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Présidentielle américaine Bernie l’insoumis .pdf



Original filename: Présidentielle américaine Bernie l’insoumis.pdf
Title: Présidentielle américaine: Bernie, l’insoumis
Author: Par Iris Deroeux

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Directeur de la publication : Edwy Plenel
www.mediapart.fr

en effet légèrement en faveur d’Hillary Clinton et lui
permet de disposer des voix de 1 769 délégués contre
1 501 pour Bernie Sanders.

Présidentielle américaine: Bernie,
l’insoumis
PAR IRIS DEROEUX
ARTICLE PUBLIÉ LE SAMEDI 4 JUIN 2016

Bernie Sanders, c’est l’homme de gauche que le parti
démocrate n’avait pas vu venir. Alors qu’approchent
les dernières primaires démocrates, notamment en
Californie, revenons sur l’impressionnante percée du
sénateur aux idées sociales-démocrates, ses objectifs,
et sur ce que sa progression dit du trouble que connaît
le parti démocrate.

Bernie Sanders en meeting le 4 juin 2016 © Reuters

Vient s’y ajouter le soutien massif des super-délégués,
ces élus ayant voix au chapitre du fait de leur position
dans le parti démocrate, qui ne sont pas tenus de suivre
le vote populaire et peuvent changer d’avis jusqu’à la
convention (la semaine du 26 juillet, quand le candidat
démocrate sera officiellement investi). 525 d’entre eux
ont déclaré soutenir Clinton, contre 39 seulement pour
Sanders. C’est là que le bât blesse. Ce décalage est au
cœur de la bataille que mène désormais Bernie Sanders
contre l’establishment démocrate (comprendre, les
super-délégués). Le sénateur part du principe que leur
soutien inconditionnel à Hillary, depuis le début de
sa campagne, est insensé aujourd’hui : cela ne reflète
pas le vote populaire, beaucoup plus divisé, ni les
doutes de l’électorat vis-à-vis d’Hillary Clinton, dont
les faiblesses sont assez nombreuses pour ne pas être
ignorées (cf. notre analyse sur Hillary Clinton).

Chez les démocrates américains, la crise d’hystérie
n’est pas loin. Des élus pro-Clinton accusent le camp
Sanders d’ouvrir un boulevard à Donald Trump en
donnant l’image d’un parti divisé et désuni ; sur
les réseaux sociaux, des partisans de Bernie Sanders
disent leur haine d’Hillary Clinton et menacent de ne
pas voter pour elle si elle est candidate en novembre ;
les grands médias de la côte Est sont accusés de
partialité en faveur de l’ancienne secrétaire d’État et de
fait, les analyses nuancées sont de plus en plus rares…
Tous semblent avoir beaucoup de mal à admettre
l’ampleur de leurs divisions idéologiques, à continuer
de se respecter, et à réfléchir à une synthèse. C’est la
panique, et pour cause : le parti démocrate ne sait plus
de quoi il est le nom au pire moment, quand en face,
il y a Donald Trump.

Sanders peut en outre étayer son propos de sondages
(qui virent à l’obsession de ce côté-ci de l’Atlantique) :
une trentaine d’études d’opinion réalisées depuis
janvier sur les intentions de vote à l’élection générale
indiquent que dans l’hypothèse d’un match SandersTrump, le premier devancerait le second d’une dizaine
de points. Cet écart se réduit considérablement dans
l’hypothèse d’un duel Trump-Clinton.

Tout commence avec la surprenante percée de Bernie
Sanders, sénateur du petit État du Vermont, 74 ans,
fièrement « socialiste » et habituellement très seul
dans les couloirs du Sénat. À l’été 2015, l’évocation de
son nom suscite éventuellement un sourire en coin, le
plus souvent le désintérêt. Un an plus tard, le supposé
outsider talonne celle qui reste la favorite. Alors que
la fin des primaires approche, le vote populaire penche

Fort de ce succès, Bernie Sanders poursuit donc sa
campagne en ignorant ostensiblement les appels à se
ranger derrière Clinton pour « le bien du parti »,
voire du pays face à la « menace Trump », s’entendil dire. Il est encouragé dans cette voie par sa petite
équipe de stratèges, aussi originaux qu’expérimentés.
Citons ainsi Tad Devine, un vétéran des campagnes

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présidentielles démocrates, ayant travaillé aux côtés de
Michael Dukakis, John Kerry, Al Gore, mais aussi en
Bolivie. Il joua en effet eu un rôle important dans la
campagne du président Gonzalo Sanchez de Lozada,
en 2002 (racontée dans ce documentaire où l’on voit
Devine et ses collègues américains appliquer leurs
méthodes de marketing politique dans un contexte
bolivien).

Pour autant, remporter la Californie ne lui suffira pas
pour s’imposer face à Hillary. Nous l’avons dit, il
reste huit autres scrutins, dont certains très favorables
à la candidate qui n’a besoin que de 71 nouvelles
voix de délégués pour atteindre les 2 383 nécessaires
à la nomination. Mais une victoire en Californie
enverrait un signal négatif de plus et de taille au
camp Clinton. Même si elle garde l’avantage, il lui
sera alors difficile de continuer sa campagne sans
tendre une main à Sanders. Remporter la Californie
pourrait permettre à Sanders d’être définitivement pris
au sérieux par l’aile centriste de son parti, et d’arriver à
la convention démocrate avec le maximum de pouvoir
de négociation. C’est en tout cas le pari que fait son
équipe.

Sanders est encore entouré de la société de services
digitaux Revolution messaging, qui concentre ses
efforts sur les réseaux sociaux. La start-up maîtrise le
sujet : elle a été fondée par des jeunes s’étant illustrés
pendant la campagne d’Obama (révolutionnaire dans
son usage de ces technologies). Il faut ainsi
lire cet entretien du Time Magazine avec Arun
Chaudhary, devenu le photographe officiel de Sanders,
où il explique réaliser des photos volontairement
imparfaites, au look amateur, pour mieux coller à
une période de remise en cause de l’autorité et des
messages officiels.

« Tout ce qui compte, c’est ce qui se passe entre
maintenant et le 14 juin [date de la dernière primaire
– ndlr], expliquait mi-mai Tad Devine, lors d’une
conférence de presse. Nous avons mis des œillères et
nous nous concentrons sur la meilleure stratégie à
avoir pour l’emporter dans chacun des États restants.
Si on y arrive, on peut être en position de force pour
faire entendre nos arguments avant la convention.
Si on n’y arrive pas, tout le monde le saura d’ici
la mi-juin, et nous devrons sérieusement évaluer la
situation. »

Le pari est réussi, la voix de Sanders porte toujours
plus loin. Reste à comprendre où va désormais cette
campagne, et quels en sont les objectifs ? Résumons la
réponse à deux mots : Californie et convention.
Bernie Sanders veut et peut remporter la primaire de
Californie, le 7 juin

Sanders veut arriver à la convention démocrate, qui
s’ouvre le 26 juillet, en ayant un maximum de pouvoir

Il reste neuf élections primaires : une ce samedi, une
autre dimanche, et six autres mardi prochain, le 7
juin. Ce jour-là, un État fera l’objet d’une attention
particulière : la Californie. Les voix de 546 délégués
sont en jeu et la charge symbolique d’une victoire
dans cet immense État traditionnellement démocrate
est considérable. Bernie Sanders a ses chances. Il
arpente l’État du nord au sud depuis des semaines, y
a tenu au seul mois de mai plus de 24 événements
électoraux, et les inscriptions des primo-votants et
des électeurs indépendants sur les listes électorales
y ont fortement augmenté. Ces derniers contribuent
grandement au succès de Sanders, qui a eu tendance
jusque-là à remporter les primaires dites « ouvertes
» (c’est-à-dire permettant aux électeurs n’étant pas
inscrits au parti démocrate de voter).

« À mon sens, la victoire, c’est de devenir le président
des États-Unis et de prêter serment en janvier. C’est
ça la victoire. Maintenant, que je l’emporte ou non,
ce que je veux voir est une transformation du parti
démocrate en un mouvement porté par la base »,
expliquait Bernie Sanders dans un long entretien au
Time Magazine, fin mai (à lire en anglais ici). Il
ajoutait plus loin : « Ce que je demande au parti, ce
sont de bonnes politiques publiques, autrement dit de
bonnes politiques tout court : ouvrez vos portes, cessez
de vous soucier de vos milliardaires et du soutien de
Wall Street, créez un parti politique dynamique qui
représente la classe ouvrière et les jeunes de ce pays. »

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Bernie Sanders a donc l’ambition de secouer le parti
de deux manières pendant la convention. A minima, il
entend provoquer une révision des règles qui encadrent
les élections primaires, ainsi qu’une mise à jour
idéologique permettant de donner la part belle aux
idées défendues par l’aile gauche du parti. Il serait
plus à même d’y parvenir en arrivant à la convention
avec suffisamment de voix de délégués pour semer
le doute chez les (très nombreux) super-délégués qui
se rangent actuellement derrière Hillary Clinton. In
fine, il s’agirait d’obtenir leur soutien en nombre
suffisant pour que la convention soit contestée et
éventuellement pour l’emporter.

du parti (un document négocié et rédigé pendant la
convention). Car il le dit et le répète, il voudrait y
voir figurer certaines de ces idées phares, comme un
salaire minimum à 15 dollars de l’heure, la gratuité des
universités publiques ou encore une augmentation du
taux d’imposition des ménages les plus fortunés.
Dans ce contexte, peut-on imaginer que des centaines
de super-délégués changent d’avis, se rangent derrière
lui et lui permettent de devenir le « nominé » ?
S’il enregistre de nouvelles victoires, notamment
en Californie, s’il bénéficie toujours du même élan
populaire, si les sondages continuent de le donner
grand favori face à Donald Trump, son argumentaire
sera assez solide pour obliger, en théorie, les superdélégués à revoir leur copie. En pratique, c’est plus
compliqué. « Ce quimodifie généralement le choix
d’un super-délégué, c’est d’avoir chaud aux fesses,
c’est la crainte de perdre son siège [au Congrès –
ndlr] et pas grand-chose d’autre », tranche Charlie
Mahtesian, journaliste politique du site Politico. Il
rappelle que lors des primaires de 2008, des superdélégués ont commencé à se ranger derrière Barack
Obama seulement quand ils ont pris conscience de
l’enthousiasme de leurs électeurs et du risque encouru
s’ils ne suivaient pas. Ce qui n’est pas encore visible
dans le cas de Sanders, sa base électorale étant
composée de beaucoup de jeunes, de primo-votants
ou d’indépendants rejoignant le parti démocrate
uniquement pour soutenir Sanders.

Quelles sont ses chances de réussite ?
Il est difficile de savoir sur quoi va déboucher la
bataille qu’il a engagée contre l’establishment du
parti. Mais Bernie Sanders aura en tout cas mis
le doigt sur des petits arrangements entre amis
devenus des règles tacites au sein du parti, pas
franchement démocratiques mais dont tout le monde
s’était accommodé. Il accuse notamment la présidente
du parti démocrate, Debbie Wasserman Schultz, de
faire constamment le jeu d’Hillary Clinton (en tentant
par exemple de programmer les débats télévisés
entre les deux candidats à heure de faible écoute
pour éviter de trop l’exposer à son concurrent). Ces
critiques se sont muées en déclaration de guerre
depuis que Sanders a décidé d’appuyer Tim Canova,
l’opposant de Wasserman Schultz en Floride (elle
est représentante à la Chambre et en campagne
pour sa réélection). Annoncé fin mai, ce soutien
s’est immédiatement traduit par un torrent de petites
donations au jeune candidat progressiste, boostant sa
campagne.

Il pourrait alors exister une voie intermédiaire, un
scénario selon lequel Hillary Clinton serait investie
par le parti démocrate et choisirait comme colistier
une figure de la gauche, Elizabeth Warren ou Bernie
Sanders bien sûr. Cela fait partie des hypothèses
évoquées dans les médias américains, jugée rassurante
car offrant la perspective d’une réconciliation.

En choisissant cette voie, Bernie Sanders s’expose
à de véhémentes critiques, quantité d’élus le jugent
trop agressif, dangereux pour le parti, ou estiment
qu’il aurait dû faire campagne en tant qu’indépendant
(une hypothèse qu’il écarte depuis le début, pour
ne pas provoquer de triangulaire qui favoriserait les
républicains)… Le climat est donc peu favorable à la
discussion, à la négociation, pourtant nécessaires si
Sanders veut laisser son empreinte sur le programme

Nous n’y sommes pas encore. Bernie Sanders se
montre pour le moment déterminé et intransigeant.
Une posture qui interroge même parmi ses soutiens.
Cette stratégie jusqu’au-boutiste est-elle la bonne
alors que le pays est déjà si divisé ? Mais estil possible de faire autrement sans perdre de vue
l’objectif de réformer le parti démocrate, de faire

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bouger les lignes ? Certains militants jugent qu’il
devrait se retirer, aider Clinton face à Trump et bâtir
en parallèle sa propre organisation progressiste (ici
le document lui ayant été soumis par un groupe de
militants, révélé par Politico). D’autres menacent au
contraire de manifester leur mécontentement durant
la convention si Hillary Clinton devait l’emporter, et

disent vouloir inscrire le nom de Bernie Sanders sur
leur bulletin de vote en novembre, qui deviendrait de
fait nul (ici un texte du philosophe Peter Gaffney
encourageant cette pratique). À les écouter, à observer
le camp démocrate tout entier, on se demande si la
réconciliation est possible, rapidement, s’il n’y a pas
là, déjà, une déchirure, au mauvais moment.

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