiste à distance par un généraliste). La télésurveillance
(appareils de suivi installés directement
chez les patients), la forme de télémédecine
jugée la plus « prometteuse » par la Cour des
comptes en septembre 2017, n’est en revanche pas au programme.
Qui pourra bénéficier d’une prise en
charge par la « Sécu » de ces actes de télémédecine ? « Ce sera large mais pas universel »,
annonce au Monde Nicolas Revel, le directeur général de la CNAM, une institution
longtemps inquiète de l’explosion du nombre d’actes – et donc des coûts – que pourrait
susciter cette médecine à distance.
Il souhaite aujourd’hui que dans un premier temps seuls les patients en affections
longue durée (soit plus de dix millions de
personnes en 2016), atteints par exemple de
cancer ou de la maladie d’Alzheimer, ceux
résidant dans les territoires déficitaires en

médecins (soit près de 2,5 millions de personnes selon l’ordre des médecins), ceux résidant en Etablissements d’hébergement
pour personnes âgées dépendantes (soit
650 000 Français) ou ceux atteints de maladies rares puissent bénéficier des téléconsultations et des télé-expertises remboursées.
« C’est une démarche progressive, une première étape avant d’envisager les modalités
d’un plus large déploiement », précise-t-il.
Une position qui devrait en partie convenir
à la Confédération des syndicats médicaux
français, première organisation de médecins
libéraux, décidée à aller vite sur ce sujet.
« Il faut avoir une ambition mesurée dans un
premier temps pour que la télémédecine soit
rapidement mise en place, cela a du sens de
commencer par les affections longue durée »,
assure Jean-Paul Ortiz, son président.
Les négociations ne devraient pas permettre aux plates-formes de téléconseils médicaux mises en place par les mutuelles et les
complémentaires santé de bénéficier d’un
remboursement par la CNAM. Pour être
prise en charge, une téléconsultation devra
être réalisée par le médecin traitant, qui devra donc déjà connaître son patient, sauf
urgence. « Il faudra être dans un même territoire », souhaite aussi M. Revel, qui refuse la
mise en place de plates-formes de médecins
« hors sol » où un praticien ne pourrait plus
rencontrer physiquement un patient.
« GRADATION DES NIVEAUX D’ACTES »

Pour rassurer les inquiets de la mise en place
d’une médecine dégradée, la ministre de la
santé, Agnès Buzyn, a demandé en décembre 2017 à la Haute autorité de santé de définir les actes médicaux possibles à distance.
« Une téléconsultation par vidéotransmission
permet de réaliser plus de 80 % de l’examen
réalisé lors d’une consultation en face-àface », fait valoir le professeur Pierre Simon,
de la Société française de télémédecine. Les
tarifs seront enfin un aspect-clé des discus-

Axa veut installer des cabines dans les entreprises
La télémédecine est un marché de plus en plus convoité. Par exemple, par l’assureur
Axa. Après avoir introduit en 2015 dans ses contrats santé la possibilité de solliciter sept
jours sur sept et 24 heures sur 24 des téléconseils de médecins généralistes, le groupe
a annoncé le 11 janvier qu’il allait étendre son offre à des spécialistes (cardiologues,
gastro-entérologues, diététiciens…). Il va installer une trentaine de « télécabines de
consultation » dans des grandes entreprises clientes d’ici à la fin de l’année. « Notre ambition n’est pas de remplacer la médecine, car un rapport est envoyé au médecin traitant
à chaque fois que tout cela est fait », a fait valoir le PDG, Jacques de Peretti, aux Echos.

DANS UN PREMIER TEMPS
SERONT CONCERNÉS
LES PATIENTS ATTEINTS
DE MALADIES CHRONIQUES
ET CEUX VIVANT DANS
LES DÉSERTS MÉDICAUX
sions. « Il n’y a pas de raison qu’une téléconsultation avec un généraliste soit rémunérée
moins ou plus qu’une consultation standard », assure M. Revel. Une position qui devrait valoir quelques vives discussions avec
certains syndicats. « Il y a des actes simples et
des actes complexes, on ne peut pas échapper
à une gradation des niveaux d’actes », plaide
Jacques Battistoni, le président de MG
France, premier chez les généralistes.
Combien touchera un généraliste lorsqu’il
sollicitera un spécialiste pour une télé-expertise ? Un spécialiste pourra-t-il exiger
d’être payé le tarif plein, voire davantage,
pour un avis rendu en cinq minutes ?
La CNAM sera-t-elle prête, comme le demandent les syndicats, à aider financièrement les
cabinets médicaux pour qu’ils s’équipent du
matériel sécurisé nécessaire pour cette médecine à distance ?
Les nombreuses questions financières devront faire l’objet d’un accord alors même
que l’enveloppe globale s’annonce relativement modeste, Jean-Paul Ortiz l’évaluant à
30 millions d’euros la première année. « L’enjeu n’est pas tellement de dépenses supplémentaires, car les téléconsultations se feront
à la place de consultations existantes », remarque Claude Bronner, président de
l’Union généraliste à la Fédération des médecins de France. Les prévisions figurant dans
la loi de financement de la « Sécu » pronostiquent 500 000 actes de télémédecine dès
2019 et 1,4 million en 2022.
Cette négociation sur les tarifs pourrait
également être l’occasion d’expérimenter
de nouveaux modes de rémunération pour
les médecins, ce que n’avait pas permis la
dernière grande négociation de 2016. « L’Assurance-maladie ne va pas accepter de
développer toute la télémédecine en paiement à l’acte, elle va chercher à faire basculer
le financement vers un système forfaitaire »,
estime Pierre Simon. Un médecin pourrait

Téléconsultation
à l’Ehpad
Les Eaux vives
de Souilly,
dans la Meuse,
le 16 janvier.
NADÈGE ABADIE
POUR « LE MONDE »

par exemple toucher un forfait pour le suivi
à distance d’une plaie chronique, cette
somme incluant plusieurs visites de contrôle à distance.
Des questions cruciales pour l’essor de la
télémédecine, comme la rémunération des
infirmières ou autres professionnels, qui
manipuleront les appareils connectés
auprès du patient, figureront dans de prochaines discussions. « Les médecins sont la
première brique », a promis Agnès Buzyn

« Il y a du contact humain qui risque de se perdre un peu »
A Souilly, dans la Meuse, l’Ehpad des Eaux vives pratique depuis décembre les consultations avec une tablette et des objets connectés

REPORTAGE
souilly (meuse) - envoyé spécial

B

onjour, c’est le docteur Pancher, c’est la première fois
qu’on se rencontre. C’est une
première consultation un peu
particulière… » Installé dans la salle
de soins au rez-de-chaussée de
l’Ehpad Les Eaux vives à Souilly
(Meuse), près de Verdun, où il vit
depuis deux ans, Roger Didion,
79 ans, découvre sur la tablette posée devant lui le visage de son nouveau médecin traitant, en visioconférence depuis son cabinet, à
13 km de là. « L’infirmière va vous
ausculter… Enfin, c’est moi qui vais
vous ausculter. Elle va poser le stéthoscope sur votre cœur », explique
Dominique Pancher, avant de demander à son nouveau patient
de « respirer fort par la bouche ».
Après quelques minutes d’échanges, et au tarif d’une consultation

standard à 25 euros, le médecin a
renouvelé l’ordonnance de kinésithérapie et prescrit un anti-inflammatoire, via une ordonnance
immédiatement accessible sur
l’ordinateur de la salle de soins. Roger Didion est satisfait, conscient
que les médecins, aujourd’hui,
« ne veulent pas se déplacer ».
Si cette téléconsultation n’a en
soit rien d’incroyable, aux Eaux
vives, elle change tout. Avant la
mise en place, en décembre, de
ce service proposé par la société
Toktokdoc pour un coût de
4 000 à 5 000 euros par an, et permise grâce à une aide financière
de l’agence régionale de santé
(ARS), aucun des 30 résidents de
cet établissement privé à but lucratif situé en zone rurale n’avait
de médecin traitant.
Conséquence : l’équipe médicale
était obligée de bricoler. Bien que
ce ne soit pas dans ses attribu-

tions, Karen Blondel, le médecin
coordonnateur de trois maisons
de retraite, dont celle de Souilly, se
retrouvait à dépanner quand cela
était nécessaire. « Il y a un protocole quand je ne suis pas là, avec
une liste de cinq à six médecins à
appeler, raconte-t-elle. Cela se termine les trois quarts du temps aux
urgences, car les médecins ne se déplacent pas. » En hiver, les urgences sont sollicitées en moyenne
deux fois par semaine.
Un changement bienvenu
Ces dernières années, deux essais
d’installation de praticiens roumains dans la maison médicale
créée par le village de 400 âmes
ont échoué. Les généralistes du
secteur, débordés, refusent de se
déplacer jusqu’à l’Ehpad. A la maison de santé de Dieue-sur-Meuse,
à un quart d’heure de voiture, où il
exerce avec quatre confrères,

le docteur Pancher dit voir chaque
jour, de 8 heures à 19 heures, entre
35 et 50 patients. Parfois 60. « Faire
un aller et retour à Souilly me prend
trente minutes, explique-t-il. Cela
veut donc dire qu’il y a trois patients que je ne vois pas dans mon
cabinet ou que je travaille une demi-heure de plus le soir. »
La possibilité de glisser une
téléconsultation au milieu des
consultations en face-à-face a
changé la donne. Quatre généralistes du secteur (dont deux de
Verdun, à 20 kilomètres) ont déjà
accepté de participer. Résultat : en
quelques semaines, 13 des 30 patients de l’Ehpad ont trouvé un
médecin traitant, les autres devraient en avoir un d’ici à la fin de
l’année. A terme, le docteur Blondel souhaiterait également pouvoir se connecter avec des praticiens du réseau SOS Médecin, joignables 24 heures sur 24 et 7 jours

sur 7. Ce qui permettrait, selon elle,
de faire baisser le nombre d’hospitalisations. A Souilly, le service en
est encore à ses balbutiements.
Six téléconsultations ont eu lieu
en décembre, après l’entrée en vigueur d’une convention signée
entre l’Assurance-maladie et les
syndicats de médecins libéraux
prévoyant qu’une téléconsultation en Ephad sera payée au tarif
d’une consultation standard.
L’équipe des Eaux vives prévoit
déjà qu’il y aura un minimum de
quatre téléconsultations par semaine. « On peut régler de 70 % à
80 % des situations en faisant de la
télémédecine, mais il y a du contact
humain qui risque de se perdre un
peu », estime le docteur Pancher,
qui reconnaît avoir d’abord été
« plutôt réticent » à l’égard de ce dispositif. Il prévoit cependant de
mettre en place des horaires fixes
de téléconsultation. Dans les dé-

serts médicaux, souvent mal couverts en haut débit, des progrès de
la couverture seront toutefois nécessaires. « Entre Souilly et Dieue,
l’image est parfois un peu pixelisée
ou floue, il y a aussi un petit temps
de décalage entre les questions et
les réponses », ajoute le médecin.
L’Ehpad participe aussi à un projet pilote mené par l’ARS visant à
solliciter un médecin spécialiste
via la télémédecine. « Pouvoir joindre directement un pneumologue,
un cardiologue ou un ophtalmologue, même s’il est géographiquement éloigné de l’Ehpad, représenterait une grosse bouffée d’oxygène
pour nous », assure Karen Blondel.
Signe de l’intérêt suscité par ces
projets, la maire de Souilly est venue se renseigner sur la possibilité
pour les habitants de la commune
de pouvoir venir à l’Ehpad pour
bénéficier de téléconsultations. p
fr. b.


Document preview 2471946216529105610.pdf - page 1/1

Related documents


180118 le monde
2471946216529105610
recommandations ulceres variqueux 1
investissement ehpad de fa on Ethique
answers to your thoughts about1752
er1033


Related keywords