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Creme fraiche 6 planches .pdf



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Antoine Leroy
@antoineleroy

Thomas David
@dlghtbeats

J’imagine le rapport mortifère de la capitale française vis à vis de l’heure à laquelle elle vit.
Même pas sûr qu’elle vit (pour de vrai) cette pute ? je connais pas assez pour me dire qu’elle vit.
Comment d’ailleurs ? peut-être que c’est une entité à part entière, ça se trouve, Paris a un
avis, ça se trouve Paris «vis pourquoi comment» en commettant des existences malgré elle,
l’existence de milliers de personnes dont elle en a déjà plus rien à foutre. Enfin si, ce qu’elle
aime Paris, c’est féconder sa populace à grand coup de foutre social suivi de grosses faciales
d’existence précaire : Là tu la sens la galère violence.
D’un autre côté, ça me fait un certain effet d’écrire sur Paris. Les faits sont que je suis en
train d’écrire quelque chose de positif sur un truc qui m’encule jusqu’à la garde, avec un
soupçon de sourire, dans le genre j’aime bien dans le fond mais pas trop dans la surface.
Pourquoi pas ? parce que la mienne de surface est rugueuse et pas nette, et c’est tant mieux,
pire que ça j’ai qu’une surface amorphe et sans décimation, parce que quand je pense à vous
je jouis de me dire, tiens ces mecs-là, tels qu’ils sont, ben ptet qu’ils dégueulent de la même
manière que moi, c’est des mecs et des meufs solides eux, du genre à s’envoyer des aller-retours Buenos Aires en deux jours et se dire «tiens hier c’était chouette» et voilà. C’est vrai
qu’hier c’est chouette et demain c’était sûrement mieux, parce qu’on se lève tous comme
des cons sans savoir pourquoi et surtout pour quoi. Sûrement pour eux.
Même ce truc de trier sur le volet; c’est foireux, ce principe de volet, c’est un truc qui
occulte, qui empêche de se lever en sorte. Du coup t’es dans le noir, coupé de la lumière
du début d’après-midi, et tu fais que dalle, volets fermés, gueule ouverte tu te situes dans le
néant, t’écris tard et tu te lèves pas. enfin pas pour un truc véner pour ça tu te lèves tard et
pour rien au monde tu te lèveras sale.
Dernièrement je suis, me semble-t-il, tombé et c’est le cas de le dire, dans une très bonne
existence, qui dans ce cas-là, qui d’ailleurs dans les mots et les faits amène à quelque chose,
dont selon toute définition au préalable, non explicite en dehors des transports en commun, de la chambre à coucher, de la rue, des feux rouges, de la cuisine, du parc, de l’atelier,
des trains, des expos, des bars miteux, des projections de nous, des discussions sans fin, des
couchers tard, des envies de l’un, de l’autre. Amené dans une chute inexorable de liaison
totale à toi; je kiffe à fond te rouler des pelles.

Sylv1
@6fran6_sou

Jeanne Martinet
@juanitam11

Le feu des origines

Je vais vous raconter un secret : La nuit je m’endors et je perds toute substance du monde. Je m’enivre d’un doux
nectar, enchanteur qui me berce d’illusions, de réminiscences que Dieu seul pense avoir le pouvoir de convoquer. Ce pouvoir qui vient à moi se nomme ANAMNESE. Procédé magique qui transforme le souvenir des hommes en gloire unique.
Langage sacré de l’âme qui fait triompher le temps pour l’éternité et m’abreuve des délices les plus infinis.

Je voyage dans les décombres de mon être, à cœur perdu...

Je ne vois plus rien, dérèglement interne, incompétence de l’œil, veines atrophiées, des tâches surviennent devant
moi : blanches, noires, et or. La sensation de m’appartenir plus dans la mort que dans la vie elle-même. Je me retrouve vide,
aqueux, comme une vibration qui n’aurait pas trouvée sa place dans ce grand halo lumineux qui compose l’univers. Si ces
formes pensées devaient avoir une couleur, elles seraient certainement bleues...comme une matière éthérique qui se délite
au creux des nuages. Au creux de mon cœur languissant et meurtri.

Hypnos, mon amant, m’établit dans la seule féerie qui vaille : celle du sommeil. Mais je sens vivre en moi un douloureux abîme, une lune froide, ne trouvant pas le repos. Peut-être est-ce le châtiment des rêveurs éveillés ? Celui de vouloir
trouver l’innocence jusque dans l’absolu, et finir par être vampirisé par sa soif de l’obscur. Je ferme les yeux et je pense aux
paroles de Nerval traquant les étoiles et les anges : « L’Univers est dans la Nuit ». Et tout advient.

Se déploie alors en mon sein une multiplicité, un idéal des possibles...je me retrouve télescopé dans une terra
incognita, que je n’avais vu dès lors, un vestige du passé, architectonique. Une ruine égarée au fond de mon âme, qui fait de
moi un homme à la dérive, un aventurier du cœur solitaire. J’avance donc en naufragé dans cette cité appelée « Planète des
mille soupirs ».

Hommes, bêtes, plantes, pierres et astres semblent avoir disparu de cette terre mystérieuse. Il ne reste que mon
courroux pour me tenir en vie et la fureur des grands damnés. Soudain j’observe une pyramide au loin, totem triomphant,
d’une couleur dorée, ornée de signes (un langage angélique peut-être que sais-je...), je la regarde et elle me hante, me faisant
vaciller. Je ferme une nouvelle fois les yeux.

Un feu immense conquit le lieu, dévastant absolument tout ce qu’il pouvait rester de beauté (c’est-à-dire rien du
tout, le néant est une beauté, la plus puissante). Seules resplendissent dans le ciel noir des lucioles, porteuses d’un espoir
éphémère, mais au combien louable à mes yeux. Alors que je sens ma fin approcher. L’image ultime.

Une femme dorée, nue, entourée par les flammes, et pleurant à chaudes larmes. Image-morsure, feu hurlant. Sa
chevelure, rousse, fait songer aux femmes préraphaélites, son visage devenait, à mon sens, le sanctuaire des plus belles caresses que pouvait chérir notre monde, une vision éthérée, sublimée.

Je suis foudroyé à la seconde même où je porte mon regard sur son corps callipyge. Elle n’est pas humaine, du
moins quand on rencontre certains êtres capables de faire naître un tel sentiment de vertige, asphyxiant tout autour de
nous, ce ne sont plus des hommes ou des femmes, mais des guides, nous poussant vers nos retranchements, vers la liberté
souveraine de l’être. Cette femme prométhéenne est ainsi, c’est une clé des songes m’irradiant de mille Phares, impétueuse,
insolente dont les clairs rayons de lumière qui frappent mon visage m’étreignent comme de doux baisers fiévreux. Je sens sa
peau frémir, en m’avançant près d’elle.

Je vois une plaie, sanguinolente, s’entrouvrir en dessous de son sein droit. « Voici le plus beau des continents rouges
», me dis-je. Je comprends d’un hochement de sa part que je peux m’approcher davantage. Elle n’est guère inquiète, nous
nous connaissons parfaitement. Elle est un horizon familier que je pensais avoir perdu et qui me revient.

J’embrasse sa plaie, je la soigne, je l’absorbe. Nos mains se touchent. Nous regardons tous les deux en l’air, et les
lucioles n’ont pas bougé, plus resplendissantes que jamais.


Elle me dit « Qu’est-il arrivé mon amour ? »



« Ne t’en fais plus ma fleur, j’ai retrouvé l’âge atomique, le feu des origines »

Leny Soupama

Margaux Escourolle
@escoumx

JE PASSE MES JOURN

Je passe mes journées attablé
En face de moi l’ordinateur
Je passe mes journées accablé
Le travail a perdu sa valeur
J’oscille entre ennuie et habitude
Abêti, l’après-midi est rude
Immolé par l’abrutissement
Sombrant vers l’anéantissement
Impossible dès lors d’accomplir
Les tâches les plus élémentaires
Inconcevable même d’écrire
Pétrifié, malade imaginaire
Le nihilisme m’ensevelit
Tête la première, je bascule
Dans une douce neurasthénie
Subissant le monde qui m’accule

Nicolás Cifuentes
@ colachocifuentes
photo prise sur le tournage du Clip Seagulls de Wormsprestige, réalisé par Paul Thomas et produit par Chakalaka

Dans mon corps, je m’enferme et je lutte
J’essaye d’arrêter de penser
Je tiens parfois plus d’une minute
C’est déjà plus que sans respirer

Antonin Cura
@liquide_vaisselle

Sophia Lang
@sophialang

Mia Chalbos
@am.i____

@x_l.d.prjct


le bruit des pas dans l’escalier - lents, s’arrête après avoir franchi la porte.
- un coup d’oeil. une insulte. mais sans s’en rendre compte. - un pull over troué au coude - la brosse sur les cheveux
toujours. les lunettes dans la chemise. - la serviette autour du cou avant de déjeuner. - l’accotoir du canapé affaissé
par les siestes - l’esprit fermé mais la présence. la gitane après le déjeuner - les yeux vitreux toujours, l’indifférence
parfois, - la douleur certainement, mais silencieuse - le débordement par rien, la chaise près de l’horloge - et puis
plus rien. - un bout de bois dans un trou - de belles mais pas trop belles paroles, justes. - un ton neutre. un chant
plein de vibratos involontaires. - un peu de prose. une photo. de la lumière. le silence dans l’escalier.

Adrien Bernard
@barbie_db000

Théo Vilacèque
@theovilaceque

@senkensan
@gabrielbeaumelou


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